Culture
Le Maroc en Culture : musique, artisanat, industries créatives et art contemporain, les faits de la semaine
À Genève, La Galerie 38 a inauguré son exposition « GEOMETRIE S », un événement phare de la Geneva Art Week, qui réunit quatorze artistes autour de l’abstraction géométrique.
Rabat célèbre l’héritage de Carlos Paredes
La capitale marocaine a résonné jeudi soir des sonorités envoûtantes du fado. Au Théâtre National Mohammed V, la 8e édition du « Fado Festival Maroc » a rendu un hommage vibrant à Carlos Paredes, guitariste de légende qui a transformé la guitare portugaise en instrument soliste, lui donnant une dimension universelle.
Ce concert-hommage, réunissant le guitariste Luis Guerreiro et la chanteuse Beatriz Villar, a transporté le public dans l’univers poétique et mélancolique du fado. Paulo Soares, musicien et conférencier, a animé une conférence retraçant le parcours de Paredes, son génie technique et son rôle de passeur entre tradition et modernité. Paredes, surnommé « l’homme à la guitare portugaise », a su introduire de nouvelles techniques sur les guitares de Coimbra et de Lisbonne, ouvrant la voie à un jeu plus expressif et narratif.
Au-delà du concert, cette soirée fut une plongée dans l’âme du Portugal. Les participants ont découvert comment Paredes, avec des albums emblématiques comme « Guitarra Portuguesa » et « Movimentos Perpétuos », a permis au fado de franchir les frontières et de dialoguer avec d’autres musiques du monde. Rodrigo Costa Félix, producteur du festival, a souligné que Rabat a été choisie pour la qualité de ses infrastructures culturelles et son rôle croissant dans la diplomatie culturelle. Cette 15e édition mondiale du Fado Festival sillonnera 18 villes d’Europe, d’Afrique, d’Amérique latine et d’Asie, confirmant la vocation universelle de cet art.
Agadir, vitrine de l’excellence artisanale
Pendant ce temps, la ville d’Agadir se prépare à accueillir le 26 septembre la cérémonie de remise du Prix national des meilleurs artisans, un rendez-vous incontournable pour le secteur. Sous le Haut Patronage de SM le Roi Mohammed VI, cette neuvième édition vise à récompenser les artisans qui excellent dans la préservation et l’innovation des savoir-faire marocains.
Ce prix s’inscrit dans le cadre de la stratégie nationale de mise à niveau de l’artisanat, un secteur qui emploie plus de deux millions de personnes et représente un pilier de l’économie sociale et solidaire. L’événement sera ponctué d’hommages à des figures ayant contribué au rayonnement de l’artisanat et accompagné par un salon installé sur la corniche d’Agadir, offrant une vitrine vivante des métiers d’art.
En mettant en avant les artisans les plus créatifs, le Royaume cherche à inscrire ces métiers dans une dynamique de modernisation, à favoriser l’accès aux marchés internationaux et à encourager les jeunes à s’approprier cet héritage.
La culture comme levier de développement
À Skhirat, un colloque international consacré aux industries créatives et culturelles (ICC) a réuni universitaires, artistes, entrepreneurs et décideurs. André Azoulay, Conseiller du Roi et président de l’Académie internationale de la francophonie scientifique, a rappelé que la culture marocaine, dans toutes ses expressions, joue un rôle de premier plan dans le développement humain et économique.
Il a souligné que le leadership culturel royal a permis de placer le Maroc parmi les pays les plus dynamiques de l’espace francophone, où les festivals, musées et centres artistiques se multiplient. L’annonce de la tenue en 2026 du Sommet mondial des villes créatives à Essaouira confirme cette position.
Le recteur de l’Agence universitaire de la francophonie, Slim Khalbous, a ajouté que les ICC représentent aujourd’hui l’un des secteurs qui génèrent le plus de richesse et d’emplois au niveau mondial. Pour lui, le Maroc a su conjuguer ses traditions séculaires et l’innovation créative, devenant un laboratoire d’expérimentation culturelle pour tout l’espace francophone.
Genève met en lumière l’abstraction géométrique marocaine
Au-delà des frontières, la présence artistique marocaine rayonne. À Genève, La Galerie 38 a inauguré son exposition « GEOMETRIE S », un événement phare de la Geneva Art Week, qui réunit quatorze artistes autour de l’abstraction géométrique.
Les visiteurs peuvent y admirer des œuvres de grands noms historiques comme Victor Vasarely ou Julio Le Parc, mais aussi découvrir la créativité contemporaine avec deux artistes marocains en vedette : Ghizlane Agzenaï et Younes Khourassani.
Agzenaï, connue pour ses fresques monumentales et ses installations lumineuses, propose des œuvres qui jouent sur la répétition des formes et l’énergie des couleurs. Khourassani, quant à lui, explore les transparences et les strates de la matière dans une recherche où la lumière devient protagoniste. Le dialogue entre leurs œuvres et celles des maîtres européens confère à l’exposition une dimension universelle, illustrant la place de plus en plus affirmée du Maroc dans le concert des arts contemporains.
En conjuguant patrimoine et innovation, traditions populaires et scènes internationales, marque son espace comme carrefour des cultures, fidèle à son histoire d’échanges et de métissages.