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Après un demi-siècle et 24 jours de manœuvres : l’échec du stratagème algérien pour déformer les résolutions onusiennes – Par Abdelhamid Jmahri
Capture d’écran : Les interventions insistantes et intrusives d’Ahmed Attaf auprès du Secrétariat du Conseil, provoquant ce retard de publication, ont fini par susciter critiques, incompréhension et interrogations parmi les membres du Conseil, la presse et l’opinion publique pour se terminer en désaveu.
La publication de la traduction arabe officielle de la résolution 2797 du Conseil de sécurité, consacrant l’autonomie comme unique solution réaliste au différend autour du Sahara, met fin à une longue série de manœuvres algériennes visant à en détourner le sens. Après un blocage inédit de vingt-quatre jours, explique Abdelhamid Jmahri, les tentatives de modification du texte ont échoué, exposant publiquement la responsabilité directe d’Alger dans ce dossier et ruinant son narratif.

Abdelhamid Jmahri
La fin d’une longue stratégie d’interprétation biaisée

Capture d’écran : Excédé, Antonio Guterres finit par tourner le dos et planter Ahmed Attaf,
La publication en six langues de la version définitive de la résolution 2797, qui soutient la proposition d’autonomie au Sahara, marque la clôture d’un cycle de manœuvres interprétatives engagé par l’Algérie depuis cinquante ans.
Il est désormais établi qu’Alger a déployé d’importants efforts, multipliant les artifices diplomatiques pour retarder la diffusion officielle du texte onusien.
Selon sa doctrine et sa propagande, l’Algérie espérait faire supprimer la traduction plurielle du terme « parties », telle qu’elle figurait dans le texte distribué en bleu par le Penholder américain, et la remplacer par « les deux parties », formulation conforme à narratif.
Mais si elle a effectivement réussi à bloquer la publication durant vingt-quatre jours, depuis le 31 octobre, la version officielle contredit Alger et consacre sa responsabilité**
Le désaveu
Au terme de ce délai exceptionnel, le Secrétariat général de l’ONU a finalement publié le texte officiel de la résolution 2797 du Conseil de sécurité relative au Sahara marocain. Ce document historique déjoue la tentative algérienne d’en altérer le sens et confirme clairement la responsabilité d’Alger en tant qu’acteur impliqué.
Les interventions insistantes et intrusives de l’Algérie auprès du Secrétariat du Conseil, provoquant ce retard de publication, ont fini par susciter critiques, incompréhension et interrogations parmi les membres du Conseil, la presse et l’opinion publique, en attente du texte définitif, pour se terminer en désaveu.
La manœuvre d’Alger n’avait qu’un objectif : dénaturer la résolution 2797 pour tenter d’échapper à sa responsabilité directe dans l’origine et la persistance du différend régional. Elle a tenté d’imposer à l’ONU l’idée que les prochaines négociations devraient se limiter au Maroc et au Polisario, dans une vision tronquée du processus.
Un stratagème qui se retourne contre son auteur
En réalité, cette tentative s’est retournée contre Alger, la plaçant sous les projecteurs du texte et face à son propre public comme devant la communauté internationale. Désormais, elle ne peut plus prétendre ne pas être concernée. Elle devra se conformer, après l’échec de sa manœuvre, au cadre fixé par les Nations unies.
Quant aux appels à une quelconque médiation, ils faisaient partie de l’écran de fumée destiné à faire croire qu’Alger n’était pas partie prenante et qu’elle se disait prête à adhérer à la nouvelle dynamique onusienne en qualité de médiateur.
Désormais, elle ne peut plus tenir ce discours. La seule médiation possible sera celle menée par l’ONU et les États-Unis entre les quatre parties, sous la conduite de Staffan de Mistura ou d’un éventuel émissaire du président Donald Trump pour la région.
La tentation dela surenchère séparatiste
Le resserrement de l’étau autour des artifices diplomatiques pourrait inciter Alger à encourager chez les séparatistes des tentatives désespérées, mais celles-ci ne feraient qu’aggraver la position algérienne et celle de ses relais.
Cette bataille, que l’Algérie avait engagée avec un « succès relatif » depuis l’avis de la Cour internationale de justice évoquant le « droit à l’autodétermination » au Sahara, lui avait permis d’imposer sa lecture du référendum et de plonger les organisations internationales et la région dans des impasses aujourd’hui dépassées.
La publication de la version officielle de la résolution met désormais fin aux marges de manœuvre dont Alger profitait habilement.
Et c’est peut-être la première fois qu’une résolution connaît un tel débat après son adoption. L’épisode révèle à quel point la formulation peut porter la profondeur d’une décision — ou comment un échec linguistique peut entraîner des conséquences politiques « stupéfiantes ». Mais cela relève déjà d’une autre histoire.