L'écrivain Boualem Sansal entend "attaquer en justice" le président algérien

L'écrivain Boualem Sansal entend "attaquer en justice" le président algérien

L'écrivain franco-algérien Boualem Sansal brandit signant le livre d'or officiel avant une rencontre avec le président allemand au palais présidentiel de Berlin, le 8 janvier 2026. (Photo AFP)

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L’écrivain franco-algérien Boualem Sansal a annoncé son intention d’engager des poursuites judiciaires contre le président algérien Abdelmadjid Tebboune, qu’il tient pour responsable de sa condamnation et de son incarcération. Intervenant à Paris, l’auteur a dénoncé un procès qu’il juge inéquitable et affirme vouloir porter l’affaire devant la justice internationale, dans un contexte marqué par des tensions aigues persistantes autour de la liberté d’expression.

Paris, France - L'écrivain Boualem Sansal, gracié en novembre par le président algérien, Abdelmadjid Tebboune, après un an de prison, a affirmé samedi qu'il entendait l'"attaquer en justice", quand ce serait "le bon moment".

L'auteur franco-algérien, invité de la Journée du livre politique qui se tenait à l'Assemblée nationale française, à Paris, s'exprimait lors d'une table ronde avec l'avocat Richard Malka sur le thème "le livre politique, source d'engagement".

"J'ai écrit (...) à (M.) Tebboune quand j'étais en prison (...), je lui ai dit (...) si vous me libérez, je vous attaque en justice. Et je vais attaquer monsieur Tebboune, parce que c'est lui qui m'a condamné", a-t-il déclaré, s'interrompant sous les applaudissements de la salle.

"Ils m'ont condamné à mort, en me mettant dessus tous les trucs, +terrorisme+, +espionnage+, +attaque à la sûreté de l'État+", a ajouté l'homme de 81 ans, qui avait été condamné à cinq ans de prison et incarcéré pendant près d'un an pour des prises de position critiques sur son pays natal.

Interrogé , M. Sansal a précisé que "la procédure [était] lancée". "Mon avocat a préparé un dossier pour saisir la justice internationale contre M. Tebboune", a-t-il ajouté, en disant "attendre le bon moment", évoquant le sort du journaliste sportif Christophe Gleizes, écroué en Algérie depuis mai 2024 où il a été condamné à sept ans de prison pour "apologie du terrorisme".

"Je vais aller jusqu'au bout", a assuré l'écrivain dissident, estimant n'avoir pas eu "un vrai procès, avec des avocats et des observateurs internationaux".

Boualem Sansal a récemment claqué la porte de son éditeur historique Gallimard pour rejoindre Grasset, une des maisons du géant Hachette Livre, propriété du groupe Louis Hachette contrôlé par le milliardaire Vincent Bolloré.

Dans une tribune au Monde, il avait justifié ce choix par une "divergence" sur la stratégie choisie pendant sa détention. Pour lui, le fait d'avoir été gracié à la suite de démarches diplomatiques, initiées par son éditeur, était "profondément insatisfaisant".

Cette démarche "ne correspond pas à la ligne de résistance que j'ai fermement assumée face au régime violent et cruel d'Abdelmadjid Tebboune", avait-il ajouté. (Quid avec AFP)

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