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Atlanta, l’heure de vérité pour les Lions de l’Atlas
Mohamed Ouahbi, sélectionneur du Maroc, s'adresse à ses joueurs lors du rassemblement d'après-match, après la victoire 1-0 de son équipe lors du match du groupe C de la Coupe du monde de la FIFA 2026 opposant l'Écosse au Maroc, au Boston Stadium, le 19 juin 2026 à Foxborough, dans le Massachusetts (Photo Mattia Ozbot/Getty Images/AFP)
Quid avec MAP et AFP
Atlanta – Le Maroc dispute mercredi face à Haïti son troisième et dernier match du groupe C de la Coupe du monde 2026. Avec quatre points au compteur après un nul prometteur contre le Brésil (1-1) et une victoire maîtrisée face à l’Écosse (1-0), les Lions de l’Atlas abordent ce rendez-vous dans l’Atlanta Stadium avec l’ambition de valider leur qualification pour les seizièmes de finale et, pourquoi pas, de terminer en tête de leur groupe.

19 JUIN : Le Marocain Ismael Saibari (n° 11), l’une des révélations de ce Mondial, exulte après avoir inscrit le premier but de son équipe lors du match du groupe C de la Coupe du monde de la FIFA 2026 opposant l'Écosse au Maroc, au Boston Stadium, le 19 juin 2026 à Foxborough, dans le Massachusetts (Photo Justin Setterfield/Getty Images/AFP
Un stade à la hauteur des ambitions marocaines
L’Atlanta Stadium s’apprête à accueillir l’un des rendez-vous les plus importants du premier tour pour la sélection marocaine. Située au cœur de la capitale économique de la Géorgie, cette enceinte ultramoderne figure parmi les joyaux architecturaux du Mondial 2026.
Habituellement connu sous le nom de Mercedes-Benz Stadium, le stade a été inauguré en 2017 et s’est rapidement imposé comme l’une des références du sport nord-américain. Son toit rétractable en forme d’objectif photographique et son impressionnant écran circulaire suspendu au-dessus des tribunes en font une enceinte unique au monde.
Avec plus de 68.000 places pour la Coupe du monde, il accueillera plusieurs affiches majeures du tournoi, dont une demi-finale. Mercredi, il servira de décor à une rencontre décisive pour les hommes de Mohamed Ouahbi, déterminés à poursuivre leur aventure américaine.
L’environnement semble idéal pour une sélection marocaine qui a déjà suscité l’enthousiasme de ses supporters lors de ses deux premières sorties. Les nombreux fans attendus dans les tribunes espèrent voir leur équipe confirmer les promesses affichées depuis le début de la compétition.
Saibari, le symbole d’une équipe en pleine confiance
Parmi les artisans du bon parcours marocain, Ismael Saibari occupe une place particulière. Auteur du but égalisateur contre le Brésil puis de l’unique réalisation face à l’Écosse, le milieu offensif du PSV Eindhoven s’est imposé comme l’une des révélations de ce Mondial.
Son ascension est d’autant plus remarquable que rien ne semblait le prédestiner à un tel destin. Né à Terrassa, près de Barcelone, en 2001, Saibari a dû surmonter une malformation congénitale des pieds qui a longtemps inquiété son entourage médical. Grâce à un long parcours de soins et à une détermination hors du commun, il a progressivement surmonté cet obstacle avant de poursuivre sa formation en Belgique.
Écarté un temps par Anderlecht en raison d’un surpoids, il a refusé de céder au découragement. Son talent a finalement explosé au PSV Eindhoven, où il est devenu l’un des acteurs majeurs des trois derniers titres de champion des Pays-Bas remportés par le club néerlandais.
Sous les ordres de Mohamed Ouahbi, il est devenu bien plus qu’un simple milieu offensif. Utilisé tour à tour comme faux numéro neuf, ailier ou meneur de jeu, il incarne la mobilité et la créativité du système marocain. Un nouveau but contre Haïti lui permettrait d’entrer un peu plus dans l’histoire en devenant le premier joueur africain à marquer lors des trois rencontres de la phase de groupes d’une même Coupe du monde.
Une équipe marocaine qui monte en puissance
Au-delà des performances individuelles, c’est surtout la cohérence collective qui impressionne depuis le début du tournoi. Face au Brésil puis à l’Écosse, les Lions de l’Atlas ont démontré leur capacité à maîtriser les différents temps du match, alternant phases de domination, gestion des temps faibles et transitions rapides.
Le cœur du jeu marocain repose sur un milieu particulièrement complémentaire. Neil El Aynaoui et Ayyoub Bouaddi forment un tandem capable de récupérer les ballons, d’orienter le jeu et d’assurer l’équilibre défensif. Leur activité a largement contribué à la solidité affichée par l’équipe lors des deux premières journées.
À leurs côtés, Azzedine Ounahi demeure un atout majeur. Son aptitude à casser les lignes par la passe ou le dribble peut encore apporter une dimension supplémentaire à l’animation offensive marocaine.
L’un des rares axes de progression concerne l’efficacité devant le but. Malgré un contenu technique séduisant et de nombreuses occasions créées, le Maroc n’a inscrit que deux buts en deux rencontres. Dans les matches à élimination directe qui pourraient suivre, une meilleure conversion des occasions sera indispensable pour nourrir de plus grandes ambitions.
Avec quatre points, les Lions de l’Atlas possèdent déjà un pied en seizièmes de finale. Une victoire contre Haïti leur garantirait la qualification tout en maintenant leurs chances de terminer en tête du groupe C, selon le résultat de l’autre rencontre opposant le Brésil à l’Écosse.
Haïti, un adversaire libéré mais dangereux
Déjà éliminée après ses défaites contre l’Écosse (0-1) et le Brésil (0-3), la sélection haïtienne n’en demeure pas moins un adversaire à prendre très au sérieux.
Les Grenadiers ont laissé une impression plus favorable que ne le suggèrent leurs résultats. Face aux Écossais, ils ont affiché une organisation défensive rigoureuse et sont restés dans le match jusqu’aux dernières minutes. Contre le Brésil, ils ont tenté d’exercer un pressing plus ambitieux avant de céder face à la supériorité technique de la Seleção.
L’équipe dirigée par Sébastien Migné s’appuie sur plusieurs joueurs capables de créer le danger. L’attaquant Frantzdy Pierrot représente une menace permanente dans les duels aériens et le jeu de fixation. Les rapides Louicius Don Deedson, Ruben Providence et Wilson Isidor peuvent quant à eux exploiter le moindre espace laissé par la défense adverse.
Au milieu, Jean-Ricner Bellegarde et Danley Jean Jacques apportent de l’intensité et de l’impact, tandis que le défenseur Ricardo Adé demeure l’un des leaders de cette sélection en pleine progression.
Libérés de toute pression comptable, les Haïtiens devraient évoluer avec davantage de spontanéité et chercher à quitter la compétition sur une note positive. C’est précisément ce qui impose au Maroc de rester concentré jusqu’au bout.
Sur le papier, les Lions de l’Atlas disposent des arguments nécessaires pour s’imposer. Mais dans une Coupe du monde où chaque détail peut faire basculer une rencontre, la prudence reste de mise. Dans l’atmosphère électrique de l’Atlanta Stadium, les Marocains ont rendez-vous avec une qualification attendue et l’opportunité de confirmer que leur parcours jusqu’ici n’a rien d’un hasard, mais s’inscrit dans la continuité des ambitions affichées par le football national depuis plusieurs années.