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Dakar : l’Université Cheikh Anta Diop suspend les organisations étudiantes après des affrontements meurtriers
Des étudiants transportent leurs affaires alors qu'ils quittent l'université Cheikh Anta Diop le 10 février 2026, après la décision des autorités de fermer le cité (Photo AFP).
À la suite de violents heurts entre étudiants et forces de sécurité ayant entraîné la mort d’un étudiant, l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar a décidé de suspendre jusqu’à nouvel ordre les organisations estudiantines. Une mesure conservatoire qui intervient dans un contexte de tensions récurrentes liées aux retards de paiement des bourses et aux conditions de vie sur le campus.
Une décision après un drame sur le campus
Le conseil académique de l’Université Cheikh Anta Diop, réuni en urgence, a annoncé la suspension des amicales d’étudiants pour des raisons de sécurité et de protection des biens universitaires. L’établissement, qui accueille plusieurs dizaines de milliers d’étudiants, indique vouloir prévenir de nouveaux incidents après les affrontements ayant coûté la vie à un étudiant en médecine.
Le décès s’est produit sur le campus lors d’une intervention policière consécutive à plusieurs jours de manifestations. Les circonstances exactes restent à éclaircir, mais l’événement a provoqué une vive émotion au Sénégal. L’université affirme être profondément affectée par ce drame et annonce la création d’un comité chargé de proposer de nouveaux mécanismes de représentation des étudiants au sein des instances universitaires.
Des affrontements violents documentés
Des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux montrent des scènes de confrontation entre étudiants et forces de l’ordre. Sur certaines images, les forces de sécurité pénètrent dans l’enceinte universitaire et tirent du gaz lacrymogène dans les pavillons, tandis que des étudiants répondent par des jets de pierres. Une séquence authentifiée montre des policiers frappant un homme à coups de matraque.
Le collectif des amicales affirme que les forces de l’ordre ont tiré sur les étudiants et pénétré de force dans les chambres universitaires. Selon cette organisation, l’étudiant décédé aurait succombé à des violences policières. Le gouvernement évoque une tragédie et reconnaît des bavures, tout en affirmant que l’intervention visait à empêcher des destructions d’infrastructures universitaires.
Tensions autour des revendications sociales
Les manifestations étudiantes à Dakar sont récurrentes depuis plusieurs années. Elles portent principalement sur les retards de paiement des bourses et les conditions de vie dans les résidences universitaires. Le chevauchement des années académiques, provoqué par les perturbations répétées du calendrier universitaire, accentue la situation : certains étudiants boursiers restent plusieurs mois sans percevoir d’allocations.
Le ministre de l’Enseignement supérieur évoque également des influences extérieures dans les mouvements étudiants et pointe le profil de certains responsables étudiants, estimant nécessaire de revoir le fonctionnement des représentations étudiantes.
Une suspension contestée
Le collectif des amicales dénonce une décision autoritaire destinée, selon lui, à réduire au silence les revendications étudiantes. Les autorités universitaires maintiennent toutefois qu’il s’agit d’une mesure provisoire visant à garantir la sécurité sur le campus en attendant les conclusions du comité ad hoc.
Dans ce contexte tendu, l’avenir du dialogue entre étudiants, université et autorités publiques reste incertain, alors que les revendications sociales à l’origine des protestations demeurent. (Quid avec MAP et AFP)