Réplique de Abdelhamid Jmahri à un “repu vêtu” devenu ‘’bouffon constitutionnel’’

Réplique de Abdelhamid Jmahri à un “repu vêtu” devenu ‘’bouffon constitutionnel’’

Pourquoi voulez-vous, M. Benkirane, qu’on vous “dénonce” à l’État, alors même qu’elle vous sert une pension alimentaire à vie, une cuillère en or à neuf millions par mois, sans compter la limousine, son carburant, son chauffeur, et pour vous des bodygardes.

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Jusqu’où serait tombé Abdellah Benkirane sans le vernis religieux qui lui sert d’alibi moral ? s’interroge Abdelhamid Jmahri directeur du quotidien Al Ittihad Al ichtiraqui. Malgré ses lectures proclamées du Coran, de la Sîra et d’Ibn Taymiyya, Benkirane sombre, écrit Jmahri dans un discours d’une vulgarité abyssale, se drape de victimisation et de patriotisme frelaté pour masquer une chute éthique assumée. La riposte qui suit ne vise ni l’homme ni son rang, mais l’inacceptable qu’il incarne : l’attaque contre la dignité, l’institution, et la mémoire des luttes — le tout, aux frais de l’État qu’il insulte et dont il mange chaque jour à la table.

Jusqu'où Abdalilah Benkirane aurait-il sombré sans le vernis religieux ? Si Benkirane, malgré ses prétentions à la lecture du Coran, sa connaissance de la Sîra prophétique, et son inspiration tirée de la vie d’Ibn Taymiyya, en est arrivé à un tel degré de déchéance morale… la question fait bien plus que se poser, s’impose : quel aurait été son comportement s’il n’avait pas eu accès à tout ce savoir ? Je dis cela et je pense à tous les détenus de droit commun, aux malades mentaux et psychopathes enfermés dans des geôles à vie.

Du venin sous le miel de l’évocation royale

  1. Abdalilah Benkirane, vous avez inoculé votre venin dans le miel d’une référence au Roi, pendant que vous vous en preniez à ce pauvre serviteur devant Dieu en quête du pardon divin, insinuant que je pourrais vous faire jeter en prison pour une simple expression d’opinion ! Oubliant que lorsque le spectre de la prison réelle s’est dressé devant vous, on vous a vu trembler et paniquer — ce que vous avez d’ailleurs reconnu vous-même, sans torture ni contrainte …

Pourquoi voulez-vous qu’on vous “dénonce” à l’État, alors même qu’elle vous sert une pension alimentaire à vie, une cuillère en or à neuf millions par mois, 108 millions par an, bientôt un milliard depuis que vous avez été gentiment mis à la retraite. Sans compter la voiture, son carburant, son chauffeur, et pour vous des bodygardes et un gardiennage permanent de votre domicile. Vous êtes-vous une seule fois amusé à additionner combien vos pitreries finissent par coûter au trésor de l’État ? Donnez-moi un seul exemple d’un “héros” avant vous à qui cela est arrivé et d’être "dénoncé" à cet État qui le choie !

L’envie de répondre, puis l’effort de se retenir

Je ne nie pas qu’en moi, la colère m’a poussé à chercher ce qui pourrait faire mal à Benkirane, à dénicher ce qui susciterait le rire à ses dépens. J’ai pensé à établir un lien entre son parcours douteux, sa fonction actuelle et son comportement récidiviste d’un incurable impénitent.

Une voix intérieure m’a suggéré : “Celui qui t’accuse de turpitude mérite qu’on l’appelle le grand dénonciateur de son parti !” Puis je me suis ravisé, cherchant refuge contre les sobriquets et les insultes auprès du Tout Puissant. Mais cette même voix m’a aussi soufflé : celui qui fulmine à chaque fois qu’il entend parler des socialistes, chaque fois qu’il se souvient de sa sortie du paradis gouvernemental en 2016, puis de celui de l’opposition en 2021, ne te rappelle-t-il pas cet homme, du temps du Prophète — paix et salut sur lui — qui louvoyait face à la mission prophétique car elle l’avait privé du “règne sur Médine” ? Cet homme devenu dans L'Histoire une figure emblématique, que l’on nommait “fils de Salûl” [Abdallah Ibn Ubayy ibn Salûl], chef des hypocrites en l’occurrence.

