Le Golfe au bord d’une nouvelle escalade, l’ONU alerte sur le risque d’une « guerre totale »

Le Golfe au bord d’une nouvelle escalade, l’ONU alerte sur le risque d’une « guerre totale »

Des flammes ravagent des véhicules à la suite d'une frappe aérienne israélienne qui a touché une voiture à Sidon le 10 juin 2026. (Photo Mahmoud Zayyat – AFP)

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Téhéran, 11 juin 2026 – Le président américain Donald Trump a accusé l’Iran d’avoir tardé à conclure un accord avec Washington et a affirmé que Téhéran allait désormais « en payer le prix », alors que de nouveaux échanges de tirs ont ravivé les tensions au Moyen-Orient. Malgré la poursuite des efforts de médiation, notamment par le Qatar, les violations du cessez-le-feu conclu le 8 avril alimentent les inquiétudes internationales quant à un risque d’escalade régionale.

Téhéran, Iran - Donald Trump a jugé mercredi que l'Iran avait été trop lent à négocier et allait désormais "en payer le prix", après avoir promis la veille un accord imminent avec Téhéran pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient.

$"Ils ont mis trop de temps à négocier un accord qui aurait été excellent pour eux, maintenant ils vont devoir en payer le prix", a écrit le président américain sur son réseau Truth Social. La veille, il avait annoncé un "très très bon accord" à venir sous "deux à trois jours".

Mais les espoirs suscités par cette déclaration ont vite été douchés par de nouveaux échanges de tirs tôt mercredi, à la veille du coup d'envoi d'une Coupe du monde de football où la sélection iranienne jouera sur le sol américain.

La diplomatie "est mise à mal par le recours à la force", a déclaré mercredi le ministère iranien des Affaires étrangères, dénonçant les "messages contradictoires" de Washington et ses "violations répétées du cessez-le-feu" conclu le 8 avril.

L'Iran venait de revendiquer des attaques contre des bases américaines à Bahreïn et en Jordanie en réponse à des frappes américaines sur son sol, elles-mêmes déclenchées par la destruction lundi d'un hélicoptère américain attribuée à Téhéran.

Et au Koweït, l'armée a affirmé faire face à "des cibles aériennes hostiles" sans préciser leur provenance.

Les autorités à Bahreïn ont dit avoir intercepté plusieurs attaques, tandis que l'armée jordanienne a assuré avoir détruit cinq missiles qui ciblaient la localité d'Azraq, où se situe une base américaine.

Signe toutefois que les ponts ne sont pas coupés, des négociateurs qataris - dont le pays est un des médiateurs entre Washington et Téhéran - se sont rendus mercredi dans la capitale iranienne, a indiqué à l'AFP un diplomate au fait des discussions: le but est de "réduire les divergences qui subsistent" entre les deux parties, a-t-il assuré sous couvert d'anonymat.

Le chef de l'ONU alerte contre le retour d'une "guerre totale"

Le secrétaire général de l'ONU a mis en garde mercredi contre le risque d'un retour d'une "guerre totale" au Moyen-Orient, après de nouveaux échanges de tirs entre l'Iran et les Etats-Unis.

"Dans la région du Golfe, le cessez-le-feu est plutôt un feu amoindri, comme nous l'avons vu avec l'escalade des attaques et de la rhétorique ces dernières 48 heures. Et nous ne devons pas minimiser les risques que ce feu amoindri devienne total, en d'autres termes, une guerre totale", a déclaré Antonio Guterres lors d'une réunion du Conseil de sécurité.

‘’Extrêmement préoccupée"

Les frappes américaines en représailles à l'attaque de l'hélicoptère - qui survolait le détroit d'Ormuz toujours verrouillé par l'Iran - ont notamment ciblé dans la nuit de mardi à mercredi les villes de Jask et Sirik et l'île de Qeshm, sur la côte sud de l'Iran.

Deux réservoirs ont été détruits, privant 20.000 habitants d'eau potable selon la télévision d'Etat.

L'Iran n'a pas commenté la perte de l'hélicoptère, mais a semblé vouloir la minimiser.

"Les forces étrangères à proximité de notre territoire sont constamment exposées à des risques, en raison de leurs propres erreurs humaines, de simples accidents ou de la possibilité d'être prises dans des tirs croisés. Pour réduire ce risque, la meilleure solution est qu'elles partent", a affirmé le chef de sa diplomatie, Abbas Araghchi

L'agence maritime britannique UKMTO a pour sa part rapporté qu'un pétrolier était en feu au large d'Oman et fait état d'une victime et deux disparus, après que le bâtiment a été "touché par un missile" selon l'équipage.

"Extrêmement préoccupée", la Russie a appelé à "la retenue et à une cessation immédiate des attaques armées". La Chine, tout aussi "profondément préoccupée", a réclamé "des mesures concrètes" pour "stopper l'escalade".

Mission de l'ONU au Liban

L'Iran et Israël avaient auparavant mené des attaques réciproques dimanche et lundi, pour la première fois depuis l'entrée en vigueur du fragile cessez-le-feu conclu entre Washington et Téhéran le 8 avril.

Téhéran, qui avait frappé en premier en réponse à des bombardements israéliens sur Beyrouth, exige que tout accord pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient englobe le Liban, où s'affrontent depuis le 2 mars son allié du Hezbollah et Israël.

Cherchant une issue à ce conflit impopulaire aux Etats-Unis, qu'il a déclenché aux côtés d'Israël le 28 février, Donald Trump avait exhorté les deux pays à cesser "immédiatement" les hostilités.

Téhéran a le premier annoncé l'arrêt de son opération militaire contre Israël, qui l'a ensuite imité.

Plus de 3.600 personnes ont été tuées dans les frappes israéliennes au Liban depuis le début de la guerre. Mercredi, l'ONU a annoncé l'envoi d'une mission dans le pays pour enquêter sur les violations des droits humains.

Sur place, au moins 12 personnes ont été tuées mercredi dans des frappes israéliennes sur deux localités de la région de Tyr selon une source médicale.

L'armée israélienne a par ailleurs annoncé mercredi avoir amené en Israël deux hommes appréhendés dans le sud du Liban, pour les interroger.