International
Première réunion du "Conseil de paix"
Le ministre des Affaires étrangères marocain aux côtés du président américain d-Donald Trump lors de la signature de la charte du Conseil de la Paix à Davos, le 22 janvier 2026
Créé pour aider à la reconstruction de Gaza, puis doté d'une mission plus large de résolution des conflits, annoncé comme un nouvel instrument de stabilisation internationale, le « Conseil de paix » voulu par Donald Trump tient à Washington sa première réunion consacrée à Gaza. Entre promesses financières, projet de force militaire et soupçons de concurrence avec l’ONU, l’initiative divise déjà la communauté internationale et interroge sa crédibilité.
Gaza
47 pays, pas tous membres à proprement parler du "Conseil", et l'Union européenne, en "observatrice", discuteront de la reconstruction et la stabilisation du territoire palestinien, mission première de cet organisme entièrement à la main du président américain.
La rencontre a lieu à l'institut "Donald J. Trump pour la paix", récemment renommé en l'honneur du dirigeant républicain, à partir de 9h00 locales (14h00 GMT).
Donald Trump s'exprimera, tout comme le chef de la diplomatie américain Marco Rubio et l'ancien Premier ministre britannique Tony Blair .
Selon la Maison Blanche, des engagements financiers de 5 milliards de dollars seront annoncés pour la bande de Gaza, ainsi que l'envoi de "milliers" de militaires pour une force de stabilisation.
Crédibilité -
Donald Trump en est le président. Il est habilité à "inviter" d'autres chefs d'Etat et de gouvernement et peut révoquer assez facilement leur participation.
"Si cette réunion (jeudi) ne produit pas des résultats rapides et concrets" en particulier sur le plan humanitaire, "sa crédibilité risque de s’effondrer’’, prédisent ceux que ce conseil a laissé en rade ou indispose.
Après plus de quatre mois de cessez-le-feu, les tirs et les frappes restent quotidiens dans la bande de Gaza, où Israël est accusé de violer la trêve.
Jeremy Issacharoff, expert à la Reichman University, souligne auprès de l'AFP qu'il faudra "beaucoup plus que 5 milliards de dollars" pour reconstruire le territoire en ruines.
Concurrent de l'ONU ?
Au-delà de Gaza, le "Conseil de paix" a pour mission de "garantir une paix durable dans les régions touchées ou menacées par des conflits".
De quoi, sur le papier, faire concurrence aux Nations unies que le président américain juge inefficaces.
Les membres permanents du "Conseil de paix" doivent verser 1 milliard de dollars pour adhérer, ce qui suscite des critiques sur une possible version "payante" du Conseil de sécurité.
Le président brésilien Lula l'a décrit comme "une nouvelle ONU dont (Trump) serait le seul maître."
Qui participe au "Conseil de paix" ?
Des dirigeants accusés d'autoritarisme ou acquis à l'idéologie nationaliste de Donald Trump, mais aussi des pays concernés par l'avenir de Gaza ou désireux de s'attirer les bonnes grâces du président américain.
Le chef de la diplomatie Gideon Saar représentera Israël.
Le Premier ministre hongrois Viktor Orban et le président argentin Javier Milei font le déplacement.
Nombre de pays arabes ont rejoint l'instance. L'Egypte sera représentée par le Premier ministre Mostafa Madbouly et la Jordanie par le ministre des Affaires étrangères Ayman Safadi.
Le président indonésien Prabowo Subianto, prêt à déployer 8.000 militaires pour la force de stabilisation, est attendu, tout comme plusieurs dirigeants d'Asie centrale qui ont rejoint l'initiative.
Qui garde ses distances ?
Les grands alliés traditionnels et les grands rivaux des Etats-Unis se sont abstenus dans leur majorité de rejoindre le "Conseil de paix" comme membres fondateurs.
L'Europe se divise toutefois sur l'attitude à adopter concernant spécifiquement la réunion de jeudi.
Certains pays non-membres participeront en "observateurs", comme l'Italie ou l'Allemagne. L'Union européenne a choisi la même approche et sera représentée par la commissaire Dubravka Suica.
La France, soutenue par l'Espagne, la Belgique ou l'Irlande, a critiqué cette décision de Bruxelles.
Donald Trump a retiré l'invitation faite au Canada.
Le Vatican a refusé de participer.
La Chine, invitée, n'a signalé aucune intention de participer et a exprimé à plusieurs reprises son attachement à un système centré sur l'ONU.
Le Japon réserve sa réponse sur une participation en bonne et due forme au "Conseil de paix". Il devrait envoyer jeudi son émissaire en charge de Gaza, selon la presse. (Quid avec AFP)