CENSURE EUROPÉENNE DES RÉSEAUX SOCIAUX - PAR MUSTAPHA SAHA

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Censure, Anastasie, caricature d’André Gill, 1874

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Paris. Dimanche, 27 août 2023. La loi européenne, dénommée Digital Services Act, supprimant la liberté d’expression sur le web, entre en vigueur depuis le vendredi 25 août 2023. Une loi tranchante, catégorique, despotique, qui ouvre la voie à une censure sans limites. Toute information est désormais sous strict contrôle sur dix-neuf grands réseaux, AliExpress, Amazon Store, AppStore, Booking.com, Facebook, Google Play, Google Maps, Google Search, Google Shopping, Instagram, LinkedIn, Microsoft Bing, Pinterest, Snapchat, TikTok, Wikipedia, X  (Twitter), YouTube, Zalando. D’autres plateformes s’ajouteront à la première liste. Il ne restera plus sur la toile la moindre parcelle de libre expression. La censure se drape des mots trompeurs régulation, modération. L’obsession sécuritaire anéantit méthodiquement les libertés. La désinformation, en revanche, est tolérée. Le législateur la justifie. « Les fake news, c’est parfois aussi du contenu légal, bien que dommageable ».  Les mots-clés de la technogouvernance, surveillance, interdiction, prohibition. Les géants d’Internet restent, malgré tout,  maîtres des boites noires, des algorithmes, des Big Tech, des profilages, des ciblages publicitaires. Pour le commissaire européen au Marché intérieur, ancien ministre français de l’Economie et des Finances, dirigeant d’entreprises, administrateur de sociétés, « ce qui est interdit dans le monde réel l’est aussi dans le monde virtuel ». Contrôle absolu, y compris de l’imaginaire quand il ose se formuler. Tout s’espionne. Tout se perquisitionne. Tout se sanctionne. Tout se criminalise.

Le commissaire européen au Marché intérieur reconnaît, le lundi 10 juillet 2023 sur France Inter la motivation profonde : les révoltes urbaines. « La loi européenne s’appliquera lorsqu’il y aura des appels à la révolte. Les plateformes seront dans l’obligation de les effacer instantanément ». L’économiste Maxime Combes, auteur avec Olivier Petitjean du livre Un pognon de dingue, mais pour qui ? L’argent magique de la pandémie, éditions du Seuil, 2022, remarque : « L’union européenne veut instaurer une obligation d’effacer instantanément les appels à la révolte sous peine de sanctions après avoir salué, en 2011, le rôle des réseaux sociaux dans les révolutions des pays arabes ». Les internautes se transforment en délateurs. Les plateformes leur fourniront un outil  permettant de signaler facilement les contenus indésirables. Il y aura également des signaleurs de confiance sous tutelle policière.Le masque se technocratise. Le fascisme reste le fascisme.

La plateforme Pharos du ministère français de l’Intérieur veille déjà sur l’acceptabilité des contenus. L’ordre, martelé par le président, est la consigne. En France, le contrôle est assuré par l’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (Arcom), fusion, depuis janvier 2022, du Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) et de la Haute Autorité pour la diffusion des oeuvres et la protection des droits sur internet (Hadopi). La Commission nationale de l’informatique et de la liberté (CNIL) instituée en 1978, prend, selon les prérogatives qui lui sont attribuées, des décisions  appelées délibérations, qui ne peuvent être contestées que devant le Conseil d’Etat.  Il est utile de rappeler le contexte de sa création. Le 21 mars 1974, le quotidien Le Monde révèle, sous le titre « SAFARI ou la chasse aux français » un projet de fichage systématique de toute la population. « Ce n'est pas tout à fait un hasard si, à l'époque où le Journal officiel publie un arrêté créant une division de l'informatique au ministère de la justice, celui de l'intérieur met la dernière main à la mise en route d'un ordinateur puissant destiné à rassembler la masse énorme des renseignements grappillés sur tout le territoire. Ce n’est pas un hasard non plus si le projet SAFARI (Système automatisé pour les fichiers administratifs et le répertoire des individus) destiné à désigner chaque français par un identifiant, qui ne définisse que lui, maintenant terminé, est l'objet de convoitises ardentes. Une telle banque de données, soubassement opérationnel de toute autre collecte de renseignements, procure à qui la possède  une puissance sans égale. Ainsi se trouve d'évidence posé un problème fondamental, celui des rapports des libertés publiques et de l'informatique ». Pour calmer les protestations, le gouvernement crée la Commission Informatique et Liberté, qui veille sur le respect de la vie privée, des libertés individuelles et publiques. Cette commission déclare, dans son dernier rapport, avoir reçu 12 000 plaintes pendant l’année 2022. Elle se dote, par ailleurs, d’un service spécialement dédié à l’intelligence artificielle, au moment où des caméras augmentées sont prévues pour la surveillance des Jeux olympiques de Paris 2024. 