Benkirane mériterait alors, par analogie, le surnom de “Abdalilah Ibn Salûl”, tant les similitudes entre les deux sont flagrantes. Mais je reviens à Dieu, maudis Satan et sollicite le Très-Haut contre les démons de mon âme. Et je me suis convaincu de dire : “Dieu, dans Sa sagesse, a voulu que cette grande épreuve soit contenue dans son propre nom : Abdalilah Benkirane, afin qu’il soit, aujourd’hui comme demain, ce qu’il est dans le Maroc d’aujourd’hui.” Et nul ne repousse la volonté divine.

Un devoir moral envers le parti et ses membres

J’ai hésité à répondre, car je garde pour de nombreux membres de son mouvement et de son parti une véritable affection, une fraternité sincère que seul le Connaisseur de l’invisible et de la métaphysique peut mesurer. Mais l’homme a nui à ce pauvre serviteur de Dieu, membre d’un parti et journaliste responsable de son journal. Il m’a été alors moralement d’une nécessité impérative de réagir, non pour moi-même, mais pour défendre ces deux qualités — l’appartenance au parti et l’engagement rédactionnel — qui sont un héritage militant partagé avec toutes les militantes et tous les militants socialistes. Il ne m’est pas permis de pardonner les insultes publiques à l’encontre de qualités qui ne sont pas la propriété d’un seul homme.

Une publication banale... devenue prétexte

Tout a commencé ce 2 juin, par la publication d’un simple statut sur Facebook, disant :

“Je suis convaincu que Sa Majesté le Roi peut tolérer qu’on l’attaque personnellement, mais jamais que l’on porte atteinte aux institutions de la défense de l’État, telles que l’armée ou la sécurité… Il n’a pas cédé devant la France, pourtant puissante. Jouer avec le feu n’est pas du courage : c’est de la provocation et de la perdition.”

Plus de cent internautes ont réagi, chacun selon sa lecture. Certains ont profité de l’occasion pour vomir leur haine habituelle. D’autres ont répondu avec sérénité et discernement. Il est établi que certains ont lié cette publication aux propos de Benkirane, que j’ai entendus par l’intermédiaire d’un confrère journaliste à qui j’avais demandé de vérifier. Il m’a confirmé, ajoutant, à toute fin utile, que “le sujet ne lui est pas exclusif”. Et pour moi, le sujet était clos.

Certains se sont même indignés que j’aie pu dire que le Roi pourrait tolérer qu’on l’insulte, mais pas qu’on insulte les institutions. À ceux-là, j’ai rappelé cette anecdote racontée par l’ancien ministre de la Justice, Mustapha Ramid, aux journalistes invités chez lui, lors d’une remise en liberté de détenus, dont certains journalistes. Le ministre avait rapporté que le Roi lui avait dit : “Si le journaliste Untel m’avait attaqué personnellement, je lui aurais pardonné. Mais il a attaqué les institutions.”

Une mise en scène héroïque… ou une fuite ?

Ce type de réaction posée, éthique et lucide a peut-être encouragé ce secrétaire général d’un parti politique, connu pour ses verbiages, à s’en prendre à un simple citoyen : ce pauvre serviteur de Dieu. Il a déclaré :

 “Ils continuent à m’attaquer. Moi en particulier. Que veulent-ils me faire ? Qu’ils fassent ce qu’ils veulent ! La dernière campagne contre moi, j’ai dit à elhajja (son épouse NDLR) - allez lui demander au téléphone- : prépare-moi mes affaires. Si je dois aller en prison, que je sois prêt. Et je dis à ces délateurs — oui, à ce groupe de dénonciateurs qui, malheureusement, comptent aussi un membre d'un parti, publiant même une chronique quotidienne — celui-là n’a-t-il pas honte ?! Peut-être l’a-t-il fait depuis la Mecque, pour me dénoncer ! Mais il n’y a nul besoin de me dénoncer. Le jour où je devrais payer, je le ferai. Le jour où j’ai dit à Sa Majesté : Oui, Majesté ! Même si vous me mettez en prison, je suis avec vous. La politique, c’est aussi le sacrifice pour la vérité. Nos frères à Gaza le savent bien (…) !”

L’adresse n’était pas inconnue et l’attaque m’est arrivée alors que j’étais en circumambulation autour de la Kaaba à la Mecque. Un fois mon rituel terminé, j’ai réalisé que le monsieur se construit l’image d’un héros poursuivi par des espions, hanté par des fantômes, persécuté par la horde. Je me suis dit que c’était là sa manière habituelle d’évacuer sa lâcheté, dès qu’il doit assumer les conséquences de ses actes ou de ses échecs.

Abdellah Benkirane, qu’il soit chef de gouvernement ou de parti, sait parfaitement qu’il a été l’objet de mes articles, nommément et explicitement. J’ai écrit sur lui des dizaines de fois. Un billet de plus ou de moins n’aurait rien changé. Ce qu’il ignore, c’est que je n’ai même pas écrit un article cette fois, mais un simple post, malgré la gravité du sujet : les institutions.

