Trump à Pékin : Découplage et interdépendance - Par Dr Samir Belahsen

Trump à Pékin : Découplage et interdépendance - Par Dr Samir Belahsen

Le président américain Donald Trump (à gauche) s'entretient avec le président chinois Xi Jinping à l'issue de leurs discussions à la base aérienne de Gimhae, en Corée du Sud, le 30 octobre 2025.

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La visite annoncée de Donald Trump à Pékin, prévue les 14 et 15 mai 2026, intervient dans un contexte de tensions commerciales, d’interdépendance économique et de rivalités stratégiques entre les États-Unis et la Chine. Samir Belahsen estime possible la reconduction de la trêve douanière, et les discussions devraient porter sur les échanges technologiques et énergétiques. Les dossiers sensibles comme Taïwan ou le détroit d’Ormuz ne seront pas en reste dans l’ordre du jour de ce sommet bilatéral qui devrait privilégier la stabilisation des relations plutôt que des avancées structurelles.

Samir Belahsen

« Chacun de nous a appris les gloires de l'indépendance. Que chacun de nous apprenne les gloires de l'interdépendance. »

Franklin Delano Roosevelt (Discours à la Conférence interaméricaine de Buenos-Aires, 1 décembre 1936.)

« La pression de l'histoire nous révélait soudain l'interdépendance des nations - un incident à Shanghai, c'était un coup de ciseaux dans notre destin. »

Jean-Paul Sartre Situations II (1948)

Les préparatifs de la visite de Donald Trump à Pékin avancent. Au-delà des détails logistiques, la suspension de l’opération « Liberté » rend sa tenue le 14 & 15 Mai 2026 plus que probable.

Poutine, quant à lui, devrait visiter Pékin juste après Trump (fin Mai).

L’espoir et les postures

Il parle peu, réagit aux gesticulations avec calme et sérénité, donne une impression de stabilité, une image de secret et de responsabilité, c’est Xi Jinping, l’hôte de la rencontre. Son principal souci : garder le contrôle de sa stratégie à long terme.

Le visiteur offre une autre image, il adore les clivages et les animosités, il parle trop, tweete tout le temps, et menace beaucoup de monde et partout : l’Europe, le Venezuela, le Groenland, l’Iran, Cuba… Ses coups font mal, il dirige une superpuissance économique, diplomatique et surtout militaire. Ses revirements sont renversants.

"Nous travaillons ensemble intelligemment, et très bien ! C’est mieux que de se battre non ? " avait-il déclaré avant d’ajouter : " Mais n’oubliez pas nous sommes très bons pour nous battre, si nécessaire - bien meilleurs que quiconque ! "

Deux versions en 30 secondes, celle de ses faucons et celle de ses colombes et accroit son imprévisibilité en oubliant de faire une synthèse.

L’ordre du jour

Pour le bilatéral : On peut imaginer la reconduction de la trêve douanière conclue en octobre 2025, quelques mesures pour le rééquilibrage des échanges tant recherché par Trump, on parlera de soja, d’aéronautique et surtout d’énergie et de puces.

On reviendrait à institutionaliser un conseil du commerce et d’un conseil de l’investissement.

On évitera d’évoquer, cette fois, les droits de l’homme.

Un autre sujet important sera nécessairement évoqué, les échanges de puces et de minerais rares…Trump chercherait des engagements d'achats Chinois en agriculture, énergie, avions ...Il demanderait aussi des investissements industriels chinois

Taiwan : Complexe mais fondamental

Le sujet de Taiwan s’imposera, ne serait-ce qu’à cause de la vente d’armes qui avait été suspendue (11 milliards USD).

La Chine demanderait à Washington de s'auto-contraindre sur les ventes d'armes à Taipei. Le mieux serait que Trump exprime clairement son opposition à l'indépendance de Taiwan ou au moins sa sympathie pour une "réunification pacifique". Pour Pékin, sur ce sujet il faut avancer ne serait-ce que d’un pas, un mot...

Pour Pékin, ce serait le premier signe de respect. Pour Trump la tentation sera grande d’utiliser Taiwan comme monnaie d’échange pour des concessions commerciales ou politiques (Gallium et terres rares, Iran …). Sinon il resterait dans son flou stratégique, en maintenant le « One China policy » et son engagement à « aider Taiwan à se défendre ».

L’Iran et le détroit d'Hormuz

Le président Trump l’avait confirmé, les États-Unis demandent à la Chine d'utiliser son influence sur l'Iran et de contribuer à rouvrir le détroit d'Hormuz.

La Chine qui importe près de 60% de son pétrole via Hormuz ne peut tolérer une fermeture qui dure.

Si Pékin dépend moins du pétrole iranien à court terme, le Golfe reste sa principale source d’approvisionnement.

En plus, les conséquences d’une crise énergétique frapperaient immédiatement ses exportations mondiales devenues le moteur principal de sa croissance et de la profitabilité de ses entreprises industrielles.

En définitive les deux camps pourraient avoir intérêt, à court terme, à faire la mariée plus belle qu’elle n’est. Cela montre que l’interdépendance pousse les compromis.

Le sommet devrait donc surtout éviter la rupture, prolonger les suspensions, les trêves …

Pour les percées majeures, il faudra attendre des jours meilleurs. Ce serait peut-être la prochaine rencontre après les élections « midterms » du 03 Novembre 2026.

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