L’anonymat n’est nulle part protégé. Le ministre délégué à la Transition numérique et aux télécommunications déclare : «Il n’y a pas d’anonymat en ligne. Même derrière un pseudonyme, même derrière un avatar, chacun peut être condamné à de lourdes amendes et à des peines de prison lorsqu’il appelle à la violence en ligne ». Les cibles sont toujours les mêmes, les grévistes,  les gilets jaunes, les écologistes, les jeunes banlieusards, les réfractaires à l’ordre établi. Le simple appel à manifester, droit constitutionnel, s’assimile à une apologie de la violence. La révolte se pénalise comme un crime. Le mardi 4 juillet 2023, le président déclare : « Nous avons besoin d’avoir d’une réflexion sur les réseaux sociaux, sur les interdictions qu’on doit mettre. Et quand les choses s’emballent, il faut peut-être se mettre en situation de les réguler ou de les couper ». Les réglementations liberticides qui se succèdent ne sont que des mises en actes de ces propos. La mise au pas des derniers réduits de contre-pouvoir est en marche. « L'être humain, certes, ne se résume pas à l'insurrection. Mais l'histoire d'aujourd'hui, par ses contestations, nous force à dire que la révolte est l'une des dimensions essentielles de l'humain. Elle est notre réalité historique. Peut-on, loin du sacré et de ses valeurs absolues, trouver la règle d'une conduite ? Telle est la question posée par la révolte » (Albert Camus, L’Homme révolté, éditions Gallimard, 1951).

Le gouvernement français présente une loi, déjà adoptée par le Sénat le 5 juillet 2023, «visant à sécuriser et réguler l’espace numérique» baptisée du sigle SREN. Le projet remet en cause la liberté  d’expression sur Internet en ordonnant le blocage des sites web directement au niveau du navigateur. Les navigateurs deviennent, de ce fait, des moteurs de censure gouvernementale. La dictature numérique se proclame ouvertement. La loi prévoit des filtres et des sanctions cumulatives, des blocages rapides, des bannissements des réseaux sociaux. L’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique peut ordonner le déréférencement des moteurs de recherche et prononcer de lourdes amendes. Une base rassemble l’ensemble des sites considérés comme suspects. Les dénonciations sont encouragées. Des médias étrangers peuvent être contraints d’arrêter leur diffusion sur le territoire français dans les soixante-douze heures. Le gouvernement applique au numérique la censure préalable pratiquée par le Second Empire.

