Accord en vue entre Washington et Téhéran : détente géopolitique et soulagement des marchés

Accord en vue entre Washington et Téhéran : détente géopolitique et soulagement des marchés

Une Iranienne lors d'un rassemblement intitulé « Les filles sacrifiées », organisé en hommage aux femmes tuées pendant la guerre au Moyen-Orient, à Téhéran, le 17 avril 2026. (Photo AFP)

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Le président américain Donald Trump a affirmé qu’un accord avec l’Iran était imminent, évoquant des avancées majeures sur le nucléaire et la sécurité du détroit d’Ormuz. Dans le même temps, la réouverture de ce passage stratégique par Téhéran a entraîné un net rebond des marchés financiers mondiaux, marquant une accalmie dans les tensions au Moyen-Orient. Pour le Liban, Trump annoncé qu’Israël avait reçu l’ordre de Washington de ne plus mener de frappes sur le territoire libanais.

Des négociations proches d’aboutir

Depuis Las Vegas, Donald Trump a multiplié les déclarations optimistes quant à l’issue des discussions avec l’Iran. Sur sa plateforme Truth Social, il a évoqué un « jour brillant pour le monde », laissant entendre que les principaux points de blocage avaient été levés.

Le président américain a notamment affirmé que les États-Unis pourraient récupérer les stocks d’uranium enrichi iraniens, qu’il qualifie de « poussière nucléaire », sans contrepartie financière. Cette affirmation intervient alors que certaines sources évoquaient un possible dégel de fonds iraniens, 20 milliards de dollars, e que Trump a fermement démenti.

Selon lui, la majorité des aspects techniques et politiques de l’accord ont déjà été négociés, ouvrant la voie à une finalisation rapide des discussions.

Le détroit d’Ormuz au cœur des enjeux

Parallèlement aux discussions nucléaires, la situation dans le détroit d’Ormuz a connu une évolution notable. L’Iran a annoncé la réouverture complète de cette voie maritime stratégique, essentielle pour le transit des hydrocarbures mondiaux.

Donald Trump a salué cette décision, affirmant que Téhéran s’était engagé à ne plus utiliser ce passage comme levier de pression. Il a également évoqué le retrait en cours de mines marines dans la zone, sans toutefois fournir de détails précis.

En outre, Téhéran "a retiré, ou est en train de retirer, toutes ses mines marines" dans le détroit, "avec l'aide des Etats-Unis", a assuré le président américain, sans toutefois fournir de détails.

Malgré cette avancée, le président américain a précisé que le blocus imposé aux ports iraniens resterait en vigueur jusqu’à la conclusion définitive d’un accord global.

Une dissociation des dossiers régionaux

Le chef de la Maison Blanche a tenu à distinguer les négociations avec l’Iran des autres dossiers régionaux, notamment la situation au Liban. Il a indiqué que les États-Unis poursuivraient séparément leur action vis-à-vis du Hezbollah, tout en affirmant qu’Israël avait reçu l’ordre de Washington de ne plus mener de frappes sur le territoire libanais.

Dans un message au ton volontariste, Donald Trump a également évoqué son intention de « rendre sa grandeur au Liban », reprenant une formule inspirée de son slogan politique.

Des critiques envers les alliés occidentaux

Dans ses interventions, Donald Trump a renouvelé ses critiques à l’égard de certains partenaires occidentaux, en particulier les membres de l’OTAN. Il a estimé que ces derniers n’avaient pas apporté un soutien suffisant aux États-Unis durant la crise avec l’Iran.

"Maintenant que la situation sur le détroit d'Ormuz est terminée, j'ai reçu un appel de l'Otan demandant si nous avions besoin d'aide. JE LEUR AI DIT DE GARDER LEURS DISTANCES A MOINS QU'ILS NE VEUILLENT REMPLIR LEURS NAVIRES DE PETROLE. Ils ont été inutiles quand on avait besoin d'eux, un TIGRE DE PAPIER ! ", a-t-il asséné.

À l’inverse, il a salué l’engagement de plusieurs pays du Moyen-Orient, notamment l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et le Qatar, ainsi que le Pakistan, pour leur rôle dans la gestion de la crise.

Ces déclarations interviennent alors que des discussions se tenaient à Paris entre plusieurs pays non impliqués directement dans le conflit, autour d’une éventuelle mission de sécurisation du détroit d’Ormuz.

Un rebond spectaculaire des marchés

L’annonce de la réouverture du détroit d’Ormuz a eu un impact immédiat sur les marchés financiers. Les prix du pétrole ont chuté de manière significative, avec un recul de plus de 10 % pour le Brent et le WTI.

Les principales places boursières ont, quant à elles, enregistré des hausses marquées. En Europe, les indices de Paris, Francfort, Milan et Londres ont progressé, tandis qu’à New York, le Dow Jones, le S&P 500 et le Nasdaq ont affiché des gains solides.

Cette réaction reflète le soulagement des investisseurs face à la réduction des risques géopolitiques dans une région clé pour l’approvisionnement énergétique mondial.

Un apaisement encore fragile

Si les marchés ont accueilli favorablement ces développements, certains analystes appellent à la prudence. La situation reste marquée par une certaine incertitude, notamment quant à la durée des cessez-le-feu en cours et à la concrétisation effective d’un accord entre Washington et Téhéran.

La baisse des taux d’intérêt sur les obligations souveraines témoigne toutefois d’un retour progressif de la confiance. En Europe comme aux États-Unis, les rendements ont reculé, traduisant une diminution des anticipations inflationnistes liées à la hausse des prix de l’énergie.

Le dollar, en revanche, a légèrement fléchi, pénalisé par la détente sur les marchés pétroliers.

Vers une recomposition régionale

Depuis l’instauration du cessez-le-feu début avril, les marchés anticipaient déjà une amélioration de la situation au Moyen-Orient. Les dernières annonces semblent confirmer cette tendance, même si leur concrétisation reste à suivre.

Pour les observateurs, un accord durable entre les États-Unis et l’Iran pourrait redéfinir les équilibres régionaux et ouvrir une nouvelle phase de stabilisation, avec des répercussions directes sur l’économie mondiale.

Dans l’immédiat, la prudence reste de mise, mais les signaux envoyés par les négociations en cours et par la réouverture du détroit d’Ormuz nourrissent l’espoir d’un apaisement durable.

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