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Autonomie au Sahara : cap sur la phase opérationnelle – Par Talaâ Saoud Al Atlassi
Lors du Conseil des ministres du 9 avril, présidé par le Roi Mohammed VI, des orientations ont été données dans le cadre de la nouvelle génération des programmes de développement territorial intégré pour dynamiser les régions créant un cadre institutionnel compatible avec l’exercice de l’autonomie dans les provinces sahariennes. (Photo MAP)
Les réunions d’avril du Conseil de sécurité se penchent sur la mise en œuvre de la résolution 2797 sur le Sahara marocain qui entre dans une phase opérationnelle. Sous impulsion américaine et avec le soutien de partenaires européens, le processus s’oriente, analyse Talaâ Saoud Al Atlassi vers une concrétisation du plan d’autonomie, tandis que des discussions portent déjà sur l’avenir de la MINURSO et les implications régionales du règlement du différend.

Talaâ Saoud Al Atlassi
Une dynamique diplomatique désormais structurée
La mise en œuvre de la résolution 2797 du Conseil de sécurité relative au Sahara marocain franchit un cap décisif. Depuis son adoption le 31 octobre dernier, le processus n’a connu ni interruption ni ralentissement, porté par une mobilisation diplomatique soutenue, en particulier par les États-Unis.
Ce vendredi 23 avril, le Conseil de sécurité devait se réunie pour entendre l’exposé de l’envoyé personnel du Secrétaire général, Staffan de Mistura, consacré à l’état des négociations entre les quatre parties, tenues notamment à Madrid et à Washington. Lors de cette même session, le chef de la MINURSO présentera son rapport annuel, offrant un état des lieux des activités de la mission sur le terrain.
Une autre échéance importante est prévue le 30 avril, avec un examen du statut et de l’avenir de la MINURSO. Selon des sources diplomatiques, des discussions seraient en cours sur une possible reconfiguration de la mission. Le responsable américain chargé du suivi de la résolution s’apprêterait à proposer la dissolution de la mission et la redéfinition de ses missions, après une réduction de ses effectifs, afin de les orienter vers l’accompagnement de la mise en œuvre de l’autonomie dans les provinces du Sud.
L’autonomie comme cadre de convergence
Les négociations en cours témoignent d’une évolution notable du positionnement des acteurs impliqués. Plusieurs sources diplomatiques évoquent un climat marqué par une convergence croissante autour du plan d’autonomie sous souveraineté marocaine.
Même les propositions divergentes s’inscrivent désormais dans ce référentiel, en mobilisant son vocabulaire et ses concepts. Si certaines tentatives cherchent à en atténuer la portée, elles restent confinées dans un cadre de négociation devenu plus structuré, dont les paramètres sont clairement définis par la résolution 2797.
Ce cadrage limite les marges de manœuvre et oriente les discussions vers un objectif précis : la mise en œuvre concrète de l’autonomie dans les provinces sahariennes. Dans ce contexte, toute tentative de s’écarter de ce cadre apparaît de moins en moins recevable sur le plan international.
Vers une phase opérationnelle du règlement
Au-delà des décisions formelles, la dynamique actuelle s’accompagne de signaux indiquant une préparation active de la phase suivante. Dans les coulisses des Nations unies, des échanges informels entre diplomates évoquent la possibilité que le responsable américain en charge des négociations ait informé l’Algérie de préparatifs en vue du démantèlement des camps de Tindouf, dans le cadre de la mise en œuvre effective de l’autonomie dans les provinces sahariennes marocaines.
La crédibilité de ces informations est renforcée par la récente visite de Dosset Tabari, responsable au Bureau de coordination des affaires des réfugiés pour l’Afrique du Nord au département d’État américain, dans les camps de Tindouf. Cette mission visait à évaluer les conditions sur place et à élaborer des perspectives pour les populations concernées, notamment celles ne souhaitant pas regagner les provinces marocaines. Il est à noter que l’Algérie n’a jamais communiqué officiellement le nombre exact des habitants de ces camps, ni la diversité des nationalités africaines qui s’y sont installées.
Ces éléments s’inscrivent dans une logique plus large de préparation des implications concrètes du règlement du différend, incluant des aspects humanitaires, administratifs et territoriaux. Ils traduisent également une volonté d’anticiper les conséquences d’une transition vers un nouveau cadre de gouvernance.
Le Maroc anticipe les transformations institutionnelles
Parallèlement à cette dynamique internationale, le Maroc s’emploie à préparer les conditions internes nécessaires à la mise en œuvre de l’autonomie. Cette anticipation se traduit par des réformes visant à renforcer la régionalisation avancée et à adapter les structures institutionnelles aux exigences d’une gouvernance territoriale plus décentralisée.
Lors du Conseil des ministres du 9 avril, présidé par le Roi Mohammed VI, des orientations ont été données dans le cadre de la nouvelle génération des programmes de développement territorial intégré pour dynamiser les régions, en vue de mieux adapter les politiques aux spécificités locales et de renforcer la participation des citoyens à la définition des priorités.
Il s’agit en l’occurrence de mettre en place le cadre institutionnel compatible avec l’exercice de l’autonomie dans les provinces sahariennes.
Cette approche s’accompagne du maintien d’un rôle de coordination pour l’État central, garant de la cohérence nationale. Elle vise également à consolider les bases d’une gouvernance transparente et à promouvoir une citoyenneté territoriale active.
Des réformes sectorielles, notamment dans le domaine de la santé, ont été engagées pour renforcer la gestion régionale et améliorer la coordination entre initiatives publiques et privées. Ces évolutions contribuent à créer un cadre institutionnel compatible avec l’exercice de l’autonomie dans les provinces sahariennes.
Une recomposition régionale en perspective
La dynamique en cours s’inscrit dans un contexte régional en mutation, marqué par un soutien international accru à la position marocaine. Plusieurs pays, tant au nord qu’au sud de la Méditerranée, ont exprimé leur appui à la marocanité du Sahara, renforçant ainsi la légitimité du plan d’autonomie.
Dans ce contexte, l’Algérie se trouve confrontée à une évolution du rapport de forces diplomatique. Les analyses convergent pour estimer qu’elle sera amenée, à terme, à s’inscrire dans le cadre défini par la communauté internationale.
En vue de favoriser cette évolution potentielle, le Maroc affiche sa volonté d’ouvrir de nouvelles perspectives de coopération régionale. Il appelle à dépasser les logiques de confrontation pour privilégier des partenariats fondés sur des intérêts économiques et stratégiques partagés.
Parmi ces perspectives figure notamment l’ouverture vers l’espace atlantique, qui pourrait constituer un levier de développement pour l’ensemble de la région. Cette approche s’inscrit dans une vision de coopération et d’intégration régionale, conditionnée à un climat d’apaisement.
Dans ce contexte, la résolution du différend du Sahara apparaît comme un facteur clé de stabilisation régionale et de redéfinition des équilibres géopolitiques, à un moment où les dynamiques internationales connaissent des transformations profondes. Une telle évolution reste conditionnée à un changement d’approche de la part d’Alger. Cette perspective, jugée à la fois nécessaire et inévitable, pourrait, même différée, finir par s’imposer.