« Mémoire en mouvements », l’exposition de l’artiste Mahi Binebine à Rabat

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Le peintre, sculpteur et romancier, Mahi Binebine, expose jusqu’au 27 août à Rabat, ses œuvres monumentales dans le cadre d'une exposition placée sous le signe « Mémoire en mouvements ». Cette exposition, dont le vernissage a eu lieu,  jeudi soir  27 avril, dans la Galerie « Abla Ababou », met en exergue des toiles et des sculptures, représentant des silhouettes en partance, des corps recroquevillés sur eux-mêmes, des échines courbées ou encore des hommes piétinés.  

Les œuvres de Mahi Binebine dénoncent avant tout l’arbitraire, l’enfermement et l’absence de liberté. Autant de tragédies humaines qui ont fait la signature de l’artiste. Un univers, sombre, pétri dans la matière, qu’adoucissent des couleurs lumineuses si chères au peintre.

« Les œuvres parlent. Ce sont des personnages qui racontent une certaine époque difficile », a déclaré Mahi Binebine qui trouve toujours un problème de parler de son travail.  En présentation de l'exposition, l'artiste revient notamment sur sa conception de l’art, y voyant une manière de « rendre le monde plus supportable et donner un sens à tout ce qui nous entoure, du moins en ce qui me concerne ».

« Ce moyen d’expression me donne l’impression d’exister pour quelque chose. Notre passage sur terre me paraît alors moins absurde », relève-t-il. Pour ce qui est de sa démarche, il évoque « une constance entre littérature et peinture ». « Cette démarche est le propre de bien des artistes du sud qui se sentent investis d’une mission, de redresser le tort ».

De son côté, la galeriste Abla Ababou s'est dite fière d'accueillir les œuvres monumentales de Mahi pour inaugurer son nouvel espace d'exposition, tout en saluant les qualités humaines de l'artiste de notoriété internationale.

« Derrière l’homme jovial au rire communicatif, j’ai découvert un être sensible et généreux. C’est tout naturellement qu’il m’a ouvert les portes de son atelier parisien et fait découvrir tant d’autres artistes et écrivains sur la place », ajoute la journaliste et romancière marocaine, Abla Ababou.