Culture
Jazzablanca 2025 : racines africaines et horizons contemporains, la musique en partage
Le public casablancais a vécu un moment rare, porté par deux performances d’exception : Salif Keïta, icône de la musique mandingue, et le duo marocain Aïta Mon Amour, composé de Widad Mjama et Khalil Epi.
À Casablanca, la 18ᵉ édition du Festival Jazzablanca continue de faire vibrer la scène musicale africaine et internationale. Entre la grâce acoustique de Salif Keïta, la réinvention électro de la Aïta par Widad Mjama et Khalil Epi, et l’énergie planétaire des Black Eyed Peas, l’événement célèbre une musique plurielle, enracinée et ouverte sur le monde.
Salif Keïta et Aïta Mon Amour : deux voix pour une même Afrique
Dimanche soir, au cœur d’Anfa Park, le public casablancais a vécu un moment rare, porté par deux performances d’exception : Salif Keïta, icône de la musique mandingue, et le duo marocain Aïta Mon Amour, composé de Widad Mjama et Khalil Epi.
Le premier, sobre et majestueux, a livré une prestation épurée, centrée sur la voix et les cordes. Puisant dans l’âme acoustique de son album *So Kono*, l’artiste malien a fait résonner sa voix d’or, enveloppant l’assistance d’une sérénité profonde. Dans ses mots comme dans sa musique, Keïta a réaffirmé son credo : la musique comme rempart contre la haine, pont entre les peuples et appel à la paix.
À sa suite, Widad Mjama et Khalil Epi ont ouvert une autre porte de l’âme africaine, en réinventant la Aïta dans une fusion électro contemporaine. Leur performance immersive, enrichie de musiciens invités, a bouleversé les repères. Entre souvenirs populaires et sons futuristes, le duo a transformé la tradition en matière vivante, disponible pour l’imaginaire collectif.
Des artistes venus du monde entier pour une Casablanca en fête
La veille, samedi, c’est une soirée internationale qui avait enflammé le festival. Sur la scène Casa Anfa, le groupe français Caravan Palace a électrisé le public avec son électro-swing festif, entre jazz manouche et beats modernes. Premier concert au Maroc pour les Parisiens, et probablement pas le dernier, tant l’accueil du public et l’ambiance du festival les ont conquis.
Sur la Scène 21, la saxophoniste britannique Nubya Garcia a offert un set vibrant, où le jazz fusionne avec le R&B, les racines afro-caribéennes et l’expérimentation sonore. Ses compositions telles que Solstice ou Odyssey ont emporté le public dans une odyssée musicale personnelle et universelle.
Enfin, point d’orgue de la soirée : les Black Eyed Peas. Le groupe californien a revisité son répertoire planétaire avec une énergie communicative. I Gotta Feeling, Pump It, Where Is the Love… autant de titres repris en chœur par un public conquis. Ce moment pop mondial a inscrit Casablanca sur la carte des grandes scènes internationales.
Un festival fidèle à son esprit : partage, ouverture, ancrage
Au-delà des têtes d’affiche, Jazzablanca continue de faire place aux scènes émergentes. Au parc de la Ligue arabe, la scène Nouveau Souffle accueille des concerts gratuits qui révèlent la richesse des expressions locales. Après Daraa Tribes et Soukaina Fahsi, Mehdi Qamoum, alias MediCament, a offert une performance remarquable, mêlant guembri, jazz, funk et musique amazighe.
L’édition 2025 se distingue par son aménagement intelligent : deux scènes à Anfa Park, espaces de restauration, zones de détente, tout est pensé pour une expérience fluide, inclusive et familiale. La programmation, éclectique mais cohérente, réunit les continents et les genres, affirmant Casablanca comme un carrefour musical où se tissent les fils de demain.