Pour Abdelaziz El Bouzdaini, Dakhla s’impose comme nouveau phare du cinéma africain

Pour Abdelaziz El Bouzdaini, Dakhla s’impose comme nouveau phare du cinéma africain

« L’intérêt du CCM pour cette manifestation reflète l’importance croissante de Dakhla dans le paysage cinématographique national et continental » (Abdelaziz El Bouzdaini)

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La ville de Dakhla confirme son ascension en tant que pôle cinématographique émergent. À l’occasion de la 13ᵉ édition de son Festival international du film, le Centre cinématographique marocain souligne le rôle stratégique de cette ville dans la dynamique culturelle et audiovisuelle du Royaume. Des initiatives structurantes comme l’implantation de l’ISMAC et un concours dédié aux jeunes créateurs consolident cette ambition.

Un festival au service

À l’ouverture du 13ᵉ Festival international du film de Dakhla, Abdelaziz El Bouzdaini, directeur par intérim du Centre cinématographique marocain (CCM), a salué l’élan cinématographique que connaît la ville saharienne. Il a rappelé que l’intérêt du CCM pour cette manifestation reflète l’importance croissante de Dakhla dans le paysage cinématographique national et continental.

  1. El Bouzdaini a rappelé que cet engagement s’inscrit dans la vision du Roi Mohammed VI, qui place les provinces du Sud au cœur du développement culturel et économique du Royaume. La région de Dakhla-Oued Eddahab incarne aujourd’hui un laboratoire vivant de cette stratégie, entre rayonnement culturel, attractivité touristique et innovation audiovisuelle.

Une infrastructure dédiée aux talents du Sud*

Parmi les chantiers structurants mis en avant figure l’ouverture, en février dernier, d’une antenne de l’Institut supérieur des métiers de l’audiovisuel et du cinéma (ISMAC) à Dakhla. Objectif : doter les jeunes des trois régions du Sud et des pays africains partenaires d’un centre de formation de haut niveau, capable de répondre aux enjeux du cinéma contemporain.

À cela s’ajoute un appui spécifique à la formation des compétences dans les métiers du 7ᵉ art, de l’écriture à la postproduction. Ce pôle sudiste est également ouvert sur des partenariats internationaux, notamment avec la France, dans une logique de diplomatie culturelle.

Un carrefour cinématographique africain

Organisé par l’Association pour l’animation culturelle et artistique des provinces du Sud, le Festival de Dakhla a su se tailler une place de choix parmi les grands rendez-vous cinématographiques du continent. L’édition 2025 accueille 18 films en compétition, longs et courts métrages, venus du Maroc mais aussi de pays aussi divers que le Sénégal, le Bénin, le Burkina Faso, la Tunisie, la Palestine, la Jordanie, la France, l’Italie ou encore l’Allemagne.

Cette diversité géographique témoigne du positionnement du festival comme un trait d’union entre les cinémas du Nord et du Sud, mais aussi comme une scène ouverte aux jeunes voix africaines, en quête de récits nouveaux et audacieux.

Jeunesse et mémoire : la Marche verte à l’écran

En marge du festival, la 4ᵉ édition du concours « La Marche verte vue par les jeunes créateurs d’image » a récompensé trois œuvres remarquées pour leur regard original sur cette page d’histoire nationale.

Le Grand Prix a été attribué au film « Nidâe Al Watan » (L’Appel de la Patrie), réalisé par Ibrahim Khalil Ben Jaber. Le Prix du Jury est revenu à « Mémoire d’un volontaire » de Hamza Azhar, tandis que le Prix du Meilleur Espoir (moins de 21 ans) a distingué « Massira Fath Al Khadrae » de Mohamed Nadir.

Présidé par Hakim Belabbes, directeur de l’ISMAC, et composé du réalisateur Youssef Britelet et de Sanae Benmoussa (CCM), le jury a salué la qualité narrative et visuelle de ces productions. Ce concours, lancé en 2021 par le ministère de la Culture et le CCM, est ouvert aux jeunes cinéastes de moins de 35 ans et encourage la transmission de la mémoire nationale à travers des formes artistiques innovantes.

Une ambition régionale et continentale

Avec l’infrastructure de l’ISMAC, la dynamique de soutien aux jeunes talents et la portée croissante de son festival, Dakhla affirme sa place comme un nouveau centre du cinéma marocain et africain. À la croisée des identités, des cultures et des ambitions, la ville saharienne capitalise sur ses atouts pour devenir un laboratoire d’images, de récits et de rencontres, fidèle à l’esprit d’ouverture du cinéma.