Léon XIV en Algérie, une visite inédite entachée par un double attentat

Léon XIV en Algérie, une visite inédite entachée par un double attentat

Le pape Léon XIV participe à une rencontre avec la communauté algérienne dans la basilique Notre-Dame-d’Afrique, à Alger, le 13 avril 2026. (Photo AFP)

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En visite officielle en Algérie, Léon XIV a entamé un déplacement à forte portée spirituelle sur les traces de saint Augustin, marqué par des appels au dialogue et à la réconciliation. Cette tournée, première du pape dans le pays, a toutefois été assombrie par un double attentat suicide survenu à Blida, qu’aucun groupe pour l’instant n’a revendiqué, ainsi que par des tensions diplomatiques liées à des déclarations de responsables américains.

Capture d'écran, réalisée le 14 avril 2026 à partir d'images publiées par des utilisateurs sur les réseaux sociaux le 13 avril 2026, montre des passants en train de recouvrir des corps mutilés gisant au milieu d'une rue à Blida, à environ 45 kilomètres au sud-ouest d'Alger. (AFP)

Sur les traces de son père spirituel saint Augustin, Léon XIV est arrivé mardi à Annaba, dans l'est de l'Algérie, au deuxième jour d'une visite inédite entachée par un double attentat suicide sur lequel les autorités algériennes sont restées muettes.

Ce déplacement, le premier de nouveau pape dans le pays à majorité musulmane, avait déjà été en partie occulté lundi par une diatribe de Donald Trump à son encontre, suivie dans la nuit par de nouvelles déclarations de son vice-président, JD Vance.

Accueilli avec les honneurs et sous une sécurité draconienne pour cette étape inaugurale d'une tournée dans quatre pays d'Afrique, Léon XIV a lancé lundi un message de paix, de pardon et de fraternité interreligieuse à Alger.

Mais sa visite a été entachée, le jour même de son arrivée, par un double attentat-suicide à Blida, à une quarantaine de kilomètres de la capitale, selon une source occidentale informée du dossier et des images authentifiées.

Les autorités algériennes et les médias locaux ont observé un silence total sur ce premier attentat-suicide dans le pays en plus de six ans.

Chants amazighs

Le voyage du pape s'est lui déroulé pour l'heure comme prévu, sans incident. Mardi en milieu de matinée, le chef de l'Eglise catholique est arrivé à Annaba, l'antique Hippone, pour une étape à la dimension personnelle et spirituelle dans les pas de saint Augustin (354-430).

Le grand penseur chrétien qui y fut évêque a légué son nom à l'ordre religieux dont est issu le pape américain, fondé au XIIIe siècle et aujourd'hui composé d'environ 3.000 membres à travers le monde prônant la charité et la vie communautaire.

Sous une pluie incessante, le pape a visité le site archéologique romain et planté un olivier, tandis qu'une chorale entonnait des chants en latin, en amazigh et en arabe, inspirés de textes de saint Augustin sur la paix et la fraternité.

Léon XIV, à la fibre résolument sociale, a ensuite prôné l'humilité dans une maison d'accueil pour personnes âgées démunies, majoritairement musulmanes, prises en charge par des religieuses catholiques.

Lundi à Alger, Léon XIV avait lancé un puissant appel au "pardon" devant le Monument des martyrs, aux victimes de la sanglante guerre d'indépendance contre la France (1954-1962), appelant à ne "pas ajouter du ressentiment au ressentiment, de génération en génération".

Devant le président Abdelmadjid Tebboune et les plus hautes autorités algériennes, Léon XIV avait invité les responsables du pays à "ne pas dominer" le peuple et à promouvoir "une société civile vivante, dynamique et libre".

Diatribe de Trump

Depuis l'élan du mouvement prodémocratie Hirak en 2019, qui réclamait des réformes profondes et plus de transparence, les autorités algériennes ont repris sévèrement le contrôle de l'espace public, dénoncent des ONG de défense des droits humains.

Le pape a visité la Grande Mosquée avant de se rendre à la basilique Notre-Dame d'Afrique, qui surplombe la baie d'Alger.

Il s'y est recueilli dans la chapelle des 19 "martyrs d'Algérie", des prêtres et religieuses assassinés, sur lequel persiste de nombreux doutes, pendant la décennie noire de guerre civile (1992-2002) entre groupes islamistes et forces gouvernementales, qui a fait 200.000 morts.

Sur fond de guerre au Moyen-Orient, la visite a été perturbée sur le plan diplomatique par des diatribes de Donald Trump, qui avait déclaré dimanche ne pas être "un grand fan" du pape, l'accusant de soutenir le programme d'armement nucléaire iranien et de s'être opposé à l'opération militaire américaine au Venezuela en janvier.

JD Vance, converti au catholicisme, a pour sa part appelé le Vatican à "s'en tenir aux questions morales" et à "laisser le président des Etats-Unis se charger de définir la politique publique américaine".

Mais le pape a estimé que l'Eglise avait "le devoir moral de s'exprimer très clairement contre la guerre". Soulignant ne pas avoir "peur" de l'administration Trump, il a toutefois indiqué ne pas vouloir "entrer dans un débat" avec elle.

Mercredi, le pape de 70 ans quittera Alger pour le Cameroun, suite d'un premier voyage africain qui le conduira également en Angola et en Guinée équatoriale jusqu'au 23 avril, un périple de 18.000 km à l'agenda très dense. (Quid avec AFP)

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