Rencontre de Madrid sur le Sahara : la seule information certaine est… le silence officiel du Maroc ! – Par Abdelhamid Jmahri

Rencontre de Madrid sur le Sahara : la seule information certaine est… le silence officiel du Maroc ! – Par Abdelhamid Jmahri

Massad Boulos, haut conseiller du président américain pour l'Afrique, les affaires arabes et le Moyen-Orient à l’issue de sa visite en Algérie

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Des rumeurs ont évoqué la tenue à Madrid d’une rencontre réunissant le Maroc, l’Algérie, le Polisario et la Mauritanie sous supervision américaine. Abdelhamid Jmahri en explore les contours, mais faute de confirmation officielle, il tranche pour la circonspection et la prudence.

Abdelhamid Jmahri

Des informations issues d’une source contestée

Samedi puis dimanche, des informations concordantes ont circulé à propos d’une réunion portant sur le Sahara. Leur origine remonte à un article du journaliste Ignacio Sambrero publié dans Confidencial et repris par plusieurs médias. Or, celui-ci est peu réputé pour livrer des analyses favorables au Maroc, ce qui rapproche davantage son texte d’une fuite que d’une information vérifiée.

De plus, aucun acteur officiel n’a confirmé l’existence d’une telle rencontre. Dans ces conditions, analyses et commentaires apparaissent prématurés, la priorité étant d’abord à la vérification de l’information.

Conséquence : il aurait d’abord fallu vérifier l’information avant de la commenter et d’en tirer des analyses, même prospectives. Dès lors, quels sont les éléments certains sur lesquels on peut s’appuyer ? Nous en arrivons ici aux faits établis dans l’actualité récente.

Les contradictions du Polisario

Parmi les éléments vaguement tangibles figurent les communiqués du Polisario, marqués par des contradictions flagrantes. Dans sa déclaration du 5 février 2026, le mouvement affirme ne pouvoir en aucun cas se substituer au peuple sahraoui dans la décision finale sur son avenir. Mais, dans le paragraphe suivant, il se présente comme le représentant légitime et unique prêt à assumer sa part de la facture de la paix.

Cette ambiguïté - se substitue-t-il ou non ? Représente-t-il ou non ? -  traduit une stratégie d’atermoiement, consistant à gérer la tempête jusqu’à ce qu’elle passe.

L’inchangée position algérienne


Depuis la résolution du 31 octobre, l’Algérie n’a engagé aucune démarche concrète allant dans le sens de son application. Les déclarations récentes de son président, se présentant tour à tour comme observateur, neutre ou facilitateur, confirment une gestion rituelle ondée sur la manœuvre et la prudence plutôt que sur une implication directe et effective.

L’approche marocaine

Le Maroc, pour sa part, demeure attaché à une acceptation explicite par les parties concernées d’entrer dans les détails du projet d’autonomie. Or cette étape n’a pas encore été franchie. Rabat suit l’évolution du dossier sans être tenu d’être le seul à proposer des concessions, notamment après la résolution 2797 et ce qu’elle implique pour la clôture du différend.

La seule donnée récente et fiable réside dans le communiqué conjoint Maroc-Union européenne, où l’UE salue la volonté marocaine de préciser la mise en œuvre de l’autonomie dans le cadre de la souveraineté nationale, conformément au discours royal.

Une concertation avec les partenaires

Il est probable que le Maroc ait partagé les actualisations de son initiative avec ses partenaires, notamment l’Espagne, compte tenu des liens du dossier avec les modèles d’autonomie existants dans l’environnement régional. L’article 11 du projet souligne d’ailleurs que l’initiative s’inspire des propositions pertinentes des Nations unies et des dispositions constitutionnelles en vigueur dans des pays proches géographiquement et culturellement.

Ainsi, concernant la supposée rencontre de Madrid, l’unique information confirmée demeure le silence officiel marocain.