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Négociations tendues entre Washington et Téhéran, l’Iran veut la paix et l’argent de la paix
Photo de presse, prise le 23 juin 2026 et diffusée par le Service interarmées des relations publiques (ISPR) du Pakistan, montre le chef de l'armée pakistanaise et maréchal Syed Asim Munir (à gauche) s'entretenant avec le président iranien Masoud Pezeshkian lors de leur rencontre à Islamabad, dans le cadre des pourparlers de paix entre les États-Unis et l'Iran. (Photo via AFP)
Les discussions engagées en Suisse entre l’Iran et les États-Unis pour transformer en accord définitif le protocole signé la semaine dernière progressent, mais plusieurs dossiers sensibles continuent d’alimenter les divergences. L’accès aux sites nucléaires iraniens bombardés, l’avenir du détroit d’Ormuz et les garanties de sécurité dans le Golfe figurent parmi les principaux points de friction, alors que les efforts diplomatiques se poursuivent sur fond de tensions persistantes au Liban.
Le nucléaire au cœur des désaccords
L’Iran a annoncé mardi qu’il n’autorisera pas, à ce stade, les inspecteurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) à accéder aux principaux sites nucléaires frappés durant la guerre. Cette position contraste avec les déclarations du président américain Donald Trump, qui affirme que Téhéran a accepté des inspections de haut niveau.
Cette divergence ravive les interrogations sur l’état des stocks d’uranium hautement enrichi iraniens. Si la République islamique continue de rejeter toute ambition militaire nucléaire, elle demeure attachée à son droit de développer une filière nucléaire civile complète. Les négociations, menées avec la médiation du Pakistan et du Qatar, disposent désormais d’un délai de 60 jours renouvelables pour aboutir à un accord final.
Ormuz, nouvel enjeu stratégique
Autre sujet sensible : le détroit d’Ormuz. Le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, a réaffirmé que la situation ne reviendrait pas à celle d’avant-guerre. Téhéran souhaite désormais jouer un rôle direct dans l’administration de cette voie maritime stratégique par laquelle transitent près de 20 % du pétrole et du gaz naturel liquéfié mondiaux.
L’Iran et Oman ont indiqué vouloir examiner les modalités et les coûts liés aux services de gestion du détroit, tout en rappelant leur souveraineté sur leurs eaux territoriales. Malgré ces discussions, le trafic maritime a repris à un rythme soutenu, atteignant des niveaux records depuis la fin des hostilités.
Marco Rubio en tournée dans le Golfe
Dans ce contexte, le secrétaire d’État américain Marco Rubio entame une tournée aux Émirats arabes unis, au Koweït et à Bahreïn. Cette visite vise à rassurer des partenaires régionaux qui ont subi les conséquences directes de la guerre à travers des attaques de missiles et de drones iraniens.
Les monarchies du Golfe restent prudentes face à l’accord en cours de négociation. Plusieurs observateurs estiment qu’elles s’interrogent sur la capacité des États-Unis à garantir durablement leur sécurité, alors que le conflit a démontré leur vulnérabilité face aux tensions régionales.
La question de la libre circulation dans le détroit d’Ormuz figurera au centre des discussions, tout comme les perspectives d’un accord définitif entre Washington et Téhéran.
Des avancées diplomatiques, mais des tensions persistantes
Les négociations ont toutefois produit certains effets positifs. Les marchés pétroliers se sont stabilisés, le baril de Brent étant redescendu sous les 78 dollars après avoir dépassé les 126 dollars au plus fort de la guerre. Washington a également autorisé jusqu’au 21 août les transactions liées à la production et à l’exportation de pétrole iranien.
Le déblocage éventuel des avoirs iraniens reste en revanche entouré d’incertitudes. Les autorités américaines souhaitent encadrer leur utilisation, tandis que Téhéran revendique le droit exclusif d’en disposer.
Parallèlement, la situation demeure fragile au Liban. De nouveaux tirs israéliens dans le sud du pays ont fait deux morts, selon des médias libanais. Le Hezbollah a dénoncé une violation du cessez-le-feu, alors qu’une nouvelle session de discussions entre représentants libanais et israéliens doit se tenir à Washington. Malgré la dynamique diplomatique enclenchée, plusieurs foyers de tension continuent ainsi de menacer la consolidation d’une paix durable au Moyen-Orient.