Et s’il croit vraiment avoir “exprimé une opinion”, son agitation, elle, indique qu’il est bien conscient d’avoir commis une offense. Sa réaction impulsive, mêlée à l’autovictimisation, en est la preuve.

Et puisque la porte du débat est ouverte, je lui demande : était-ce vraiment une opinion ? Ou as-vous lancé une fatwa sur ce qui est licite et illicite religieusement ?

La blessure des mots : une dignité offensée

Est-ce que ses mots m’ont blessé ? Assurément que oui. Comme tout homme digne, tout militant sincère, tout Marocain fier de lui-même. La bassesse — fût-elle passagère — indigne, même lorsqu’elle vient d’un ancien chef de gouvernement, surtout quand elle vient d’un ancien chef de gouvernement. J’ai dit, en toute conviction : « Cet homme-là a qualifié le martyr Omar Benjelloun de “chien galeux” ». Alors, cher compagnon d’Omar, qu’est-ce que cela peut bien te coûter que son ignominie, à travers mon humble personne, s’exerce une fois encore sur toi, toi l’homme simple, ordinaire, vivant là-haut, hôte du Miséricordieux ?

PS entre parenthèse : (Ceux qui auront entendu l’exubérant phraseur auront remarqué l’ironie avec laquelle il parle du pèlerinage, dont, pourtant, lui et ses semblables font une rente politique.)

Le silence du lion et le vacarme du chien

J’ai pensé qu’il vaudrait mieux répondre par le silence, à l’image de l’imam Al-Châfiî lorsqu’il disait :

« Si l'abject parle, ne lui réponds pas. Le silence est meilleur que la réponse. Si tu lui réponds, tu le soulages. Et si tu le laisses, il s’étrangle de rage et meurt. »

Mais j’ai dû m’excuser auprès de l’imam Abu Abdallah Muhammad ibn Idris Al-Châfiî, et de la communauté des gens de la Sunna… Car je ne souhaite pas que le bonimenteur en question meure de rage : le cirque a encore besoin de lui, et son rôle de bouffon n’est pas terminé. Le noble imam insistait pourtant : « Se taire face au vil ou à l’imbécile est une noblesse, et cela préserve l’honneur. Ne vois-tu pas que le lion, silencieux, inspire la crainte, tandis que le chien aboie et n’effraie personne ? »

Je lui ai répondu : Ô Abu Idris, n’es-tu pas celui qui a également précisé : « Comme celui qui lave les habits des autres, alors que ses propres vêtements sont souillés d’impuretés » ? C’est exactement ce que fait ce bavard politique. Et c’est donc cela, ô imam, mon excuse et aussi ma réponse.

 Une lecture erronée, une paranoïa révélatrice

Mon post portait sur l’armée et la sécurité, parmi les institutions sacrées que le Roi ne tolère pas qu’on outrage, tandis qu’il peut faire preuve de clémence envers ceux qui l’attaquent personnellement. Or, au lieu de lire dans mes propos un hommage à la posture du Roi, attaché aux institutions plus qu’à son image, cet homme qui a reçu du “printemps marocain” une aubaine inespérée le propulsant chef du gouvernement, ce dont, de son propre aveu, il n’a même jamais rêvé, a préféré y voir une attaque personnelle. Il s’est imaginé visé, croyant — dans son délire narcissique — que “chaque cri l’interpelle”. Pourtant, les manœuvres militaires (Lion africain soit dit en passant) n’étaient pas au cœur de mon post.

Qu’a donc dit le discoureur sur la sécurité, pour se croire la cible de mon post ? Rien. C’est sa propre fragilité psychologique qui a surgi, l’amenant à m’accuser de délation. Une accusation démesurée, proférée avec une langue de fer. C’est le syndrome bien connu de ceux que le Coran décrit dans la sourate Al-Ahzab (verset 19) : “Ils sont lâches tant que dure la peur, puis deviennent soudainement courageux une fois le danger passé.”

Une défense des institutions, et non une attaque contre un homme

Mon statut sur Facebook dénonçait une attaque contre les institutions. Les défendre, c’était défendre la patrie, dans un climat de cabale calomnieuse. Il ne s’agissait nullement de cibler ceux qui les attaquent, mais bien de rappeler leur intangibilité. Mais le bavard constitutionnel a préféré y voir une allusion personnelle, se posant en héros d’un roman dont il n’a jamais écrit les premières lignes, ni n’en a jamais possédé les qualités.

