Culture
Le Raï révèle ses jeunes talents à Oujada, Ifrane célèbre la nature et Rabat s’ouvre à l’abstraction
Le Festival du Raï de l’Oriental a mis à l’honneur les jeunes voix marocaines à travers la finale du concours Raï Generation Talent
Musique, patrimoine naturel et création contemporaine, l’actualité culturelle marocaine se déploie à Oujda avec le concours « Raï Generation Talent », à Ifrane avec son festival international et à Rabat avec les œuvres abstraites du peintre français Jacques Gautrat.
À Oujda, une nouvelle génération de chanteurs de Raï
Le Festival du Raï de l’Oriental a mis à l’honneur les jeunes voix marocaines à travers la finale du concours « Raï Generation Talent », organisée samedi soir à Oujda. Cette initiative, consacrée à la découverte et à l’accompagnement des artistes émergents, a couronné un processus de sélection auquel ont participé des candidats issus de différentes régions du Royaume.
Le jury, présidé par l’artiste Rachid Berriah et composé de professionnels de la musique, a attribué le premier prix à Soukaina Ghalmi, originaire d’Oujda. Yazid Abderrahmane, venu de Fès, a décroché la deuxième place, tandis qu’Othmane El Idrissi, de Berrechid, s’est classé troisième. Le Prix du public, décerné à l’issue d’un vote en ligne, est revenu à Mohamed Ali Ayla, originaire d’Es-Semara.
Au-delà des récompenses financières, les lauréats bénéficieront d’un accompagnement destiné à favoriser leur insertion dans l’industrie musicale. Ils pourront se produire sur les scènes du festival aux côtés de figures reconnues du Raï, enregistrer des œuvres professionnelles et profiter d’un soutien en matière de promotion médiatique et de développement artistique.
Le concours avait reçu plus de 100 candidatures. Une première sélection a permis de retenir 32 jeunes artistes, avant qu’un groupe de 16 participants ne bénéficie d’ateliers portant sur les modes musicaux du Raï et les techniques d’interprétation. Huit finalistes ont ensuite été départagés lors de la dernière étape.
Pour les organisateurs, cette diversité géographique, allant du nord du Maroc aux provinces du Sud, témoigne de l’intérêt croissant des jeunes pour un genre musical profondément lié à l’identité de l’Oriental. Le festival entend ainsi préserver cet héritage tout en l’ouvrant à de nouvelles expressions et aux exigences de la scène contemporaine.
Ifrane conjugue création artistique et conscience écologique
Du 25 au 28 juillet, la ville d’Ifrane accueillera la huitième édition de son festival international, placée sous le thème « Parc national d’Ifrane, patrimoine naturel exceptionnel : enjeux transversaux et perspectives de développement durable ».
La manifestation ambitionne de mettre en valeur les richesses naturelles, touristiques et culturelles du Moyen Atlas, tout en sensibilisant le public aux défis de la protection des écosystèmes. Le Parc national d’Ifrane occupera ainsi une place centrale dans une programmation mêlant spectacles, débats scientifiques, activités sportives et animations pédagogiques.
Plusieurs artistes marocains sont annoncés sur les scènes aménagées à la Place de la Couronne et à la Place de la Poste. Asmaa Lamnawar, Hatim Idar, Muslim, Abdellah Daoudi, Ikram El Filali, Saida Titrit, Zina Atlas ou encore Abidat Rma figurent notamment au programme. Cette diversité permettra de réunir chanson marocaine, musique amazighe, patrimoine populaire, rap et rythmes contemporains.
La soirée de clôture sera marquée par la présentation de la « Symphonie Ahidous », devenue l’une des signatures du festival. Cette création met en dialogue les rythmes traditionnels du Moyen Atlas et des arrangements modernes, dans une démarche visant à transmettre le patrimoine immatériel aux nouvelles générations.
La réflexion environnementale occupera également une place importante. Chercheurs, responsables institutionnels, experts et représentants de la société civile participeront à des conférences et à des tables rondes consacrées à la biodiversité, aux ressources forestières et hydriques, au changement climatique et au développement durable.
Des randonnées, des courses en pleine nature, des expositions et des ateliers pour enfants compléteront le programme. Le festival entend ainsi associer découverte du territoire, activité physique et sensibilisation écologique. Il constitue aussi un levier d’animation touristique et économique pour la province, en stimulant l’hébergement, la restauration, le commerce et les services.
À Rabat, Jacques Gautrat fait dialoguer couleurs et émotions
La galerie Bab Rouah de Rabat accueille, jusqu’au 31 juillet, une exposition consacrée au peintre français Jacques Gautrat. Organisée par l’Association Ribat Al Fath pour le développement durable dans le cadre du Florilège culturel, elle réunit onze œuvres acryliques sur toile relevant de l’abstraction contemporaine.
Architecte d’intérieur et décorateur de formation, Jacques Gautrat puise ses premières influences dans l’œuvre du Caravage et des maîtres hollandais. Son parcours l’a ensuite conduit vers l’art abstrait, devenu pour lui un espace privilégié d’exploration de la couleur, du mouvement et de l’émotion.
Ses compositions se caractérisent par des équilibres subtils, des superpositions et des éclats chromatiques. La toile n’y reproduit pas le réel : elle devient un espace imaginaire, organisé par le geste et le rêve. Inscrites dans le registre de l’abstraction lyrique, ses œuvres invitent le spectateur à construire sa propre interprétation.
L’exposition revêt également une dimension de dialogue culturel entre le Maroc et la France. Elle illustre la capacité de l’art à dépasser les frontières et à rapprocher les sensibilités, en faisant de la création un langage commun.