Retour en force de la censure. La censure, du latin censere, désigne à l’origine, une institution romaine chargée d’évaluer, tous les cinq ans,  le nombre de citoyens, de leur répartir des privilèges en fonction de leur richesse, d’exclure les individus jugés de mauvaises mœurs. Depuis le Moyen Âge, la censure est le nom d’un organisme officiel qui délivre ou refuse une autorisation préalable à la publication d’un texte, la sortie d’un film, la représentation d’un spectacle.  Au XVIème et XIIème siècle, le pouvoir royal et l’autorité religieuse utilisent la censure pour contrôler la vie culturelle, le travail intellectuel, la diffusion des livres. Pendant des siècles, la censure est de bonne ou de mauvaise réputation selon qu’on l’instrumentalise ou qu’on la subit. Victor Hugo, défenseur inépuisable de la liberté d’expression, lui règle son compte une fois pour toutes. « La censure est mon ennemie littéraire. La censure est mon ennemie politique. La censure est improbe, malhonnête et déloyale. J'accuse la censure » (Victor Hugo, Correspondance 1830). « La censure à l'haleine immonde, aux ongles noirs / Cette chienne au front bas qui suit tous les pouvoirs / Vile, et mâchant toujours dans sa gueule souillée / Ô muse ! Quelque pan de ta robe étoilée ! » (Victor Hugo, A Alphonse Rabbe in Les Chants du crépuscule, 1836).

Au moment où j’écris sur le phénomène de la censure, je trouve, chez un bouquiniste des quais de Seine, une copie de l’hebdomadaire satirique L’Eclipse, fondé en 1868 et disparu en 1876. Le dessinateur Louis-Alexandre Gosset de Guines (1840-1885), dit André Gill, donne en 1874, un visage et un nom à la censure, sous les traits d’une vieille harpie, acariâtre, hargneuse, armée d’énormes ciseaux. Une chouette, symbole de puissances obscures, de superstitions toxiques, de maléfice, campe sur son dos. Le libraire républicain François Polo, éditeur de pamphlets contre Napoléon III, fonde, en 1865,  le journal La Lune, interdit par la censure deux ans plus tard. La plaisanterie « La lune subit une éclipse » inspire le titre du journal suivant. Les trois journaux La Lune, L’éclipse et La Lune rousse, comportant quatre pages, avec une gravure sur bois reproduite à la Une, souvent censurés et interdits, paraissent de 1865 à 1879. André Gill baptise Dame Censure du nom d’Anastasie. La censure préalable impose aux directeurs des journaux de présenter les caricatures à l’administration avant leur publication. La censure est supprimée en 1848 avec l’avénement de la Deuxième République, mais réapparait en décembre 1851 de manière plus drastique. Les dessinateurs doivent, outre la vérification administrative, demander l’autorisation écrite de la personne qu’ils parodient. En réaction contre cette nouvelle forme de censure, certains journaux comme DiogèneLe MasqueLe Hanneton ou La Lune, publient en dessous des portraits-charges l’autorisation écrite des personnalités représentées, qui, par cet acte,  dénoncent les atteintes à la liberté de création. La censure préalable s’exerce pendant tout le Second Empire (1852-1870) et le début de la IIIème République (1870-1940), jusqu’à la loi de juillet 1881 sur la liberté de la presse, qui suscite le lancement de centaines de journaux illustrés.

La censure est une fabrique de boucs émissaires. En décembre 2001, le ministre socialiste de l’Intérieur Daniel Vaillant porte plainte contre le juge Clément Schouler, vice-président du Syndicat de la magistrature,  le caricaturiste Placid et l’éditeur Michel Sitbon pour leur livre Vos papiers ! Que faire face à la police ?, éditions L’Esprit frappeur.  En première instance, le tribunal estime que la critique de la police « participe du nécessaire contrôle démocratique du bon fonctionnement des institutions, et spécialement de celles chargées de faire respecter la loi ». Pour le tribunal, « Le dessin de Placid, suggérant une certaine faiblesse intellectuelle derrière l’affirmation agressive d’une autorité sûre d’elle-même, relève du genre de la caricature protégée par la liberté d’expression ». Le 18 janvier 2023, les deux auteurs et l’éditeur sont condamnés en appel à des peines d’amende. La phrase incriminée : « Les contrôles au faciès, bien que prohibés par la loi, sont non seulement monnaie courante, mais se multiplient ». Trois cents caricaturistes publient un livre de soutien titré Tous coupables, aux éditions Faciès, créées pour la circonstance par quarante éditeurs de bandes dessinées. Le 19 juin 2008, la Cour de cassation annule cette condamnation. L’affaire est renvoyée devant la Cour d’appel de Rouen qui retient « l’excuse de bonne foi » et prononce la relaxe.

