Frappes tous azimuts contre des installations iraniennes Match amical de football opposant l'Iran au Costa Rica, à Antalya en Turquie, le 31 mars 20

Frappes tous azimuts contre des installations iraniennes   Match amical de football opposant l'Iran au Costa Rica, à Antalya en Turquie, le 31 mars 20

Frappes tous azimuts contre des installations iraniennes Match amical de football opposant l'Iran au Costa Rica, à Antalya en Turquie, le 31 mars 2026. Le président de la FIFA Gianni Infantino qui a assisté au match a déclaré que l'Iran « participera à la Coupe du monde » et jouera comme prévu aux Etats Unis. (Photo Adem Altan – AFP)

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Une nouvelle vague de frappes a visé mardi plusieurs sites stratégiques en Iran, allant d’infrastructures militaires à des installations civiles sensibles, dans un contexte d’escalade alimenté par les menaces renouvelées de Donald Trump. Alors que la guerre au Moyen-Orient entre dans son deuxième mois, les tensions s’intensifient autour du détroit d’Ormuz et du contrôle des ressources énergétiques, tandis que les initiatives diplomatiques peinent à enrayer une dynamique de confrontation désormais régionale, voire mondiale.

Infrastructures militaires, entreprise pharmaceutique, lieu saint : une série de frappes ont touché mardi plusieurs sites en Iran, selon les médias, après que Donald Trump a renouvelé ses menaces si les discussions entre Washington et Téhéran n'aboutissaient pas "rapidement".

Entrée dans son deuxième mois, la guerre au Moyen-Orient, qui ébranle l'économie mondiale et a fait des milliers de morts, ne présente pas de signe de désescalade, malgré des traités diplomatiques.

Les prochains jours seront "décisifs", a affirmé mardi le ministre américain de la Défense, Pete Hegseth, en assurant que les discussions avec l'Iran "se renforcent".

Mardi, le gouvernement iranien a indiqué qu'une usine de dessalement avait été touchée et mise hors service sur l'île de Qeshm, sans préciser quand.

"Il n'est pas possible de la réparer à court terme", a déclaré un responsable du ministère de la Santé, Mohsen Farhadi, cité par l'agence Isna.

Donald Trump avait menacé la veille de s'en à ces usines, mais aussi aux centrales électriques, aux puits de pétrole et à l'île de Kharg, abritant le plus grand terminal pétrolier de l'Iran, évoquant même une opération terrestre pour s'en emparer.

"Le plus dur est fait"

Mardi il a déclaré que les Etats-Unis "ne seraient plus là pour aider" les pays dont l'approvisionnement en pétrole dépend du détroit d'Ormuz, presque entièrement bloqué par l'Iran et par où transite d'ordinaire un cinquième des hydrocarbures mondiaux.

"L'Iran a été, pour l'essentiel, décimé. Le plus dur est fait. Allez chercher votre propre pétrole !", a affirmé sur son réseau Truth Social le président américain, s’adressant particulièrement au Royaume Uni et à la France, mais plus généralement aux ‘’alliés’’ qui ont refusé de se joindre aux USA pour sécuriser le détroit d’Ormuz.

L'Union européenne a appelé mardi l'Iran à garantir "la liberté de navigation" dans le détroit d'Ormuz.

En Iran, des frappes ont visé des "sites militaires" à Ispahan (centre), a déclaré un responsable local cité par l'agence de presse Fars.

Sur des vidéos authentifiées par l'AFP, plusieurs déflagrations transpercent la nuit, laissant s'échapper d'immenses panaches de fumée.

A Téhéran, une entreprise pharmaceutique produisant notamment des médicaments contre le cancer a été touchée par des frappes israélo-américaines, selon le gouvernement.

Des médias locaux ont également évoqué des explosions à travers la capitale et des pannes de courant dans certains secteurs. L'armée israélienne avait appelé les habitants d'un quartier résidentiel à rester à l'abri en prévision d'une attaque contre "une infrastructure militaire".

Dans le nord-ouest, c'est un site musulman chiite, la Grande Hosseinieh, qui a été endommagé, selon la télévision d'Etat.

"Position très peu animée"

Si l'armée israélienne s'est dite prête à plusieurs semaines supplémentaires de guerre, le président américain a dit vouloir que les discussions avec Téhéran aboutissent "rapidement".

