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Le Maroc en Culture : Disco, théâtre, cinéma, arts plastiques, Hip hop…
ABBA Tribute fait vibrer Casablanca lors d’une soirée haute en couleur et replonge, dans la magie des années 70 lors d’un concert-hommage exceptionnel au légendaire groupe suédois du POP: ABBA. 29/10/2025 – (Photo MAP)
Entre les paillettes du disco, les planches du théâtre, les images du cinéma et les éclats de la danse, les concerts, festivals, expositions et compétitions artistiques essaiment. Casablanca à El Jadida, Bouznika, Bruxelles, Prague à Amman, la musique, le théâtre, le cinéma, la peinture et le hip-hop apporte chacun dans son rayon, son brin de culture.
Casablanca danse au rythme d’ABBA
Mercredi soir, le mythique Cinéma Ritz de Casablanca s’est transformé en une machine à remonter le temps. Devant une salle comble, le concert-hommage ABBA Tribute a plongé le public dans la magie étincelante des années 70.
Porté par les voix puissantes des chanteuses Julia Berger et Eveline Armina Haverlag, le spectacle a revisité les plus grands succès du légendaire groupe suédois. Dès les premières notes de “Voulez-Vous”, le public s’est levé d’un même élan, emporté par la fièvre du disco.
Les tubes se sont succédé dans une euphorie contagieuse : “Mamma Mia”, “Take a Chance on Me”, “Super Trouper”, “Money, Money, Money”, jusqu’à l’inoubliable “Dancing Queen”, repris en chœur par toute la salle.
Mais c’est “The Winner Takes It All” qui a marqué le sommet émotionnel de la soirée, dans une interprétation bouleversante qui a suspendu le temps.
Les spectateurs, de toutes générations, certains vêtus de paillettes ou de pantalons à pattes d’éléphant, ont retrouvé l’esprit festif d’une époque qui continue d’inspirer.
Pour Julia Berger, cette première rencontre avec le public marocain fut « un immense bonheur, une communion autour de la joie pure que représente la musique d’ABBA ».
Sa partenaire Eveline Haverlag a salué « la chaleur et l’énergie unique du public casablancais, qui fait de chaque chanson une célébration ».
El Jadida célèbre le théâtre et la Marche Verte
Le même soir, à El Jadida, s’ouvrait la 12ᵉ édition du Festival Mazighen du Théâtre Professionnel, placée sous le thème “Le théâtre, un pont pour illuminer la vie”.
Organisée par l’Association Rabii Al Ibdaa avec le soutien du ministère de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication, cette édition coïncide avec la célébration du cinquantenaire de la Marche Verte, donnant à l’événement une portée symbolique et patriotique.
Le directeur provincial de la culture, Abdelilah Nafis, a rappelé que le festival « s’est imposé comme un rendez-vous culturel majeur, reflétant le dynamisme et la créativité de la scène marocaine ».
Le directeur du festival, Said Karramou, a ajouté que cette édition « poursuit la dynamique artistique initiée depuis douze ans, en accueillant des troupes venues de tout le pays ».
Parmi les spectacles à l’affiche figurent “Ktib Al Khizran”, “Kounach Al Hachma” et “Al Kourawia”, portés par des figures emblématiques du théâtre marocain comme Abdellah Didane, Jawad El Alami et Manal Essadiki.
La première soirée a rendu hommage au réalisateur Youssef Britel, auteur du film “La Marche Verte”, et au metteur en scène Mohamed Rabbani, salué pour sa contribution au renouveau du théâtre national.
Des ateliers de formation, encadrés par les maîtres égyptiens Alaa Kouka et Hanaa El Khawaja, accompagnent le festival afin de renforcer les compétences des jeunes comédiens.
Cette édition, ouverte sur l’Afrique et le monde arabe, met en lumière le rôle du théâtre comme levier d’éducation et de transmission, rappelant que « chaque marche culturelle prolonge la Marche Verte de la nation ».
Du cinéma marocain à Bruxelles à la peinture de Houssaini à Amman
Au-delà du territoire national, l’automne marocain s’illustre également sur la scène internationale.
À Bruxelles, deux films marocains ont brillé dans la 10ᵉ édition du Festival international du film de Bruxelles : “Les Fourmis” de Yassine Fennane et “Une Histoire de vacances” de Malika Zairi.
Projeté en salle comble, “Les Fourmis” plonge dans les destins croisés de trois personnages à Tanger : Félicité, une migrante camerounaise, Hamid, père tiraillé entre responsabilités et rêves, et Kenza, jeune femme en quête d’émancipation.
Le film, salué à Durban et Paris, poursuit sa tournée à Londres, New York et Nairobi.
Pour ses producteurs Ahmed et Mariam Abounouom, il témoigne de « la vitalité du cinéma marocain et de l’intérêt croissant qu’il suscite sur la scène internationale ».
Le court-métrage “Une Histoire de vacances”, de son côté, aborde les tensions identitaires et intergénérationnelles d’une famille de la diaspora marocaine, entre Europe et Marrakech.
Les organisateurs du festival ont salué la qualité des productions marocaines, qualifiant le Royaume de « pilier du cinéma africain contemporain ».
Pendant ce temps, à Amman, l’artiste peintre Younes Houssaini inaugurait une exposition sous l’égide de l’ambassade du Maroc.
Originaire de Meknès, installé en Jordanie depuis plusieurs années, Houssaini a offert au public jordanien un voyage chromatique dans l’âme du Maroc.
Ses toiles, nourries de lumière et de contrastes, évoquent des paysages, des visages et des scènes du quotidien marocain, entre réalisme et impressionnisme.
« Mon travail est une conversation entre la lumière et l’ombre, entre la mémoire et la musique intérieure », explique-t-il.
Pour l’ambassadeur Fouad Akhrif, cette exposition illustre « la richesse des arts visuels marocains et la vitalité du dialogue culturel entre Rabat et Amman ».
Houssaini, enseignant et artiste depuis plus de vingt ans, a participé à de nombreux festivals au Maroc, en Égypte et en Europe. Son œuvre, empreinte d’émotion, reflète la diversité et la profondeur d’un Maroc qui peint autant qu’il pense.
Du sport mai surtout un art
À Prague, deux athlètes marocains, Jaouad Zinid et Ayoub Gara, ont porté haut les couleurs du Royaume lors des Hip Hop Unite World Championships 2025.
Organisée par la FISAF, cette compétition mondiale a réuni les meilleurs danseurs du globe.
Dans la catégorie solo, Jaouad Zinid a décroché la médaille d’or après une finale spectaculaire, tandis qu’Ayoub Gara s’est adjugé la médaille d’argent.
En duo, les deux champions ont remporté le bronze, derrière la Belgique et l’Italie.
Encadrés par l’entraîneur El Moufid El Mahdi, ces résultats confirment la montée en puissance du hip-hop marocain, désormais reconnu comme une discipline artistique à part entière.