Israël se défoule sur le Liban: frappes meurtrières sans précédent sur Beyrouth

Israël se défoule sur le Liban: frappes meurtrières sans précédent sur Beyrouth

Un paysage lunaire, les décombres sur le site d'une frappe aérienne israélienne menée dans la nuit, dans le quartier de Haret Hreik, en banlieue sud de Beyrouth, le 24 mars 202 (Photo AFP)

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 Malgré l’annonce d’un cessez-le-feu entre Washington et Téhéran, l’Etat hébreu, comme frustré par l’annonce du cessez-le-feu, a mené une vague de frappes d’une intensité inédite sur Beyrouth, faisant au moins 203 morts et plus de 1.000 blessés" slon le ministre libanais de la Santé, tandis que les secouristes les évaluent à beaucoup plus. Alors que toutes les capitales du monde, moins Washington, dénoncent une fragilisation du cessez-le-feu et appelle à ce que ce dernier englobe le pays du Cèdre, Tel-Aviv revendique ses frappes comme la plus vaste opération coordonnée depuis le début du conflit régional, relançant sans états d’âme la spirale de violence au Liban, où le Hezbollah promet des représailles, sur fond de désaccords autour de l’extension du cessez-le-feu annoncé par Donald Trump. Même l’inconditionnel chancelier allemand Friedrich Merz, qui a annoncé jeudi que son pays allait reprendre ses pourparlers avec Téhéran, a dit craindre un échec du "processus de paix", appelant Israël à renoncer à son offensive au Liban. Benyamin Netanyahu persiste et signe : Israël frappera "partout où il le faudra", a-t-il déclaré jeudi.

Beyrouth, Liban - Loin de la trêve de deux semaines annoncée entre les Etats-Unis et l'Iran, Israël a pilonné mercredi comme jamais le Liban depuis le début de la guerre, des frappes qui ont fait selon les secouriste plus de 254 et 1165 blessés depuis début mars.

Les frappes, dont plusieurs ont visé le cœur de Beyrouth, ont provoqué des scènes de panique dans la capitale libanaise, à une heure de grande affluence, ont constaté des journalistes de l'AFP. Face à un le cessez-le-feu avec l’Iran, qui n’arrange pas ses calculs, Israël se défoule sur le Liban et tente de le faire capoter.

Les journalistes de l'AFP témoignent : des immeubles en flammes, des voitures calcinées et des débris jonchant les rues de la capitale, que les ambulances traversaient, sirènes hurlantes.

Une nouvelle frappe a visé un quartier résidentiel de Beyrouth en début de soirée, où un immeuble s'est à moitié effondré, selon un journaliste qui a vu une fille bloquée dans l'un des étages supérieurs.

L'armée israélienne revendique annonçant avoir mené sa "plus grande frappe coordonnée" depuis le déclenchement de la guerre américano-israélienne contre l'Iran, le 28 février.

"En l'espace de 10 minutes et simultanément dans plusieurs zones, (les forces israéliennes ont attaqué) une centaine de (présumés NDLR) postes de commandement et d'infrastructures militaires" du mouvement islamiste libanais à travers le Liban, avnace-t-elle.

Le président américain Donald Trump a affirmé que l'accord de cessez-le-feu avec l'Iran ne concernait pas le Liban, confirmant des propos du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.

Le Hezbollah, qui n'avait plus revendiqué de frappes contre Israël depuis la nuit, s'est dit "en droit de riposter" aux frappes sanglantes.

Le ministre de la Santé, Rakan Nasreddine, a fait état d'un bilan préliminaire de 89 morts et 722 blessés.

"Les amis du Liban"

"J'ai vu une frappe, c'était très fort, des enfants ont été tués, d'autres ont eu les bras coupés", a déclaréYasser Abdallah, qui travaille dans un magasin d'électroménager du centre de Beyrouth.

Devant l'hôpital de l'Université américaine de Beyrouth, l'un des principaux établissements de la capitale les ambulances se succédaient.

Des proches de blessés sont rassemblés devant l'entrée des urgences, dans une atmosphère de tension, certains en pleurs.

L'hôpital a lancé un appel aux dons de sang de tous les groupes.

"Tous les amis du Liban sont appelés à nous venir en aide pour faire cesser ces attaques par tous les moyens", a plaidé le Premier ministre libanais, Nawaf Salam, dans un communiqué.

Le ministre belge des Affaires étrangères Maxime Prévot a dénoncé le pilonnage de Beyrouth par l'armée israélienne dont il a été témoin, à l'occasion d'une visite de soutien aux plus hauts responsables politiques libanais.

"Nous étions à l'ambassade avec ma délégation, à quelques centaines de mètres seulement de l'endroit où les missiles ont frappé. Cela doit cesser. Le cessez-le-feu entre les États-Unis, Israël et l'Iran doit inclure le Liban!", a écrit M. Prévot sur le réseau X.

"Des centaines" de membres du Hezbollah" visés

Les frappes israéliennes ont également visé la plaine de la Békaa (est du Liban) ainsi que le sud du pays, selon l'armée israélienne.

Le Hezbollah a entraîné le Liban dans la guerre régionale le 2 mars en menant une attaque contre Israël en représailles à la mort du guide suprême iranien Ali Khamenei.

Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif a de son côté précisé que les Etats-Unis, l'Iran et leurs alliés avaient accepté un cessez-le-feu "partout", y compris au Liban, à la suite d'une médiation pakistanaise.

L'armée israélienne avait demandé mercredi matin à la population d'évacuer plusieurs quartiers de la banlieue sud de Beyrouth, ainsi qu'une vaste zone, entre la frontière israélienne et le fleuve Zahrani, à une quarantaine de km plus au nord.

Les frappes israéliennes sur le Liban depuis le 2 mars ont fait plus de 1.500 morts et plus d'un million de déplacés. (Quid avec AFP)