Face à ces incertitudes les marchés financiers tenaient bon mardi, Wall Street ouvrant en nette hausse, tandis que le pétrole restait au-dessus des 100 dollars.

Malgré les menaces et les coups portés à la tête de l'Etat, l'Iran a continué dans la nuit à faire feu.

La radio-télévision d'Etat Irib a annoncé un tir de missiles en direction d'Israël et sur place, les secours ont fait état de huit blessés légers hospitalisés dans la région de Tel-Aviv.

A Dubaï, des explosions ont de nouveau été entendues, selon des journalistes de l'AFP.

Quatre personnes y avaient été blessées précédemment par la chute de débris lors d'une interception de la défense aérienne, tandis qu'un pétrolier sous pavillon koweïtien a été touché par une frappe de drone près du port.

Des explosions ont également été entendues mardi à Ryad.

L'Arabie saoudite avait précédemment dit avoir intercepté huit missiles balistiques sans préciser leur provenance et fait état de deux blessés après l'interception d'un drone.

Le Qatar a évoqué mardi une "position très unanime dans le Golfe appelant à une désescalade et une fin de la guerre", alors que le pouvoir iranien affirme y viser des intérêts américains.

"Guerre de l'énergie"  

Selon le Wall Street Journal, Donald Trump aurait dit à ses conseillers être prêt à interrompre sa campagne militaire, estimant que forcer la réouverture du détroit d'Ormuz prolongerait le conflit "au-delà de son calendrier de quatre à six semaines".

Mais à rebours de ses exigences, une commission parlementaire iranienne a approuvé un projet visant à imposer des droits de passage aux navires transitant par Ormuz, selon des médias d'Etat. Le texte inclut une "interdiction de passage" pour les Etats-Unis et Israël.

L'analyste israélien Danny Citrinowicz, de l'Institut d'études sur la sécurité nationale (INSS) de Tel-Aviv, s'inquiète d'une possible "guerre de l'énergie" : "alors que l'Iran pense qu'il est en train de gagner, Israël et l'Amérique pensent qu'ils affaiblissent l'Iran, ce n'est pas une bonne méthode pour parvenir à un accord", relève-t-il.

Un plan sino-pakistanais « pour rétablir la paix et la stabilité »

La Chine et le Pakistan ont appelé mardi à un cessez-le-feu immédiat au Moyen-Orient et à des pourparlers de paix dans les plus brefs délais, tout en convenant de renforcer leur coopération sur le dossier iranien.

Les deux pays ont défini une initiative conjointe « pour rétablir la paix et la stabilité dans la région du Golfe et du Moyen-Orient », à l'issue d'une visite de hauts responsables pakistanais à Pékin.

Les deux pays ont cherché à jouer un rôle de médiateur au Moyen-Orient pour empêcher l'escalade du conflit, Islamabad se disant prêt à accueillir des « pourparlers constructifs » entre les États-Unis et l'Iran.

Le ministre pakistanais des Affaires étrangères, Ishaq Dar, a rencontré son homologue chinois, Wang Yi, et ils ont convenu de « renforcer la communication et la coordination stratégiques sur la situation en Iran et de redoubler d'efforts pour promouvoir la paix », a déclaré Pékin.

Le ministère de Dar a déclaré par la suite que les deux parties s'étaient entendues sur un plan en cinq points, commençant par « la cessation immédiate des hostilités » et « l'ouverture de pourparlers de paix dès que possible ».

Concernant les pourparlers, que les États-Unis affirment être en cours mais que l'Iran dément, les gouvernements ont déclaré que le dialogue et la diplomatie étaient « la seule option viable pour résoudre les conflits ».

Déclenchée le 28 février par une offensive américano-israélienne contre l'Iran, la guerre a aspiré de nombreux pays de la région, dont le Liban, entraîné par le Hezbollah pro-iranien qui a frappé Israël début mars.

Une nouvelle frappe israélienne a visé mardi, après avertissement, la banlieue sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah.

Le ministre de la Défense israélien, Israël Katz, a déclaré que son pays avait l'intention d'occuper une partie du sud du Liban une fois la guerre terminée.

A New York, l'ONU doit tenir mardi une réunion d'urgence de son Conseil de sécurité après la mort de trois Casques bleus indonésiens de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul), des "incidents graves" condamnés "avec la plus grande fermeté" par la France, à l'origine de cette requête. (Quid avec AFP)

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