Le Point ce dimanche : L’Iran bascule dans l’inconnu et le Moyen-Orient s’embrase

Le Point ce dimanche : L’Iran bascule dans l’inconnu et le Moyen-Orient s’embrase

Une image extraite d'une vidéo diffusée par l'armée israélienne le 1er mars 2026 montre ce qu'elle présente comme des frappes à grande échelle contre « le quartier général du régime terroriste iranien » à Téhéran le 1er mars.

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La mort de l’ayatollah Ali Khamenei, tué samedi dans une frappe revendiquée par Israël avec l’appui des États-Unis, a ouvert une séquence inédite dans l’histoire de la République islamique. Tandis que Téhéran engage une transition politique sous tension et promet une riposte « légitime », la région s’enfonce dans une spirale militaire aux répercussions mondiales, du détroit d’Ormuz au reste du monde.

Une frappe décisive au cœur du pouvoir iranien

L’armée israélienne affirme avoir éliminé 40 hauts responsables iraniens lors de sa frappe initiale, dont le guide suprême Ali Khamenei. Selon des informations relayées par la presse américaine, les services de renseignement auraient identifié une réunion stratégique à Téhéran, permettant de cibler le cœur de la direction politico-sécuritaire en plein jour.

La disparition de Khamenei, confirmée par les autorités iraniennes dans la nuit, marque un tournant historique. Des explosions ont de nouveau secoué la capitale dimanche matin, Israël évoquant des frappes « au cœur de Téhéran ». Parmi les victimes figureraient également plusieurs hauts gradés, dont le chef d’état-major des forces armées, le ministre de la Défense et des responsables des Gardiens de la Révolution.

Téhéran a décrété 40 jours de deuil national et annoncé l’ouverture d’un processus de transition institutionnelle.

Une transition sous haute tension

Pour assurer la continuité de l’État, un triumvirat intérimaire a été mis en place. Il est composé du président Massoud Pezeshkian, du chef du pouvoir judiciaire Gholamhossein Mohseni Ejeï et du dignitaire religieux Alireza Arafi, nommé au sein du Conseil de direction provisoire. Cette instance doit gouverner jusqu’à ce que l’Assemblée des experts désigne un nouveau guide suprême.

Dans les rues de Téhéran, des milliers de partisans ont scandé des slogans hostiles aux États-Unis et à Israël. À Chiraz et à Yazd, des rassemblements ont réclamé vengeance. Des manifestations de solidarité ont également éclaté au Pakistan, en Irak et au Cachemire indien, certaines donnant lieu à des affrontements.

La disparition de Khamenei provoque des réactions contrastées à l’international. Pékin a condamné fermement l’opération, Moscou a dénoncé une violation du droit international, tandis qu’à Paris, la porte-parole du gouvernement a estimé que la France ne pouvait que « se satisfaire » de la disparition d’un dirigeant qualifié de dictateur.

Riposte iranienne et extension du conflit

Téhéran a rapidement annoncé une série de frappes contre Israël et contre des bases américaines dans le Golfe et au Kurdistan irakien. Des sirènes ont retenti à Tel-Aviv, Jérusalem, Manama, Doha, Erbil et Abou Dhabi. Des explosions ont été entendues dans plusieurs capitales régionales.

À Tel-Aviv,  à Abu Dhabi et  à Dubaï, les systèmes de défense ont intercepté plusieurs missiles. Une femme d’une quarantaine d’années a été tuée en Israël En Irak, au-dessus d’Erbil, des drones ont été neutralisés près du consulat américain.

À Bahreïn, l’ambassade des États-Unis a autorisé le départ du personnel non essentiel et demandé aux ressortissants américains d’éviter les hôtels de Manama, après des dégâts constatés sur un établissement de la capitale. Au Koweït, un missile iranien a endommagé une piste sur la base d’Ali Al Salem sans faire de victimes parmi les militaires italiens présents sur place.

Le Royaume-Uni a signalé que deux missiles balistiques avaient été tirés en direction de Chypre, sans qu’ils semblent viser directement l’île. Les Émirats arabes unis ont appelé l’Iran à « revenir à la raison ».

Le détroit d’Ormuz sous menace

L’Iran a annoncé à l’Union européenne la fermeture de facto du détroit d’Ormuz, par lequel transite environ 20 % du pétrole brut mondial. Une telle décision fait craindre une onde de choc sur les marchés énergétiques et une internationalisation accrue du conflit.

À Oman, pays médiateur traditionnel entre Washington et Téhéran, des drones ont visé un port, blessant une personne. Les États-Unis ont recommandé à leurs ressortissants de rester confinés.

Le risque nucléaire en toile de fond

L’Agence internationale de l’énergie atomique tiendra une réunion extraordinaire à la demande de la Russie. L’organisme a appelé à la retenue pour éviter tout risque pour la sécurité nucléaire régionale.

Israël affirme avoir détruit environ la moitié des stocks de missiles iraniens lors de la guerre de juin 2025 et entravé la production de nouveaux engins. Toutefois, l’armée israélienne reconnaît que le rythme de fabrication iranien restait élevé.

À l’ONU, l’Iran a dénoncé un crime de guerre devant le Conseil de sécurité. Le pape a appelé à mettre fin à la « spirale de la violence », avertissant d’une fracture irréparable.

Un Moyen-Orient à la croisée des chemins

Le président israélien Isaac Herzog a évoqué l’espoir d’« une nouvelle ère » pour le Moyen-Orient, estimant que l’opération visait à modifier durablement la trajectoire régionale. Mais la multiplication des frappes, des interceptions et des appels à la vengeance dessine plutôt une escalade incertaine.

Le Croissant-Rouge iranien a fait état de plus de 200 morts. Des bilans évoquent également des victimes civiles dans une école, chiffres impossibles à vérifier indépendamment. À Abou Dhabi, un civil a été tué par des débris de missiles.

Plusieurs pays, dont la France et la Thaïlande, se préparent à d’éventuelles évacuations de leurs ressortissants.

La mort de l’ayatollah Khamenei ne clôt pas un cycle. Elle en ouvre un autre, marqué par une recomposition interne en Iran et une confrontation élargie dont l’issue demeure incertaine. Entre transition politique fragile et démonstration de force militaire, la République islamique et ses adversaires entrent dans une phase où chaque décision est destinée à redessiner l’équilibre régional. (Quid avec AFP)

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