L’attaque contre Es-Smara… Pourquoi le Maroc se tait-il tandis que les capitales internationales condamnent

L’attaque contre Es-Smara… Pourquoi le Maroc se tait-il tandis que les capitales internationales condamnent

Cette attaque semble avoir visé la légitimité internationale elle-même. Elle n’est donc plus perçue comme un acte militaire « ordinaire »

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Les condamnations internationales se multiplient après l’attaque contre la ville d’Es-Smara revendiquée par les séparatistes du Polisario, tandis que la Maroc observe un silence inhabituel. Interrogé sur son analyse de cette attitude, Abdelhamid Jmahri, membre du Bureau politique de l’USFP, éditorialiste et directeur du quotidien Al Ittihad Al Ichtiraki, rappelle un contexte marqué par l’adoption de la résolution 2797 du Conseil de sécurité. Dans sa déclaration, il explique que le silence officiel du Maroc crédite l’idée une possible volonté de laisser la communauté internationale porter la réponse politique et diplomatique à une attaque perçue comme visant désormais le cadre international des négociations et la dynamique des pourparlers de paix.

Abdelhamid Jmahri, membre du Bureau politique de l’USFP, éditorialiste et directeur du quotidien Al Ittihad Al Ichtiraki

Les condamnations internationales contre l’attaque visant la ville d’Es-Smara, revendiquée par le Front Polisario, se multiplient. De Washington à l’ONU, en passant par Riyad, Paris, Madrid, Abou Dhabi, ou encore Londres…et il faut compter avec d’autres réactions à venir.

Il s’agit sans doute de la première fois, depuis le déclenchement de ce conflit artificiel il y a un demi-siècle, qu’une telle dynamique internationale se manifeste avec cette ampleur.

Dans le même temps, les observateurs notent, en effet, que le Maroc n’a pas réagi comme il le faisait auparavant, ni par une condamnation officielle immédiate, ni par l’annonce d’une enquête. Pour comprendre cette équation, il faut prendre en considération plusieurs éléments préalables :

– Premier élément : le moment choisi pour cette attaque, qui intervient après l’adoption de la résolution 2797 ayant fait de l’autonomie une référence internationale.

– Deuxième élément : cette attaque semble avoir visé la légitimité internationale elle-même. Elle n’est donc plus perçue comme un acte militaire « ordinaire » pouvant être interprété comme une tentative d’influencer le rapport de force dans les négociations, mais comme une remise en cause de cette légitimité.

– Troisième élément : à travers son silence, le Maroc semble vouloir laisser la parole à la communauté internationale, afin que la réponse émane de ce même ordre international qui, à travers la résolution 2797, a exprimé sa volonté de définir les contours des négociations et les modalités de mise en œuvre d’une solution. Autrement dit, le Maroc est certes visé par l’attaque, mais le cœur du problème oppose désormais des milices armées et leurs soutiens à la communauté internationale elle-même.

– Quatrième élément : le Maroc veille à montrer que la résolution 2797 est également devenue une position nationale pour chaque État qui l’appuie, ce qui les rend concernés par toute tentative de la remettre en cause.

– Cinquième élément : cette attaque intervient contre la dynamique des pourparlers de paix, plaçant ainsi les adversaires du Maroc dans un courant opposé à celui recherché par la communauté internationale.

Ces évolutions et leurs implications montrent que cette question ne relève plus uniquement de l’unité territoriale du Maroc, mais qu’elle est désormais liée à la stabilité internationale elle-même. Une évolution qui place les adversaires du Maroc face à la volonté de la communauté internationale.

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