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À Malabo, le Maroc défend une coopération fondée sur le partenariat et l’impact
« L’Initiative Royale pour l’accès des pays du Sahel à l’Océan Atlantique illustre une volonté de transformer les contraintes géographiques en opportunités économiques ». Intégrée à tous les projets portés par le Maroc Afrique, elle traduit « une approche fondée sur l’interdépendance et la mutualisation des ressources » (Nasser Bourita).
À l’occasion du 11e Sommet des Chefs d’État et de Gouvernement de l’Organisation des États d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (OEACP), tenu à Malabo, le Maroc, invité d’honneur, a réitéré son engagement en faveur d’une coopération Sud-Sud solidaire, pragmatique et orientée vers l’impact. Le Royaume a mis en avant un modèle fondé sur le partenariat, la souveraineté économique et le développement partagé, tout en appelant à une refondation des mécanismes de coopération dans un monde en mutation.
Une présence marocaine au cœur des dynamiques internationales
Sur instruction royale, le ministre des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger, Nasser Bourita, a représenté le Roi Mohammed VI à ce sommet marquant le cinquantième anniversaire de l’OEACP. La participation du Maroc en tant qu’invité d’honneur est une reconnaissance des dynamiques de coopération entre les pays du Sud, défendue par Rabat.
Placée sous le thème « une OEACP transformée et renouvelée dans un monde en mutation », cette rencontre internationale intervient dans un contexte de profondes recompositions géopolitiques et économiques. Elle constitue, pour le Maroc, une tribune privilégiée pour promouvoir une vision renouvelée des partenariats Sud-Sud, fondée sur la solidarité concrète et l’action partagée.
Une doctrine marocaine fondée sur le partenariat et la souveraineté
Dans son intervention devant les Chefs d’État et de Gouvernement, Nasser Bourita a souligné que le Maroc a fait un choix stratégique « cohérent et irréversible » en faveur de son ancrage africain et de la coopération Sud-Sud. Ce positionnement, a-t-il précisé, ne relève pas du discours mais d’une doctrine structurée.
Cette approche privilégie le partenariat à l’assistanat et s’inscrit dans une logique de diversification des alliances, dépassant les cadres bilatéraux traditionnels. Elle repose également sur la conviction que le partenariat économique constitue un levier essentiel de souveraineté.
Le ministre a rappelé, à cet égard, la vision royale exprimée lors du Sommet de l’Union africaine en 2017, selon laquelle le Maroc « partage ce qu’il a, sans ostentation », illustrant une diplomatie fondée sur l’humilité et l’efficacité.
Un bilan concret au service du développement partagé
Le Maroc a mis en avant les résultats tangibles de sa coopération avec les pays membres de l’OEACP. Depuis 1999, plus de 1.600 accords ont été conclus, dont une part significative lors des visites royales en Afrique, traduisant un engagement soutenu sur le terrain.
Dans le domaine de la formation, le Royaume accueille actuellement près de 19.400 étudiants issus de ces pays, bénéficiant de bourses d’études, tandis que plus de 40.000 lauréats ont déjà été formés au Maroc. Ces initiatives contribuent à renforcer les capacités humaines et à favoriser les échanges de compétences.
Sur le plan de la sécurité alimentaire, le Maroc s’est positionné comme un partenaire clé. Il fournit régulièrement des fertilisants aux pays des Caraïbes et d’Afrique. En 2022, près de 200.000 tonnes ont été offertes et plus de 360.000 tonnes livrées à des conditions préférentielles, illustrant une solidarité concrète face aux défis alimentaires.
Une organisation appelée à se réinventer
Revenant sur les cinquante années d’existence de l’OEACP, Nasser Bourita a estimé que le paradigme initial de cette organisation a évolué, à l’image des transformations du système international. Le monde qui a vu naître le groupement n’est plus le même, et les Accords de Samoa en témoignent.
Dans ce contexte, le ministre a salué la dynamique de transformation engagée par l’OEACP, qu’il considère non pas comme un espace de repli, mais comme une structure avancée de coopération Sud-Sud. L’enjeu est désormais de consolider son rôle en tant qu’acteur global, capable de défendre les intérêts de ses membres dans un environnement international complexe.
Des initiatives structurantes pour une intégration régionale
Le Maroc a également mis en avant plusieurs projets stratégiques portés visant à renforcer l’intégration économique et territoriale. Parmi eux, le Gazoduc Africain Atlantique, destiné à relier treize pays africains, apparaît comme un levier majeur de développement et de coopération énergétique.
De même, l’Initiative Royale pour l’accès des pays du Sahel à l’Océan Atlantique illustre une volonté de transformer les contraintes géographiques en opportunités économiques. Ces projets traduisent une approche fondée sur l’interdépendance et la mutualisation des ressources.
Trois piliers pour une coopération durable
L’approche marocaine en matière de coopération Sud-Sud repose sur trois axes fondamentaux. Le premier consiste à valoriser les potentialités endogènes de chaque pays, en tenant compte de ses spécificités. Le second vise à dépasser les approches uniformes au profit de partenariats adaptés et sur mesure. Enfin, le troisième pilier met l’accent sur l’impact humain et la durabilité des projets.
Cette vision s’inscrit dans une logique de long terme, orientée vers la création de valeur et l’amélioration des conditions de vie des populations.
Un appel à une gouvernance mondiale plus équitable
Face aux mutations de l’ordre international, le Maroc appelle à un renforcement du rôle de l’OEACP en tant que voix collective du Sud. Nasser Bourita a plaidé pour un nouvel ordre économique plus sécurisé, une gouvernance climatique équilibrée et une paix fondée sur le respect mutuel.
L’Accord de Samoa, a-t-il souligné, doit être envisagé comme un cadre stratégique permettant à l’organisation d’affirmer son autonomie et de négocier sur un pied d’égalité avec ses partenaires.
Une ouverture vers un monde multipolaire
En conclusion, le ministre a réaffirmé la disponibilité du Maroc à poursuivre son engagement aux côtés de ses partenaires. Le Royaume se positionne comme un acteur prêt à partager son expérience, à mobiliser ses compétences et à contribuer à l’émergence d’un monde multipolaire, où les pays du Sud occupent une place centrale.
La cérémonie d’ouverture du sommet a été marquée par la passation de la présidence de l’Angola à la Guinée Équatoriale, en présence de nombreux dirigeants et partenaires internationaux, confirmant l’importance stratégique de l’OEACP dans le paysage mondial.