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PLF 2026 : entre continuité du développement et attentes sociales, la bataille budgétaire s’ouvre au Parlement
De G à D : Nadia Fettah, ministre de l’Economie et des Finances, et Fouzi Lekjaa, ministre délégué en charge du Budget
La discussion du projet de loi de finances 2026 à la Chambre des représentants marque un moment politique décisif. Entre une majorité qui salue un texte de continuité et de cohérence économique, et une opposition qui dénonce un manque d’audace et de vision sociale, le débat budgétaire met en lumière les lignes de fracture mais aussi les points de convergence autour des priorités nationales : croissance, équité et cohésion.
La majorité défend n projet de continuité
Pour les groupes de la majorité parlementaire, le PLF-2026 traduit la volonté du gouvernement de poursuivre la dynamique de développement amorcée depuis 2021, plaçant le citoyen au centre des politiques publiques. En séance de la Commission des finances, les représentants du RNI, du PAM et de l’Istiqlal ont défendu un texte « réaliste et équilibré » qui concilie justice sociale et rigueur économique.
Mohamed Chouki, président du groupe RNI, a insisté sur le caractère ambitieux du projet, en dépit des contraintes budgétaires. Il a salué les mesures inédites prévues pour la santé et l’éducation, deux priorités de l’État social. De son côté, Allal Amraoui, du groupe istiqlalien, a souligné que le PLF-2026 vise à renforcer la position du Maroc parmi les pays émergents, avec une croissance projetée de 4,6 % et un déficit limité à 3 % du PIB. Ahmed Touizi, du PAM, a pour sa part appelé à accélérer la mise en œuvre du “Maroc Émergent” à travers des programmes de développement territorial et une gestion plus efficiente de l’investissement public.
L’opposition dénonce un manque d’audace
Face à l’optimisme gouvernemental, l’opposition a affiché sans surprise un ton critique. Pour Abderrahim Chahid, président du groupe socialiste-opposition ittihadie, le texte reste « ordinaire » et « technocratique », loin des défis sociaux actuels.
Rachid Hammouni, du PPS, reconnaît certaines mesures positives mais les juge insuffisantes pour produire un véritable impact socio-économique. Il reproche au gouvernement de s’en tenir aux mêmes approches budgétaires depuis quatre ans. Le groupe Haraki, par la voix de Driss Sentissi, a insisté sur la nécessité d’une évaluation plus réaliste et d’un renforcement de la justice fiscale et territoriale. Il a également plaidé pour une meilleure inclusion des petites entreprises et une valorisation du rôle des femmes dans les territoires.
Les défis de la réforme et de la justice sociale
Au-delà des divergences politiques, les débats ont mis en lumière des priorités partagées : renforcer la régionalisation avancée, soutenir la décentralisation et combler les déficits dans les secteurs stratégiques. Le député Belassal Chaoui, du groupe constitutionnel démocratique et social, a insisté sur l’urgence de recruter davantage dans le secteur de la santé afin d’accompagner la réforme territoriale. Il a également appelé à investir davantage dans la recherche scientifique et l’innovation, considérées comme des leviers de souveraineté et de compétitivité.
L’opposition a, en outre, souligné la nécessité d’une réforme fiscale plus équitable et d’un meilleur ciblage des dépenses publiques. Pour Abdellah Bouanou, du PJD, le PLF-2026 manque de mesures correctives rapides alors qu’il s’agit du dernier budget de la législature.
Un débat révélateur des priorités nationales
Présenté par la ministre de l’Économie et des Finances, Nadia Fettah, le projet de loi de finances repose sur quatre priorités majeures : consolider les acquis économiques, lancer une nouvelle génération de programmes territoriaux, renforcer les piliers de l’État social et préserver les équilibres macroéconomiques. Ces axes traduisent, selon le gouvernement, une vision de continuité et de stabilité.
Mais pour une partie de l’opinion publique et de la classe politique, cette stabilité doit désormais s’accompagner d’un sursaut créatif et d’une audace sociale capable de répondre aux attentes des citoyens, dans un contexte où les inégalités et les pressions économiques demeurent fortes.
Entre continuité assumée et impatience populaire, le débat sur le PLF-2026 reflète une tension fondatrice : celle d’un Maroc en mouvement, partagé entre la rigueur de la gestion et l’urgence de la transformation.