Culture
Le Maroc en culture : le cinéma au féminin à Salé, les œuvres de Binebine à Washington, Rabat expose Bouhamidi et accueille l’art de la Gastronomie
Les œuvres de Bouhamidi, aux contrastes puissants, capturent la lumière et interrogent le statut de la femme
Entre lumière des projecteurs et éclat des couleurs, Salé et Rabat ouvrent l’automne au rythme de la culture. La 18e édition du Festival international du film de femmes a ouvert ses portes, Mahi Binebine voit son œuvre consacrée par deux prestigieux musées américains, Rachid Bouhamidi présente une exposition qui relie mémoire et identité, tandis que Rabat se prépare à accueillir le tout premier Festival international de la gastronomie solidaire.
Salé au cœur du cinéma féminin
Lundi soir, le cinéma Hollywood de Salé s’est transformé en écrin pour le coup d’envoi de la 18e édition du Festival international du film de femmes (FIFFS), placé sous le Haut Patronage de Sa Majesté le Roi Mohammed VI. Du 22 au 27 septembre, la ville accueille cinéastes, actrices, critiques et amateurs de cinéma pour une célébration dédiée aux regards féminins sur le monde.
Le président de l’Association Bouregreg, Noureddine Chmaou, a rappelé que ce festival n’est pas seulement un rendez-vous artistique, mais un acte de foi en la culture comme levier d’émancipation et d’ouverture. Il a insisté sur la nécessité de maintenir un calendrier régulier et d’innover à chaque édition pour garder l’événement vivant et pertinent.
L’actrice Bouchra Ahrich, marraine de cette édition, a mis en avant l’importance d’un cinéma accessible au grand public et de la place de ce festival dans le renouveau urbain et culturel de Salé. Les espaces de projection se multiplient, et un écran géant a été installé au cœur de la médina pour rapprocher les habitants de la magie du grand écran.
La cérémonie d’ouverture a été ponctuée d’hommages vibrants : Souad Nejjar pour l’ensemble de sa carrière, Farah El Fassi pour son parcours remarquable, et l’actrice égyptienne Hanan Motawie pour sa contribution au cinéma et au théâtre. La journaliste Sabah Bendaoud a également été distinguée pour trois décennies de service à la culture cinématographique.
Mahi Binebine, consécration à l’international
Sur la scène internationale, l’art marocain rayonne. Les œuvres de Mahi Binebine ont rejoint les collections du Smithsonian National Museum of African Art de Washington D.C. et du Pérez Art Museum Miami (PAMM). Ces acquisitions confirment l’importance de son œuvre dans le panorama de l’art contemporain africain et diasporique.
Ses toiles, aux couleurs denses et aux silhouettes expressives, abordent des thèmes universels tels que la migration, l’injustice ou la résilience. Dans un communiqué, l’artiste s’est dit honoré de voir ses œuvres exposées aux côtés de celles d’artistes qu’il admire, soulignant le rôle de ces musées dans la valorisation des voix africaines.
Déjà présent dans les collections du Guggenheim à New York, du Musée Mohammed VI à Rabat et de l’Institut du Monde Arabe à Paris, Mahi Binebine continue d’étendre la portée de son œuvre au-delà des frontières.
"Sanctuary Kingdom" : un retour aux origines
Du 2 octobre au 3 novembre, la Fondation Hassan II pour les Marocains résidant à l’étranger accueille à Rabat l’exposition "Sanctuary Kingdom" de Rachid Bouhamidi. Né à Palm Springs en 1981 d’un père marocain et d’une mère française, l’artiste a choisi la peinture comme langage pour renouer avec ses racines.
Ses œuvres, aux contrastes puissants, capturent la lumière et interrogent le statut de la femme, tout en exprimant un attachement profond au Maroc. « Cette exposition représente l’aboutissement de mon désir de renouer avec le pays de mon père », confie-t-il.
Diplômé de la School of the Art Institute de Chicago et titulaire d’un master de l’Université de Boston, Bouhamidi a exposé aux États-Unis, en Europe et au Maroc, construisant un pont artistique entre ses identités multiples.
## Rabat se met à table pour la solidarité
La culture ne se limite pas à l’image ou à la toile : elle se déguste aussi. Samedi, la Bibliothèque Nationale du Royaume du Maroc sera le théâtre du premier Festival international de la gastronomie solidaire (FIGS 2025). Plus de 30 pays seront représentés à travers leurs cuisines, transformant Rabat en une mosaïque sensorielle.
Placé sous l’égide du ministère de la Solidarité et organisé par le Cercle Diplomatique, cet événement vise à célébrer le dialogue interculturel et à collecter des fonds pour des projets sociaux dans tout le Royaume. Chaque plat dégusté deviendra ainsi un geste concret de solidarité.
Le festival sera également un lieu de rencontres, où diplomates, chefs et visiteurs échangeront autour des saveurs du monde. Pour le Cercle Diplomatique, qui rassemble des épouses d’ambassadeurs et représentantes d’organisations internationales, cet événement illustre le rôle de la gastronomie comme passerelle universelle entre les peuples.