Al-Qods : le Maroc agit pendant que d’autres regardent ailleurs

Al-Qods : le Maroc agit pendant que d’autres regardent ailleurs

Mohamed Salem Cherkaoui : depuis 2011, l’Agence n’a reçu aucun soutien financier de pays arabes ou islamiques, alors même qu’elle constitue un mécanisme institutionnel destiné à coordonner l’aide à Al-Qods.

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À Ramallah, Mohamed Salem Cherkaoui n’a pas récité une profession de foi diplomatique. Il a rappelé une réalité dérangeante pour beaucoup : l’attachement des Marocains à Al-Qods n’est ni opportuniste ni conjoncturel. Il est historique, incarné, financé et assumé. Pendant que certains capitalisent sur les slogans, le Maroc investit, restaure, forme et protège.

Un attachement qui ne date pas d’hier

L’attachement des Marocains à Al-Qods ne relève ni d’une posture géopolitique passagère ni d’une émotion saisonnière. Il plonge dans l’histoire, dans les waqfs, dans la présence humaine marocaine dans la Ville Sainte, dans ces traces matérielles qui ne se dissipent pas au gré des conjonctures internationales.

Quand Mohamed Salem Cherkaoui affirme que défendre le droit des Palestiniens sur cette terre revient aussi à défendre le droit des Marocains, il ne s’agit pas d’une formule. Il rappelle un lien civilisationnel ancien, enraciné, assumé. Ceux qui feignent de découvrir cet attachement gagneraient à revisiter l’histoire plutôt que d’en minimiser la portée.

L’action continue, loin des effets d’annonce

La visite régulière du directeur de l’Agence Bayt Mal Al-Qods Acharif ne s’inscrit pas dans un calendrier médiatique. Elle obéit aux Instructions Royales et s’inscrit dans une action permanente, tout au long de l’année. Ramadan n’est qu’un moment d’intensification d’un travail constant.

En 2025, près de huit millions de dollars ont été investis dans des projets sociaux touchant l’éducation, la santé et la restauration de bâtiments, notamment dans la vieille ville, confrontée à des pressions multiples. Huit millions, intégralement financés par le Royaume du Maroc. Un chiffre modeste à l’échelle des grandes puissances, mais constant, structuré, assumé.

C’est là toute la différence entre la rhétorique et l’engagement durable.

Former plutôt qu’assister

La “Semaine de l’artisanat traditionnel marocain” organisée à Al-Qods n’est pas un folklore exporté. Elle relève d’une stratégie : consolider l’identité, soutenir l’économie locale et renforcer la résilience des Maqdessis.

Des artisans marocains ont formé de jeunes Palestiniens au tissage, à la sculpture sur bois, à l’orfèvrerie en argent. Les meilleurs bénéficieront de sessions de perfectionnement au Maroc selon l’approche de la “formation des formateurs”. Il ne s’agit pas de distribuer des aides ponctuelles, mais de créer des compétences transmissibles, des revenus durables.

Ce choix n’est pas anodin. Il traduit une vision : l’autonomisation plutôt que l’assistanat. Le développement humain plutôt que la simple compassion.

Face aux obstacles économiques, l’Agence adopte une nouvelle approche marketing sous le label “Made in and Made for Palestine”. Commerce électronique, participation à des salons internationaux, soutien direct à la production locale : l’Agence a même été le premier client de ces initiatives pour en garantir la viabilité.

Là encore, les faits parlent.

Le silence des autres

Mohamed Salem Cherkaoui l’a rappelé sans détour : depuis 2011, l’Agence n’a reçu aucun soutien financier de pays arabes ou islamiques, alors même qu’elle constitue un mécanisme institutionnel destiné à coordonner l’aide à Al-Qods.

Ce constat dérange. Il met en lumière un contraste saisissant entre les discours flamboyants et l’engagement réel. Le modèle marocain, lui, s’appuie sur l’acquisition de biens immobiliers dans la vieille ville, la construction d’écoles, le financement d’unités hospitalières et de laboratoires.

Pendant que d’autres proclament, le Maroc construit.

Une constance stratégique

L’Agence adopte un principe simple : “le peu constant vaut mieux que l’abondance discontinue”. Cette maxime résume une philosophie d’action. Il ne s’agit pas d’effets spectaculaires, mais d’une présence continue, adaptée aux réalités locales et aux contraintes sécuritaires.

Les défis sont nombreux : hausse des coûts de production, restrictions de circulation, concurrence déloyale. Pourtant, l’Agence poursuit sa mission, consciente que la résilience des Maqdessis ne se décrète pas, elle se consolide.

Dans un environnement régional instable, l’action marocaine à Al-Qods rappelle une vérité élémentaire : la solidarité n’est crédible que lorsqu’elle s’accompagne d’investissements tangibles.

Le Maroc ne se contente pas de déclarer son attachement à Al-Qods. Il le finance, il le matérialise, il le pérennise. Et c’est peut-être là ce qui distingue l’engagement durable des postures conjoncturelles.