Mojtaba Khamenei, le nouveau guide suprême iranien, pas si inconnu que ça

Mojtaba Khamenei, le nouveau guide suprême iranien, pas si inconnu que ça

Une Iranienne à un rassemblement en soutien au Guide suprême du pays, Mojtaba Khamenei (sur la photo), et célèbrent l'Aïd al-Ghadir à Téhéran, le 4 juin 2026. (Photo AFP)

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Devenu guide suprême de l’Iran en mars 2026 après la mort de son père, Ali Khamenei, dans une attaque attribuée à Israël et aux États-Unis, Mojtaba Khamenei, autant invisible qu’il était dans l’ombre du vivant de son père, occupe désormais la plus haute fonction du système politique iranien. Longtemps resté dans l’ombre du pouvoir, ce religieux de 56 ans est considéré comme une figure influente des cercles dirigeants de la République islamique, notamment en raison de ses liens avec les Gardiens de la Révolution et de son rôle présumé dans plusieurs dossiers stratégiques du pays.

Mojtaba Khamenei, qui a fustigé jeudi dans un nouveau message Israël et les Etats-Unis, a accédé en mars au poste de guide suprême en Iran, à l'issue d'une longue carrière dans les coulisses du pouvoir.

Si son nom circulait de longue date, il était peu connu des Iraniens lorsqu'il a été nommé quelques jours après la mort, dans une attaque israélo-américaine, de son père Ali Khamenei qui avait été au pouvoir pendant plus de 35 ans.

Alors que le dirigeant de 56 ans est invisible en public depuis sa nomination, plusieurs responsables iraniens ont confirmé qu'il avait été blessé lors d'une frappe américano-israélienne.

Depuis mars, Mojtaba Khamenei a publié une dizaine de messages écrits. Dans un communiqué jeudi visant les Etats-Unis et Israël, il s'en est pris à "l'ennemi malveillant" qui cherche à "diviser" la nation iranienne.

Né le 8 septembre 1969 dans la ville sainte de Machhad (est), Mojtaba Khamenei est l'un des six enfants de l'ex-guide suprême et était le seul à avoir une position publique à défaut de fonction officielle.

En raison de sa discrétion, sa véritable influence a donné lieu à d'intenses spéculations durant des années au sein de la population iranienne comme dans les sphères diplomatiques.

Portant une barbe poivre et sel et le turban noir des "seyyed", les descendants du prophète Mahomet, il a été présenté par certains comme le véritable patron, agissant dans les coulisses du bureau de son père, au coeur du pouvoir en Iran.

"Ambitions régionales"

Il est aussi perçu comme proche des Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de la République islamique. Cette relation date de son engagement dans une unité combattante à la fin de la longue guerre entre l'Irak et l'Iran (1980-1988).

Le Trésor américain avait indiqué en 2019, en lui imposant des sanctions, qu'Ali Khamenei avait "délégué une partie de ses responsabilités" à son fils.

Ce dernier, selon le site de l'organe américain, "a travaillé en étroite collaboration avec le commandant de la Force Qods" - branche des opérations extérieures des Gardiens - ainsi qu'avec les forces paramilitaires des Bassij, pour "faire avancer les ambitions régionales déstabilisatrices de son père" et sa politique répressive en Iran.

Des opposants ont notamment mis en cause le rôle de MojtabaKhamenei dans la violente répression du mouvement de contestation qui avait suivi la réélection du président ultraconservateur Mahmoud Ahmadinejad en 2009.

Selon une enquête de l'agence Bloomberg, Mojtaba Khamenei s'est fortement enrichi en tissant un vaste réseau de sociétés écrans à l'étranger.

Sur le plan religieux, il a étudié la théologie dans la ville sainte de Qom, au sud de Téhéran, où il a également enseigné.

Il a atteint le rang d'hodjatoleslam, un titre donné aux clercs de rang intermédiaire, inférieur à celui d'ayatollah qu'avaient son père et Rouhollah Khomeini, fondateur de la République islamique en 1979.

Son épouse, Zahra Haddad-Adel, fille d'un ancien président du Parlement, a également été tuée dans les frappes américano-israéliennes, selon les autorités iraniennes.

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