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Nucléaire, Ormuz et sanctions : l’impasse se prolonge entre Washington et Téhéran
Une banderole illustrant les attaques militaires américano-israéliennes contre l'Iran, à Téhéran, la capitale, le 9 mai 2026. (Photo Atta Kenare – AFP)
L’Iran a transmis sa réponse à la dernière proposition américaine visant à mettre fin au conflit déclenché fin février au Moyen-Orient, mais Donald Trump l’a immédiatement rejetée, prolongeant l’impasse diplomatique. Tandis que Téhéran réclame la fin des hostilités régionales, la levée du blocus de ses ports et le dégel de ses avoirs, Washington continue d’exiger des concessions majeures sur le programme nucléaire iranien. Conséquences : les marchés pétroliers repartent à la hausse.
Des positions toujours irréconciliables
Après plus d’un mois d’une trêve fragile, les discussions indirectes entre l’Iran et les États-Unis restent dans l’impasse. Téhéran a adressé sa réponse à la proposition américaine destinée à mettre fin à la guerre déclenchée fin février, mais la réaction de Donald Trump a été immédiate.
Sur son réseau Truth Social, le président américain a qualifié la réponse iranienne de « totalement inacceptable », confirmant l’échec, à ce stade, des efforts diplomatiques engagés ces dernières semaines.
L’Iran affirme, lui, avoir présenté plusieurs exigences qu’il considère comme légitimes. Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, a réclamé « la fin de la guerre dans la région », y compris au Liban, où les affrontements persistent entre Israël et le Hezbollah.
Téhéran demande également la levée du blocus naval imposé par les États-Unis à ses ports depuis avril, ainsi que le dégel des avoirs iraniens bloqués à l’étranger dans le cadre des sanctions américaines.
Sur la question nucléaire, les autorités iraniennes restent prudentes publiquement. Esmaïl Baghaï a indiqué que ce dossier serait abordé « le moment venu ».
Cependant, selon des informations du Wall Street Journal citées par plusieurs médias, l’Iran proposerait d’ouvrir des négociations sur le nucléaire dans un délai de trente jours.
Le nucléaire au cœur du blocage
Le dossier nucléaire demeure le principal point de friction entre les deux camps. D’après les informations relayées par le Wall Street Journal, l’Iran accepterait de diluer une partie de son uranium hautement enrichi et de transférer le reste vers un pays tiers.
Téhéran serait également prêt à suspendre son programme d’enrichissement d’uranium, mais pour une durée inférieure aux vingt années exigées par Washington.
En revanche, les autorités iraniennes refuseraient le démantèlement de leurs installations nucléaires, considérées comme une ligne rouge stratégique.
L’Iran continue de nier toute volonté de se doter de l’arme atomique, affirmant défendre uniquement son droit au nucléaire civil.
Israël et les États-Unis restent toutefois convaincus que Téhéran conserve des capacités nucléaires susceptibles de déboucher sur la fabrication d’une arme atomique.
Les installations de Fordo, Natanz et Ispahan avaient été bombardées par Israël et les États-Unis lors de la guerre de douze jours en juin 2025. Donald Trump avait alors affirmé que ces frappes avaient « anéanti » le programme nucléaire iranien.
Pourtant, Washington estime qu’une partie de l’uranium enrichi demeure toujours en Iran.
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a réaffirmé dimanche que des matières nucléaires devaient encore être retirées du territoire iranien et que plusieurs sites d’enrichissement devaient être démantelés.
Selon lui, la guerre a permis d’obtenir des résultats importants, mais « elle n’est pas finie ».
Ormuz reste au centre des tensions
Le détroit d’Ormuz demeure un autre point majeur de confrontation. Cette voie maritime stratégique, par laquelle transite environ un cinquième du pétrole mondial, est sous contrôle iranien depuis le début de la guerre.
Selon le Wall Street Journal, la réponse iranienne prévoit une réouverture progressive de la navigation commerciale dans le détroit.
En échange, Téhéran réclame un allègement progressif du blocus naval imposé par les États-Unis sur ses ports.
L’Iran aurait également proposé le maintien de son contrôle sur la supervision de la navigation dans cette zone stratégique.
Depuis le début du conflit, Téhéran a instauré un système de droits de passage pour les navires empruntant le détroit, tandis que Washington a répliqué par un blocus destiné à réduire les exportations pétrolières iraniennes.
Les tensions autour d’Ormuz continuent d’avoir des conséquences importantes sur les marchés internationaux. Le prix du Brent, qui se situait autour de 70 dollars avant la guerre, évoluait lundi au-dessus des 100 dollars le baril.
Cette flambée alimente les inquiétudes sur les risques de perturbation durable de l’approvisionnement mondial en hydrocarbures.
Selon plusieurs analystes, Téhéran semble miser sur la pression économique provoquée par la hausse des prix de l’énergie pour pousser Washington à accepter un compromis plus favorable.
Des tensions militaires persistantes dans la région
Sur le terrain, les incidents militaires continuent de se multiplier malgré la trêve officiellement en vigueur.
Dans le Golfe, plusieurs attaques de drones ont été signalées ces derniers jours. Au Qatar, un vraquier en provenance d’Abou Dhabi a été visé dans les eaux territoriales qataries la fin de la semaine dernière.
L’agence iranienne Fars a affirmé que le navire battait pavillon américain, sans revendiquer explicitement l’attaque.
Le Koweït et Abou Dhabi ont également signalé des attaques de drones durant la même période. Les Émirats arabes unis ont directement accusé l’Iran d’en être responsable.
Ces incidents interviennent après des frappes américaines menées contre deux pétroliers iraniens dans le golfe d’Oman.
Au Liban-Sud, les combats se poursuivent également entre Israël et le Hezbollah malgré le cessez-le-feu censé être en vigueur depuis la mi-avril.
Dimanche, deux secouristes ainsi qu’un soldat israélien ont été tués dans les affrontements.
Dans cette ambiance hautement belliciste, les perspectives d’une reprise rapide des négociations apparaissent limitées. Une seule session de discussions indirectes a eu lieu jusqu’à présent, le 11 avril à Islamabad, sous médiation pakistanaise.
Depuis, les échanges diplomatiques stagnent tandis que les tensions militaires et économiques continuent de peser sur l’ensemble de la région. (Quid avec AFP)