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Le mutisme algérien sur la visite de Zuma au Maroc, ou quand le silence dit le désarroi – Par Talaa Saoud Al Atlassi
L’ancien président sud-africain Jacob Zuma, leader de Umkhonto we Sizwe (Lance de la Nation), à Rabat, avec le ministre des AE marocain Nasser Bourita
Alors que l’Algérie s’enferme dans une logique d’hostilité obsessionnelle à l’égard du Maroc, la scène internationale enregistre un début de basculement stratégique. Entre les provocations sur le terrain sportif, l’occultation du nom dans la couverture de la CAN féminine, et la brèche créée par la diplomatie marocaine dans le blockhaus sud-africain, le contraste est saisissant. Le Maroc, concentré sur son intégrité territoriale et son développement, poursuit sa progression là où Alger s’enlise dans une guerre perdue. Talaa Soud Al Atlassi fait le point.

Une obsession maladive du Maroc
L’hostilité que voue le régime algérien au Maroc ne connaît aucun répit. Elle s’étend désormais à toutes les sphères, jusqu’aux terrains de sport. Dernier épisode en date : la participation de l’équipe féminine algérienne à la Coupe d’Afrique des Nations au Maroc. Au lieu de s’en tenir au cadre sportif, cette présence s’est transformée en théâtre d’une agitation politique stérile : nom du pays hôte déchiré ou masqué sur les bancs de touche, panneaux de sponsors ignorés. Des actes d’une puérilité navrante qui desservent avant tout les joueuses algériennes elles-mêmes, en les détournant de leur mission sportive et en les exposant à des sanctions.
Ces comportements ne sont pas des dérapages isolés. Ils traduisent une doctrine de confrontation intégrée au plus haut niveau du pouvoir algérien. Le nom du Maroc, son histoire, sa souveraineté sur le Sahara, tout cela provoque à Alger une réaction proche de la pathologie. Cette réaction, loin de s’arrêter aux sphères politiques, infiltre même les équipes sportives et les médias. La presse algérienne, fidèle à la ligne imposée par le régime, omet systématiquement de mentionner que la compétition se déroule au Maroc. Une pratique indigne du métier de journaliste, tant elle contredit les règles élémentaires du traitement de l’information.
Le silence aveu
En refusant de nommer le Maroc, même lorsqu’il est le pays hôte d’un événement international, les médias algériens se rendent complices d’une stratégie de son effacement du vocabulaire à défaut de pouvoir le faire plus concrètement. Ils sont devenus l’instrument d’un révisionnisme absurde, où l’on préfère inventer ou taire, plutôt que reconnaître une réalité pourtant flagrante. Le cas des compétitions sportives en est l’illustration : elles ont lieu « quelque part », mais surtout pas au Maroc, et encore moins à Rabat, Casablanca ou Marrakech.
Cette attitude cache un malaise plus profond. En réalité, Alger n’arrive plus à masquer le fait que le Maroc, lui, avance. Il gagne la confiance des organisations internationales, accueille des événements majeurs, investit dans le développement, et surtout, consolide ses positions diplomatiques à travers une stratégie méthodique. Cette dynamique marocaine ne laisse que peu d’espace à la propagande algérienne, laquelle s’essouffle à force de marteler des slogans sans écho.
Le Maroc avance, l’Algérie s’enferme
Tandis que le Maroc concentre ses efforts sur deux priorités stratégiques – la consolidation de son intégrité territoriale et la mise en œuvre de son modèle de développement – l’Algérie persiste dans une politique du blocage. Une politique qui lui coûte cher : en argent, en crédibilité diplomatique, en capital géopolitique.
Depuis plus de cinquante ans, Alger mise sur le soutien au Polisario comme bras armé de sa confrontation avec Rabat. Pourtant, le monde a changé. Partout ailleurs, des mouvements séparatistes ont renoncé à la violence pour intégrer la vie politique de leurs pays. Le PKK en Turquie en est l’un des derniers exemples. Mais l’Algérie, elle, reste figée, arc-boutée sur une cause dont les fondements idéologiques ont disparu et dont les partisans initiaux, pour la plupart, sont retournés au Maroc.
Aujourd’hui, plus de 125 pays soutiennent la souveraineté du Maroc sur le Sahara. Trois membres permanents du Conseil de sécurité, l’ensemble des pays arabes à l’exception de l’Algérie, et des dizaines de nations africaines et latino-américaines reconnaissent le plan d’autonomie marocain comme la seule solution crédible et durable. Pourtant, Alger continue de réclamer un référendum dont l’infaisabilité a été démontré par la réalité du terrain, se figeant ainsi dans un isolement diplomatique que rien ne semble pouvoir briser… si ce n’est un sursaut lucide de sa propre part.
La secousse sud-africaine que l’Algérie préfère ignorer
La presse algérienne est restée muette sur un événement pourtant de taille : le ralliement du parti sud-africain Umkhonto we Sizwe (Spear of the Nation) à la cause marocaine. Ce parti, dirigé par l’ancien président Jacob Zuma, a intégré dans ses programmes politiques un soutien explicite à l’unité territoriale du Maroc, y compris sur la question du Sahara. Il considère désormais le plan d’autonomie marocain comme la voie de sortie politique légitime.
Ce tournant est majeur. Ce parti est aujourd’hui la troisième force parlementaire du pays et pourrait diriger le prochain gouvernement. À travers cette évolution, c’est tout l’échiquier diplomatique en Afrique australe qui pourrait se rééquilibrer. D’autant que Jacob Zuma, en visite au Maroc, a été reçu par le ministre des Affaires étrangères Nasser Bourita – une rencontre rendue possible fort probablement par un feu vert implicite du pouvoir sud-africain. Cela indique sans doute une inflexion des relations entre Pretoria et Rabat, via le prisme saharien.
La diplomatie marocaine, entre conviction et pragmatisme
Le Maroc n’a pas eu besoin de slogans ou d’agit-prop pour obtenir ce basculement. Il a simplement persisté dans sa ligne diplomatique, bâtie sur la constance, la légitimité et la coopération. Des initiatives comme l’Alliance atlantique, tournée vers les pays du Sahel et les rivages atlantiques de l’Afrique, ou le gigantesque projet du gazoduc Nigéria-Maroc, viennent donner une réalité concrète à cette vision. Lors de la dernière réunion technique à Rabat, les avancées enregistrées ont confirmé la solidité de cette stratégie à long terme.
Face à cette dynamique, l’Algérie réagit en multipliant les gesticulations. Elle active ses relais à l’étranger, finance des prises de position sans lendemain, et donne de l’écho à des figures marginales et anachroniques comme John Bolton. Cet ancien conseiller de Donald Trump, qui a déjà échoué alors qu’il était en fonction à faire changer d’avis à la Maison Blanche sur la question, s’est récemment converti à la défense du Polisario. Un revirement peu crédible, totalement en décalage avec les positions dominantes au sein de la communauté internationale, y compris aux États-Unis.
Il est temps pour l’Algérie de sortir de l’impasse qu’elle a elle-même créée. Aucun média de propagande, aucune manœuvre sportive, aucun lobbying ne saurait inverser le cours de l’Histoire. Le Maroc a consolidé ses positions. Il a gagné la bataille du droit et celle du terrain. Reste à l’Algérie de l’admettre – pour enfin commencer à bâtir un avenir commun, au lieu de gaspiller un demi-siècle supplémentaire à courir après une chimère.