En octobre 2020, le ministre de l’Intérieur menace publiquement l’artiste italien Paolo Cirio de poursuites judiciaires s’il ne retire pas d’une exposition son œuvre Capture, qui dénonce la reconnaissance faciale. Le Centre d’art de Tourcoing cède aux pressions policières et déprogramme Capture de l’exposition «Figure de l’artiste. Sa part de vigilance, de voyance, de veille, d’éveil ». L’activiste, axant son travail sur la surveillance numérique, retourne le procédé contre ses auteurs en affichant, sur son site internet et dans les rues parisiennes, des photos de policiers glanés sur le web. Paolo Cirio, se sentant menacé, quitte le territoire français. « Premièrement, on peut tromper l’appareil, aussi obstiné soit-il. Deuxièmement, on peut introduire clandestinement dans son programme des intentions humaines qui n’y étaient pas. Troisièmement, on peut contraindre l’appareil à produire de l’imprévu, de l’improbable, de l’informatif. Quatrièmement, on peut mépriser l’appareil ainsi que ses productions. Être libre, c’est jouer contre les appareils » (Vilém Flusser (1920-1991),  Pour une philosophie de la photographie, éditions Circé, Paris, 1996).

Les grands réseaux sociaux pratiquent souvent la censure sur des critères arbitraires, absurdes, aberrants. Facebook supprime L’Origine du monde de Gustave Courbet, la Vénus de Willendorf, figurine plantureuse et nue en calcaire de onze centimètres de hauteur représentant la fertilité, chef-d’œuvre du paléolithique, âgée de trente mille ans. Facebook finit par s’excuser en expliquant maladroitement : « Notre politique n’autorise pas la nudité suggérée, mais nous faisons des exceptions pour les statues ». Le réseau social expurge, à tout bout de champ, en méconnaissance de cause, des oeuvres d’art consacrées, le peintre allemand Gerhard Richter (né en 1932), Edvard Eriksen (1876-1959), sculpteur de La Petite Sirène dans le port de Copenhague en 1913, Evelyne Axell (1935-1972), née Evelyne Devaux, figure belge du pop art. Le triptyque Joli mois de mai d’Evelyne Axell, peint en 1970, évoque Mai 68. Au centre, en plexiglas, une groupe de jeunes dénudés. Une jeune femme debout brandit le drapeau rouge. Référence à la photographie iconique de l’aristocrate et top-modèle allemande Caroline de Bendern, surnommée par les médias la Marianne de Mai 68. Sur les panneaux latéraux, Evelyne Axell, le critique d’art Pierre Restany (1930-2003), théoricien du Nouveau Réalisme, et Evelyne Axell elle-même, nue, un pinceau à la main. Libération du corps, de l’esprit, de l’art. Facebook est pathologiquement révisionniste. Il a proscrit la photographie emblématique de la guerre du Vietnam représentant une fillette fuyant son village en flammes. Ses algorithmes exécutent ses intentions cachées.

Nos temps ont les philosophes qu’ils se fabriquent. Des intellectuels sortis de nulle part,  arborent des masques de faux mages, s’autoproclament consultants, servent la soupe aux dirigeants du moment. Des penseurs dignes de ce nom,  définitivement rebutés par l’engagement politique, se replient sur leurs cabinets comme des ermites. Leurs ouvrages circulent dans des cercles restreints. J’ai eu la bonne fortune,  aux lendemains de Mai 68 jusqu’à l’orée de ce siècle chaotique, d’être l’ami de philosophes lumineux, Henri Lefebvre, mon professeur à Nanterre, Gilles Deleuze, Jean-François Lyotard, Jean Baudrillard, Félix Guattari, Jacques Derrida, Michel de Certeau, André Gorz, Jean Duvignaud, Pierre Clastres, René Lourau, Georges Lapassade, et d’autres, Maurice Blanchot, Nathalie Sarraute, Marguerite Duras, Dionys Mascolo,  Maurice Nadeau, Claude Roy, Louis-René des Forêts qui m’ont traité, à peine sorti de l’adolescence en Mai 68, d’égal à égal dans le Comité d’action étudiants-écrivains. Quand je fais le bilan, ils ont tous disparu, à l’exception de Jacques Bellefroid que je revois encore. J’ai beau regarder autour de moi, je ne vois que désert de la pensée. Les oasis rescapées s’ignorent dans les médias. Les  universités, autrefois ouvertes, sont aujourd’hui des citadelles sévèrement gardées par des escouades de vigiles.

