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Porte-parole iranien : "personne ne s'attendait" à un accord dès le premier cycle de négociations
Une fresque murale au bord d'une route à Téhéran, le 12 avril 2026 dont les personnages guettent ou scrutent en toute confiance le ciel (Photo Atta Kenar/AFP)
Les négociations directes entre les États-Unis et l’Iran à Islamabad se sont soldées par un échec, ravivant les incertitudes autour du cessez-le-feu en vigueur depuis deux semaines. Dans ce contexte tendu, l’annonce d’un blocus naval américain du détroit d’Ormuz par Donald Trump marque une nouvelle escalade, alors que la diplomatie internationale tente d’éviter une aggravation du conflit au Moyen-Orient.
Des négociations infructueuses malgré une médiation active
Après plus de vingt heures de discussions directes à Islamabad, les pourparlers entre Washington et Téhéran n’ont pas permis de dégager un accord. Cette rencontre, facilitée par le Pakistan, constituait un moment inédit dans les relations entre deux pays ennemis depuis la Révolution islamique de 1979.
Le vice-président américain JD Vance a évoqué une “offre finale” présentée à l’Iran, regrettant l’absence d’engagement ferme de Téhéran sur l’abandon de son programme nucléaire. De son côté, Mohammad Bagher Ghalibaf a accusé les États-Unis de ne pas avoir su instaurer un climat de confiance, dénonçant des exigences jugées excessives.
Le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaeil Baqaei, a reconnu que les discussions se déroulaient dans un climat de méfiance, évoquant la complexité des enjeux en jeu. Il a ajouté que "personne ne s'attendait" à ce que les Etats-Unis et l'Iran parviennent à un accord dès le premier cycle de négociations. Pour l’ancien ministre des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif, l’échec s’explique par la volonté américaine d’imposer ses conditions.
Le détroit d’Ormuz au cœur des tensions
Au cœur des désaccords figure également le contrôle du détroit d’Ormuz, passage stratégique par lequel transite environ un cinquième du pétrole mondial. Bloqué de facto par l’Iran depuis le début du conflit, ce couloir maritime est devenu un enjeu central aux conséquences économiques globales.
Donald Trump a annoncé la mise en place d’un blocus naval américain. Il a averti que tout navire ou acteur hostile serait pris pour cible, évoquant la participation possible d’alliés sans en préciser la nature.
Cette décision intervient alors que la marine américaine semble avoir déjà engagé des opérations de sécurisation dans la zone, notamment avec le déploiement de destroyers pour des missions de déminage. En réponse, les Gardiens de la Révolution ont menacé d’agir avec fermeté contre toute présence militaire étrangère dans le détroit.
En riposte, les Gardiens de la révolution iraniens ont affirmé dimanche avoir "entièrement sous contrôle" le trafic dans le détroit d'Ormuz, en menaçant d'y piéger leurs ennemis dans un "tourbillon mortel", après des déclarations américaines.
"L'ennemi se retrouvera piégé dans un tourbillon mortel dans le détroit s'il fait un faux pas", a ajouté le commandement naval, en publiant une vidéo montrant des navires dans le viseur.
Le cessez-le-feu sous tension
Si la trêve conclue pour deux semaines semble, pour l’heure, respectée, son avenir reste incertain. Aucune déclaration officielle n’a été faite quant à son prolongement, alors qu’elle doit expirer le 22 avril.
Ce cessez-le-feu intervient dans une guerre déclenchée le 28 février, qui a déjà causé des milliers de victimes, notamment en Iran et au Liban. À Beyrouth, les autorités font état de plus de 2.000 morts et de milliers de blessés depuis le début des hostilités.
Malgré la suspension des combats, Israël, conflitgène, a indiqué que le Liban n’était pas concerné par l’accord, maintenant ainsi la pression militaire dans la région. Des discussions indirectes entre le Liban et Israël sont néanmoins prévues à Washington, dans un contexte diplomatique fragile.
Une escalade aux répercussions mondiales
La fermeture du détroit d’Ormuz a déjà entraîné des perturbations majeures sur les marchés énergétiques, avec une hausse des prix et des risques de pénurie. Les infrastructures pétrolières et gazières dans les pays du Golfe ont également été ciblées, aggravant les tensions régionales.
En Arabie saoudite, les autorités ont annoncé la remise en service d’un oléoduc stratégique reliant l’est à l’ouest du royaume, afin de contourner le blocage maritime. Cette mesure vise à limiter l’impact sur les exportations de brut.
En Iran, la situation intérieure reste marquée par des restrictions sévères, notamment une coupure quasi-totale d’Internet en place depuis plus de quarante jours. Les infrastructures civiles et de transport ont également été touchées par les frappes.
Des appels à la désescalade
Face à cette situation, plusieurs acteurs internationaux appellent à la retenue. Le sultanat d’Oman, par la voix de son ministre des Affaires étrangères, a exhorté les deux parties à faire des “concessions douloureuses” pour éviter une escalade incontrôlable.
La Russie, à travers Vladimir Poutine, s’est dite prête à jouer un rôle de médiateur, réaffirmant son engagement en faveur d’une solution diplomatique. L’Union européenne, de son côté, insiste sur la nécessité de poursuivre les efforts de dialogue, soulignant que la diplomatie demeure le seul moyen de résoudre les différends.
Sur le plan humanitaire, le pape Léon XIV a lancé un appel à la protection des civils, en particulier au Liban, appelant les parties à privilégier la paix.
Une diplomatie à l’épreuve
L’échec des négociations à Islamabad illustre les limites actuelles du dialogue entre Washington et Téhéran, dans un contexte de défiance persistante. Malgré les efforts de médiation, les positions restent éloignées, notamment sur la question nucléaire et la sécurité régionale.
Dans ce climat incertain, la perspective d’une escalade militaire autour du détroit d’Ormuz suscite de vives inquiétudes, tant pour la stabilité du Moyen-Orient que pour l’économie mondiale.
Alors que les regards se tournent vers d’éventuelles nouvelles initiatives diplomatiques, l’avenir du cessez-le-feu et la capacité des acteurs internationaux à contenir les tensions restent suspendus à des équilibres fragiles.