International
Sénégal: un soldat tué et six blessés lors d'une opération dans le sud, en Casamance
Des séparatistes du Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC), en Gambie, le 14 février 2022 avant la signature fin février 2025 avec les nouvelles autorités sénégalaises d’un "accord important" visant une paix définitive dans cette région.
Une opération de l’armée sénégalaise visant à détruire des cultures de cannabis dans la région de Casamance a tourné à l’affrontement armé près de la frontière gambienne. Un soldat a été tué et six autres blessés lors de cette intervention qui s’inscrit dans le cadre des actions régulières menées par les forces de sécurité pour lutter contre les trafics et les groupes armés dans cette région marquée depuis plus de quatre décennies par un conflit séparatiste.
Dakar, Sénégal - Un soldat sénégalais a été tué et six ont été blessés en Casamance, dans le sud du Sénégal, lors d'opérations visant la destruction de champs de chanvre indien près de la Gambie voisine, a annoncé l'armée jeudi soir.
"Un détachement" militaire "s'est accroché à un groupe d'individus armés dans la zone de Kadialock", un village près de la frontière avec la Gambie, pays enclavé dans le Sénégal à l'exception de sa façade maritime, indique dans un communiqué la direction des relations publiques des armées (Dirpa).
L'incident est survenu mercredi et "un premier bilan fait état d'un militaire tué et de six blessés", tandis que "plusieurs assaillants ont été neutralisés", dit le communiqué.
L'armée dit poursuivre les opérations en vue de "lutter contre la culture du chanvre, de traquer toute bande armée et de sécuriser les populations locales et leurs biens".
La Casamance, séparée d'une partie du reste du territoire sénégalais par la Gambie, est le théâtre d'un des plus vieux conflits d'Afrique depuis que des séparatistes y ont pris le maquis avec un armement rudimentaire après la répression d'une marche du Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC) en décembre 1982.
Après avoir fait des milliers de victimes et ravagé l'économie, le conflit a persisté à petits feux.
Les rebelles casamançais, accusés de trafic de bois et de cannabis, se sont souvent réfugiés en Gambie ou en Guinée-Bissau.
L'armée sénégalaise mène régulièrement des opérations pour détruire les champs de cannabis ou pour empêcher, selon elle, des attaques contre les populations civiles par des bandes armées.
Ces dernières années, les autorités sénégalaises ont entrepris de réinstaller les déplacés après avoir annoncé la destruction de plusieurs bases rebelles, notamment à la frontière avec la Guinée-Bissau.
Fin février 2025, les nouvelles autorités sénégalaises et la rébellion séparatiste avaient signé à Bissau un "accord important" visant une paix définitive dans cette région. Ces pourparlers étaient les premiers rendus publics entre les séparatistes et les nouvelles autorités sénégalaises élues en mars 2024.
Le dernier accord annoncé auparavant avait été conclu en août 2022 à Bissau entre l'Etat sénégalais et un chef militaire rebelle, César Atoute Badiate, en fuite et condamné à la prison à vie pour assassinat et insurrection armée, après avoir été jugé par contumace. (Quid avec AFP)