Que devient la philosophie ? Que peut faire la philosophie en ces temps incertains où les marketeurs affublent leurs mots dérisoires du substantif concept ? Le personnage conceptuel disparaît de l’espace public. Son simulacre occupe la place. Lire ou relire utilement Gilles Deleuze, Félix Guattari, Qu’est-ce que la philosophie ?, éditions de Minuit, 1991. «La philosophie est impopulaire. Son activité mystérieuse, repliée sur elle-même, apparaît à l’œil profane comme une occupation extravagante et dépourvue de sens pratique. Le philosophe passe pur un professeur de magie, dont les incantations semblent pleines de solennité parce qu’on ne les comprend pas. Les philosophes ne poussent pas comme les champignons. Ils sont les fruits de leur époque, de leur peuple, dont les humeurs les plus subtiles, les plus précieuses, les moins visibles, circulent dans les idées. C’est le même esprit qui édifie les systèmes philosophiques  dans le cerveau des philosophes et qui construit les chemins de fer avec les mains des ouvriers. La philosophie n’est pas hors du monde, pas plus que le cerveau n’est extérieur au corps humain. Il est sûr que la philosophie a pris contact avec le monde avant de toucher le sol avec ses pieds. Parce que toute vraie philosophie est la quintessence intellectuelle de son époque, le temps doit venir nécessairement où la philosophie entrera en contact avec le monde réel. L’entrée de la philosophie dans le monde s’accompagne des cris de ses ennemis paniqués par l’incendie allumé par les idées. Ces idées vivantes font éclater la carapace des hiéroglyphes du système établi. Ces idées se métamorphosent se métamorphosent en citoyens du monde » (Karl Marx, Editorial de la Gazette de Cologne, n° 179, Juillet 1842. Repris dans Karl Marx et Friedrich Engels, Sur la religion, éditions sociales, 1968).

« Il est dangereux de faire des reproches à l’Etat. Il se tourne vers les autorités. Ses accusations contre la liberté de la presse se transforment en accusations contre les censeurs. IL accuse les censeurs de faire trop peu de censure… Si nos yeux sont trop faibles pour supporter l’outrecuidance de la presse censurée, comment seraient-ils assez forts pour soutenir le courage de la presse libre ? » (ibidem). Démonstration en est faite pendant la crise covidaire. La recherche scientifique, à condition de s’expliquer à elle-même les contenus de ses découvertes, ne doit jamais entrer en conflit avec la parole gouvernementale. L’Etat veille sur l’impossibilité de cette explication. La science ne doit jamais s’adresser à la compréhension des masses, sinon elle perd son autorité scientifique. Elle doit juste se soumettre à ses commanditaires politiques. La population, face à une pandémie hyper-dramatisée, fait preuve d’une discipline effrayante, accepte les restrictions des libertés, les humiliations policières, avec approbation larmoyante. Les philosophes les plus clairvoyants ne convaincront jamais une population qui, dans son ensemble, se complaît dans une situation funeste.

Bio express. Mustapha Saha,  sociologue, écrivain, artiste peintre,  cofondateur du Mouvement du 22 Mars et figure nanterroise de Mai 68.  Sociologue-conseiller au Palais de l’Elysée pendant la présidence de François Hollande. Livres récents : Haïm Zafrani Penseur de la diversité (éditions Hémisphères/éditions Maisonneuve & Larose, Paris), « Le Calligraphe des sables » (éditions Orion, Casablanca).

 

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