Culture
Casablanca et Ifrane au rythme des festivals entre musique, cinéma et théâtre
Tout au long de la soirée, Jessie J a multiplié les échanges avec le public, évoquant son séjour au Maroc et revenant avec émotion sur son combat contre le cancer du sein, qu'elle a assuré avoir surmonté sans jamais abandonner la musique.
Des scènes musicales de Casablanca aux planches d’Ifrane, la saison estivale confirme la vitalité de la scène culturelle marocaine. La clôture triomphale de Jazzablanca, le lancement imminent du Festival du film arabe de Casablanca et la 45e édition du Festival du Théâtre Badaoui témoignent d'une offre artistique diversifiée qui met à l'honneur la création marocaine tout en renforçant son ouverture sur les scènes arabe et internationale.
Jessie J clôture Jazzablanca en apothéose
La 19e édition de Jazzablanca s'est achevée samedi soir sur une prestation remarquée de la chanteuse britannique Jessie J, qui a offert au public de Casa Anfa un concert intense et fédérateur. Dans une ambiance électrique, l'artiste a revisité plusieurs de ses plus grands succès, de « Do It Like a Dude » à « Domino », avant de conclure avec « Price Tag », repris en chœur par des milliers de festivaliers.
Tout au long de la soirée, Jessie J a multiplié les échanges avec le public, évoquant son séjour au Maroc et revenant avec émotion sur son combat contre le cancer du sein, qu'elle a assuré avoir surmonté sans jamais abandonner la musique. À la demande des spectateurs, elle a également interprété une version acoustique de « Flashlight », offrant l'un des moments les plus émouvants de cette édition.
Avant elle, la chanteuse britannique Jorja Smith avait séduit le public avec un répertoire mêlant soul et R&B, interprétant notamment « Be Honest » et « Try Me ». Sur la Scène 21, Madison McFerrin a ouvert la soirée avant de céder la place au projet « Gnawatronic », réunissant l'artiste gnaouie Hind Ennaira et le DJ-producteur Omary autour d'une création fusionnant musique gnaouie, électro, jazz, funk et sonorités urbaines.
Hind Ennaira a salué la confiance renouvelée des organisateurs, soulignant que ce projet, né de plusieurs collaborations avec Omary, entend préserver l'authenticité du patrimoine gnaoui tout en l'inscrivant dans une orchestration contemporaine entièrement jouée en direct. Omary a, pour sa part, indiqué que leur prochain album proposera notamment une nouvelle lecture du classique « Baba Mimoun », enrichie d'influences jazz, funk et blues.
Au Parc de la Ligue arabe, la chanteuse Sara Moullablad a assuré la clôture de la programmation gratuite du festival avec un concert mêlant bossa nova, jazz et musiques africaines. Organisée du 2 au 11 juillet, cette 19e édition a confirmé Jazzablanca comme l'un des principaux rendez-vous musicaux du Royaume.
Le cinéma arabe à l'honneur à Casablanca
La capitale économique accueillera également, du 17 au 24 juillet, la 7e édition du Festival du film arabe de Casablanca, organisée par l'Association Imtidad pour la culture et le développement avec le soutien du Centre cinématographique marocain (CCM).
Le réalisateur palestinien Rachid Masharawi présidera le jury de la compétition des longs métrages, entouré notamment de la Tunisienne Najla Ben Abdallah, du Syrien Joud Saïd, de la Marocaine Hajar Krikâa et de l'Égyptien Mohamed Faraj. Le jury des courts métrages sera dirigé par l'actrice égyptienne Samah Anouar, aux côtés de la réalisatrice saoudienne Hind Al Fahhad et de l'acteur marocain Adil Abatourab.
Douze longs métrages, dont deux productions marocaines récentes, ainsi que dix-sept courts métrages de fiction et documentaires seront en compétition. Les organisateurs entendent valoriser la diversité du cinéma arabe contemporain tout en offrant une visibilité accrue aux productions marocaines sur la scène régionale et internationale.
Ifrane célèbre le théâtre et le développement
À Ifrane, le Festival du Théâtre Badaoui célébrera sa 45e édition du 15 au 19 juillet sous le thème « L'art au service du développement ».
La programmation prévoit notamment la représentation de « Ziyara » (La Visite), écrite par feu Abdelkader Badaoui et mise en scène par Karima Badaoui, ainsi que « Al Kanz » (Le Trésor), destinée au jeune public et mise en scène par Hasnaa Badaoui.
Au-delà des spectacles, le festival proposera des prestations d'Ahidous, une exposition documentaire retraçant l'histoire du Théâtre Badaoui et un colloque consacré au rôle de l'art dans le développement territorial, avec la participation de chercheurs spécialisés en culture amazighe et en sciences juridiques.
Créé en 1971 par Abdelkader Badaoui, ce rendez-vous figure parmi les plus anciens festivals de théâtre du Maroc et poursuit sa mission de démocratisation de la culture, de transmission de la mémoire théâtrale nationale et de valorisation du patrimoine artistique du Moyen Atlas.