Le barrage Mohammed V revit et avec lui l’Oriental

Le barrage Mohammed V revit et avec lui l’Oriental

Au 6 février, le barrage Mohammed V atteignait un taux de remplissage de 86 %. Son volume stocké s’élevait à 141,09 millions de mètres cubes sur une capacité actuelle de 164,95 millions.

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Après plusieurs années marquées par le stress hydrique, les récentes précipitations ont profondément changé la situation dans le bassin de la Moulouya. Le barrage Mohammed V affiche un niveau de remplissage inédit qui renforce la sécurité en eau, soutient l’agriculture et confirme la pertinence des investissements engagés pour adapter les infrastructures hydrauliques aux aléas climatiques.

Un niveau historique pour le principal réservoir régional

Au 6 février, le barrage Mohammed V atteignait un taux de remplissage de 86 %. Son volume stocké s’élevait à 141,09 millions de mètres cubes sur une capacité actuelle de 164,95 millions. Cette progression spectaculaire, favorisée par les dernières pluies, place l’ouvrage au cœur de l’équilibre hydrique de la région de l’Oriental.

Au-delà du stockage, le barrage joue un rôle déterminant dans la régulation des crues et la stabilisation des ressources destinées à l’irrigation et à l’eau potable. L’amélioration rapide du niveau d’eau redonne confiance aux agriculteurs, après des campagnes successives fragilisées par la sécheresse.

Une amélioration générale dans le bassin de la Moulouya

Selon l’Agence du bassin hydraulique de la Moulouya, l’ensemble des barrages de la basse Moulouya affiche désormais un taux moyen de remplissage de 76 %, soit près de 301 millions de mètres cubes. Le barrage de l’oued Za atteint 69 % avec 156,75 millions de mètres cubes, tandis que Machraa Hammadi enregistre 66 %.

Ces chiffres traduisent une reconstitution progressive des réserves hydriques régionales. Ils permettent également d’assurer une meilleure gestion des apports d’eau pour les centres urbains et les périmètres agricoles de Berkane et Nador, fortement dépendants de ces infrastructures.

Prévention des crues et gestion maîtrisée

Face à l’augmentation rapide des apports, les autorités ont activé un dispositif de régulation. Des lâchers d’eau contrôlés ont été réalisés afin de préserver l’intégrité de l’ouvrage et protéger les populations riveraines.

La coordination entre les services centraux, les autorités locales et les partenaires techniques a permis d’anticiper les risques d’inondation. Parallèlement, une capacité de réserve a été maintenue pour absorber d’éventuelles crues soudaines.

Entre décembre et février, le volume du barrage est passé de 25,4 millions de mètres cubes à plus de 141 millions. Cette évolution confirme la sensibilité du bassin aux variations climatiques et la nécessité d’une gestion dynamique.

Un chantier stratégique pour l’avenir hydrique

Mis en service en 1967, le barrage Mohammed V fait actuellement l’objet d’un vaste projet de surélévation entamé en avril 2021. Les travaux ont atteint 69 % d’avancement et visent à augmenter considérablement la capacité de stockage.

La hauteur de l’ouvrage sera relevée de 12 mètres, portant sa capacité à environ un milliard de mètres cubes. Ce projet permettra de lutter contre l’envasement, d’assurer durablement l’irrigation du périmètre de la Moulouya et de renforcer la production hydroélectrique.

Il constitue un pilier de la stratégie nationale d’adaptation climatique, combinant prévention des inondations, sécurisation agricole et autonomie hydrique régionale.

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