On le disait “animal politique” ? Si cela avait été vrai, Il aurait été plus logique qu’il défende les traditions du débat public, la noblesse du verbe, les règles du vivre-ensemble. Or je n’ai jamais employé la moindre expression portant atteinte à sa personne, même lorsqu’il déploie toute sa déchéance verbale contre moi.

Au lieu d’élever le discours politique, de nous enseigner l’art de débattre, d’interpréter la Constitution — ce pour quoi il était jadis mandaté — il a de plus en plus tendance à préférer le registre des rues, des bains publics, des commères : bref, ce qu’il maîtrise le mieux, la vulgarité.

Comme le disait Al-Mutanabbî : « Chacun ne donne que ce qu’il a appris de lui-même ( لِكُل امْرئٍ من نَفْسِه ما تَعَوَّدَ). » Et lui, formé à la délation, ne pouvait parler que ce langage. Son lexique ne connaît que ce mot : “chkam” (mouchard).

L’usage honteux d’un terme dévoyé

Le “chkam”, dans son sens originel, désigne celui qui rapporte une information secrète, un renseignement confidentiel ou une manigance, connue de lui seul ou d’un petit cercle, à une personne ou à autorité intéressée. Ce  qui n’est  pas le cas de son propos tenu publiquement, revendiqué haut et fort, et répété devant témoins.

Comment Benkirane ose-t-il déclarer une position en public, s’en vanter, s’en prévaloir devant Dieu, le Prophète et la communauté des croyants, la répéter devant les foules… puis considérer qu’un simple commentaire à son sujet constitue une délation ?

Il y a chez moi un vrai sentiment de tristesse : malgré toute son expérience et connivence avec les services d’intelligence à l’époque de Kholti et Basri, il n’a toujours pas compris ce qu’est une véritable dénonciation ? C’est pourtant cela qui l’a propulsé : “chkam...yin”, le mouchard en chef d’un grand parti national.

Le ridicule d’un homme du pouvoir qui se plaint de l’État

Ce serait là une première : un citoyen ordinaire, travaillant pour assurer sa dignité même après l’âge de la retraite, serait accusé de dénonciation contre une “épave de l’État” qui perçoit chaque mois une pension de 9 millions de centimes, bénéficie d’une voiture, de gardes du corps, d’avantages… mais qui, politiquement orphelin, se considère comme une menace pour ce même État au point qu’il faudrait alerter celle-ci à son sujet ?

Et pourtant, il est le seul prisonnier des années 1980 — à l’échelle mondiale ! — à qui l’Etat de cette époque a ouvert les portes de cellules des autres détenus pour aller prêcher sa “ligne politique” (je dirais plutôt son fouillis idéologique), fondée sur la haine des militants de gauche et des démocrates.

De la calomnie contre un citoyen à l’usurpation du nom royal

Le “mouchard en chef” passe de ses insultes contre ce pauvre serviteur de Dieu à des propos sur le Roi. Et l’on comprend qu’il m’accuse d’avoir “rapporté” ses propos au Roi. Deux remarques ici :

Mes excuses à Sa Majesté pour l’avoir mêlé malgré moi à cette querelle avec un mutant politique. Et je dis à ce dernier : le Roi n’a jamais voulu que les fils de son peuple se dénoncent les uns les autres. C’est lui qui nous a affranchis des pratiques héritées de l’époque de Kholti et Basri, qui vous ont pourtant tant servi.

Pourquoi voudrait-on vous dénoncer à l’État, elle qui vous a déjà mis un collier doré autour du cou, dressé une table à vos pieds, rempli votre assiette tous les jours de l’année ? Nous ne faisons que poser une question : est-il juste qu’elle vous octroie 9 millions de centimes chaque mois pour que vous insultiez ses citoyens, que vous les accabliez de qualificatifs dégradants, eux qui se lèvent chaque matin pour gagner dignement leur pain ?

Travail, dignité et loyauté : sont-ils donc récompensés par les insultes d’un « pupille de la Constitution » politiquement orphelin ?

 Le choc de ceux qui croient encore en la morale politique

Tout citoyen ayant grandi dans la conviction que la politique est affaire d’éthique, que le Prophète (paix et salut sur lui) a affirmé que la foi ne tient que si le cœur est droit, et que ce cœur ne se rectifie que si la langue l’est aussi, ne peut que ressentir un choc profond.

