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L'écoute du pouls des Marocains... "le mot-clé" de son système de gouvernance de Mohammed VI – Par Hatim Bettioui
Très tôt, le roi Mohammed VI a placé la lutte contre les disparités sociales te spatiales. Sur cette photo le souverain lance la campagne de solidarité avec les démunis, une généreuse aventure dont il a donné le ton alors qu’il était encore Prince héritier
En 2000, à peine un an après son accession au trône, le Roi Mohammed VI confiait à l’américain Time Magazine ses aspirations pour le Maroc. Son ambition était claire : améliorer le pays à tous les niveaux. Vingt-six ans après son intronisation, relève Hatim Bettioui, le bilan de son règne montre un Maroc transformé, tant sur le plan interne qu'international. Mais derrière ces réussites, une phrase prononcée par le Roi dan le discours du Trône résonne comme une conviction profonde : "Il n’y a pas de place aujourd’hui, ni demain, pour un Maroc qui avance à deux vitesses."

Une vision claire pour un Maroc uni
Lors de son premier entretien avec le Time Magazine, le Roi Mohammed VI soulignait déjà son désir de bâtir un Maroc meilleur, pour tous les Marocains. Il confiait que sa mission n’était pas seulement politique, mais qu'elle reposait également sur des principes humains de justice et d’égalité. Élevé au cœur du palais royal, Mohammed VI se sentait, dès son enfance, proche de son peuple, et cette proximité marquerait son règne. Dès ses premiers gestes en tant que souverain, il a exprimé son désir de rompre avec les inégalités et les injustices qui persistaient dans le pays.
Lorsqu’il évoquait l’héritage de son père, le défunt Roi Hassan II, il mettait l’accent sur l'importance d'une gouvernance responsable et proche des réalités du pays. Cette approche se traduisit très tôt par un agenda de réformes audacieuses, que ce soit dans le domaine économique, social, ou même judiciaire. Cependant, un de ses principes fondamentaux a toujours été de mettre en avant une vision de progrès inclusif : aucune région, aucune catégorie sociale ne devait être laissée en marge du développement. Ce n’était pas seulement un slogan, mais une réalité que le Roi a cherché à instaurer dès les premières années de son règne.
Les grandes réformes économiques et sociales
L’un des plus grands défis auxquels Mohammed VI a dû faire face dès son arrivée sur le trône fut l’éradication de la pauvreté, dont il a donné la mesure en lançant, alors qu’il était Prince héritier, les campagnes de solidarité avec les démunis. Lutte contre chômage et l’analphabétisme, des fléaux qui freinaient le Maroc dans sa course vers le développement, ont articulé a politique de Mohammed VI. Le Souverain a fait de ce combat contre la pauvreté une priorité absolue, se battant pour la réduction des inégalités sociales. En 2005, il lança l’Initiative Nationale pour le Développement Humain (INDH), un projet ambitieux visant à améliorer les conditions de vie des plus vulnérables et à renforcer la justice sociale. Ce programme a permis d’améliorer l’accès aux services de base, notamment dans les zones rurales.
Sur le plan économique, Mohammed VI a impulsé des projets d’envergure pour moderniser les infrastructures du pays. Il a notamment mis en place de grands projets d'infrastructures comme le port Tanger-Med, le plus grand port d’Afrique et du bassin méditerranéen, ainsi que le train à grande vitesse LGV reliant Tanger à Casablanca. Ce dernier est un symbole de la modernisation du pays et de l’ambition du Souverain à inscrire le Maroc dans la compétitivité mondiale. Il est en passe aujourd’hui de se prolonger relier Kénitra à Marrakech et plus tard à Agadir.
Parallèlement, des réformes dans le secteur de l’éducation et de la santé ont permis de rendre ces services plus accessibles et de les adapter aux besoins de la population. La réforme de la Moudawana*(le Code de la famille) en 2004 a également été une avancée majeure pour les droits des femmes, leur offrant plus d’autonomie et d’égalité dans le cadre matrimonial et familial. Elle est encore vingt ans plus tard à l’ordre du jour pour faire l’objet de nouvelles évolutions.
La diplomatie et la question du Sahara marocain
L'un des aspects marquants du règne de Mohammed VI est sa politique extérieure, notamment en ce qui concerne la question du Sahara marocain. Le retour du Maroc au sein de l’Union africaine en 2017, après plus de trois décennies d’absence, représente une avancée diplomatique significative. Ce retour s’inscrivait dans une dynamique de renouveau diplomatique, visant à renforcer l’influence du Maroc sur le continent africain et à obtenir un soutien accru pour sa position sur le Sahara. En 2020, un tournant majeur a été franchi avec la reconnaissance de la souveraineté du Maroc sur le Sahara par les États-Unis, un geste diplomatique sans précédent.
Sous la direction du Roi, le Maroc a également réussi à faire pencher la balance en sa faveur sur la scène internationale, avec de nombreux pays retirant leur reconnaissance de la République arabe sahraouie démocratique (RASD), soutenue par l’Algérie, et ouvrant des consulats dans les villes de Laâyoune et Dakhla. Ce succès diplomatique a permis au Maroc de passer de la défensive à l’offensive sur la question du Sahara, consolidant sa position au niveau international qui jouit actuellement de l’appui de plusieurs puissances qui comptent dans le monde.
La transition vers un avenir plus équitable et durable
Au début de son règne, Mohammed VI a reçu Louis Michel, le ministre des Affaires étrangères de Belgique, qui a salué le défunt roi Hassan II et la manière dont il avait placé le Maroc au cœur de la diplomatie mondiale. La réponse du jeune souverain fut : "Mon père a placé le Maroc sur les cartes du monde, et moi, je veux placer le Maroc dans le cœur de chaque Marocain."
Aujourd’hui, après plus de vingt-cinq ans de règne, le Maroc sous Mohammed VI a accompli de nombreux progrès. Néanmoins, le Souverain reste convaincu que ces succès doivent être partagés équitablement entre toutes les régions et toutes les catégories sociales. Il l’a réaffirmé dans son discours du 26e anniversaire de son accession au trône : "Je ne serai pas satisfait, quel que soit le niveau de développement économique et des infrastructures, si cela ne conduit pas à une amélioration concrète des conditions de vie des citoyens, de toutes les catégories sociales, dans toutes les régions et zones du pays."
Cette déclaration montre bien l’ambition du Roi de faire du Maroc un modèle de développement durable et inclusif, dans lequel personne n’est laissé pour compte. Les défis à venir pour le pays incluent la gestion de l’eau, la transition énergétique et la création d’emplois durables, mais avec la vision du Roi, le Maroc semble bien placé pour relever ces défis de manière proactive.