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Mohammed Benchaaboun : D’une nomination deux coups ?
Mohemmed Banchaaboun, une compétence discrète et efficace
‘’A l’issue des travaux du Conseil et conformément aux dispositions de l’article 49 de la Constitution, et sur proposition du Chef du gouvernement et à l’initiative de la ministre de l’Economie et des Finances, Sa Majesté le Roi, que Dieu L’assiste, a bien voulu nommer M. Mohamed Benchaaboun, Directeur Général du Fonds Mohammed VI pour l’investissement’’.
Quelques lignes à la fin du communiqué sanctionnant le Conseil des ministres ont éclipsé dans les médias et les réseaux sociaux le reste des décisions pourtant très importantes, qu’il s’agisse du projet de la loi des finances qui donne les contours de ce que sera une année annoncée difficile ou des projets de loi organique ou de décrets adoptés.
Mohamed Benchaaboun, discret et efficace, a été un ministre de l’Economie et des Finances remarqué que la nomination d’une successeure femme pour la première fois à ce poste, sans diminuer en rien de ses compétences, n’a pas réussi à faire oublier. Si bien que les aptitudes dont l’homme a fait montre ont fait surgir cette interrogation d’un observateur averti : ‘’nomination en relation avec les 550 milliards de DH et 500000 emplois de la charte des investissements, ou, vu la situation des relations France-Maroc…? Ou les deux, comme pour Ssi Chakib Benmoussa ?’’ Les bookmakers les plus prudents ont été plutôt tentés de répondre : ‘’les deux mon général’’.
La crise silencieuse entre Rabat et Paris depuis plusieurs mois est devenu stridente à force de n’être ni démentie ni confirmée, mais à petites touches sous-entendues. La tentation est conséquemment forte d’y voir, selon l’expression d’un autre observateur, ‘’une réponse du berger à la bergère’’, la France ayant mis fin à la mission de son ambassadrice à Rabat avant qu’elle n’achève ses ‘’quatre ans réglementaires’’. Ce qui, soit dit en passant, n’est pas une perte. Hélène Le Gal, Madame Afrique de François Hollande, au pédigrée tangent, s’était particulièrement fait remarquer par sa sécheresse et ses maladresses diplomatiques.
En somme, le ‘’rappel’’ de Mohamed Benchaaboun pourrait être une forme élégante de faire d’une nomination deux coups. Prendre acte de l’état des relations maroco-françaises et rapatrier une compétence nationale confirmée pour conduire un chantier des plus vitaux pour le Maroc, particulièrement dans un contexte où les périls et les menaces s’accumulent et se démultiplient.
Né le 12 novembre 1961 à Casablanca, M. Benchaaboun, ambassadeur de SM le Roi auprès de la République française depuis seulement décembre 2021, était, dans la lignée des Chakib Benmoussa, un profile idoine pour ce poste. L’ancien ministre de l’Economie et des Finances, en plus d’une longue carrière à différentes responsabilités (ANRT, Douanes et impôts indirects, Banque Centrale populaire etc.), a entamé sa carrière professionnelle dans la multinationale française Alcatel Alsthom, comme tout diplômé qui se respecte de l’Ecole nationale supérieure des télécommunications de Paris. La plus belle capitale du monde à en croire les Français, très portés sur les superlatifs, où il n’aura pas bouclé l’année, les conjonctures et les conjonctions des astres en ayant décidé autrement. - NK -