Et ce choc est d’autant plus fort lorsqu’on sait que Ssi Abdalilah a consacré une grande partie de sa vie à la lecture du Coran, à l’étude de la Sunna et à la fréquentation des grandes œuvres sur la vie du Prophète. Mais alors, si tout cela n’a eu aucun effet sur sa langue ni sur son langage, comment aurait-il parlé et agi s’il n’avait pas lu toute cette œuvre ?

Ce que nous voyons aujourd’hui — cette descente dans l’invective — est déjà une décadence malgré un vernis religieux. Imaginez ce qu’elle aurait été sans ces soi-disant repères !

La menace de prison, ou le chantage du martyr volontaire

L’homme, à chaque occasion, précipite le débat vers la prison, et se plaît à se présenter en futur détenu volontaire, prêt au sacrifice, alors même qu’il sait pertinemment que la dernière chose que le pouvoir a envie de lui faire c’est de l’envoyer en prison. La vérité nous oblige à lui rappeler ceci :

Vous n’avez jamais prouvé par le passé que vous étiez capable d’héroïsme. Vous n’avez jamais démontré que la prison vous était préférable au silence sur une cause juste. C’est vous-même qui l’avez reconnu dans votre dernière interview avec notre confrère Mahdaoui — qu’Allah lui facilite l’épreuve qu’il traverse.

Voilà pourquoi l’État vous traite à la manière du poète Al-Hutay’a, qui disait dans un vers à son rival Al-Zabraqane — qui rime avec Benkirane :

« Laisse les nobles vertus, n’ambitionne point leur conquête… Reste ici, toi qui te nourris et t’habilles grâce aux autres. ( دع المكارم لا ترحل لبُغْيتها واقعد فإنك أنت الطاعم الكاسي)»

Je ne vois dans la noblesse de ce pourfendeur d’adversaires rien qui dépasse le fait de se nourrir et de se vêtir. La grandeur, vous ne pouvez la transmettre — car nul ne donne ce qu’il ne possède pas. À la rigueur, vous pouvez vous targuer d’être une incarnation littérale de la subsistance et de l’entretien, et si par malheur vous croyez croiser la grandeur d’âme un jour, transmettez-lui mes salutations… mais ne soyez pas surpris si elle ne vous reconnaît pas.

L’impudence suprême

Vous avez osé insinuer que le Roi du Maroc ne comprendrait pas votre message, qu’il aurait besoin de deux lignes explicatives d’un simple citoyen pour en saisir le sens. Quelle insolence !

Et ce n’est pas tout : vous avez aussi insinué que le Roi ferait emprisonner les gens pour un mot qu’ils auraient dit. Ce sous-entendu est plus indigne encore.

Vous êtes même allé jusqu’à dire qu’il vous jetterait en prison, mais en flagorneur faux par définition que vous resterez à ses côtés, fidèle et épris comme un serviteur adorateur. Vous cherchez donc à vous construire une image de héros persécuté, de loyal banni, de leader sacrifié dont le parcours politique serait une lente déchéance dans l’espoir d’un gain électoral.

Mais le Roi Mohammed VI est bien plus grand que vos délires de masochisme politique. Vous voulez être l’élu rejeté, le héros trahi, le prisonnier glorieux. En réalité, vous n’êtes que l’ingrat politique qui insulte ceux dont il attend l’estime.

Le courage tardif

En conclusion, nous prions Dieu de nous accorder une fin digne, et de nous inspirer le courage au moment de l’action. Le vrai courage, c’est celui de refuser la normalisation au moment décisif, pas après un an et demi, après une défaite électorale, en pleurnichant sur la récompense non reçue pour une signature tardive.

Le courage différé, celui qui s’exprime des années après les faits, a été parfaitement résumé par l’humoriste populaire Mi Lhernounia :

“Elle a attendu de vicier ses ablutions pour ramasser ses jambes. ( حتى نقضت لوضو عاد...جمعت رجليها!)” (autrement dit, trop tard pour couvrir sa vertu).

Et pour finir, rappelons cette parole divine :

« Dieu n’aime pas qu’on profère à haute voix des paroles blessantes — sauf si l’on a été lésé. Et Dieu est Audient et Omniscient. » (Sourate An-Nissa, verset 148), et qu’il couvre de Sa miséricorde Noubir Amaoui, et le récompense pour avoir répondu à ce genre de “leader” de pacotille, élevé dans les bras de la police archaïque d’une une phrase qui décrit parfaitement ce genre de personnages :

« Que de mouchards sont devenus des chefs ! », plus expressive dans sa version originale en arabe : (شحال من شكاما ولاو زوعما)

Que Dieu accepte nos circumambulations et nos pélerinages… Et qu’Il fasse de nous ceux qui ont été éduqués par la religion, et bien éduqués !