Trump menace, l’Iran promet une réponse « dévastatrice au-delà du Moyen Orient »

Trump menace, l’Iran promet une réponse « dévastatrice au-delà  du Moyen Orient »

Un couple de mariés assiste à une cérémonie de mariage collective, pour ceux qui se proposent au martyr, sur la place Imam Hossein à Téhéran, le 18 mai 2026 (Photo AFP)

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L’escalade verbale entre Téhéran et Washington s’est intensifiée après de nouvelles menaces de Donald Trump contre l’Iran en cas d’échec des négociations engagées depuis le cessez-le-feu du 8 avril. Les Gardiens de la Révolution ont averti qu’une nouvelle attaque américaine entraînerait une extension du conflit « au-delà du Moyen-Orient ». Dans ce contexte de tensions persistantes, les discussions diplomatiques restent fragiles tandis que les enjeux énergétiques liés au détroit d’Ormuz continuent de peser sur les marchés internationaux.

Téhéran - L'Iran a promis mercredi d'étendre la guerre "au-delà de la région" du Moyen-Orient si les Etats-Unis l'attaquent à nouveau, après des menaces de Donald Trump de reprendre les hostilités faute de percée dans les négociations de paix.

"Si l'agression contre l'Iran se répète, la guerre régionale promise s'étendra cette fois bien au-delà de la région, et nos coups dévastateurs vous écraseront", ont affirmé les Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de la République islamique.

Un cessez-le-feu précaire est en vigueur depuis le 8 avril entre Téhéran et Washington, après plus d'un mois de guerre, déclenchée par une attaque israélo-américaine contre l'Iran le 28 février.

Le conflit a fait des milliers de morts, surtout en Iran et au Liban où le Hezbollah pro-iranien a attaqué Israël, qui a ensuite envahi le sud du pays.

La guerre a aussi gravement perturbé l'économie mondiale, entre bond des cours du pétrole et pénuries rampantes de matières premières, en raison du quasi blocage du stratégique détroit d'Ormuz par Téhéran.

Après une première séance infructueuse de négociations à Islamabad le 11 avril, les discussions entre les Etats-Unis et l'Iran, via des médiateurs dont le Pakistan, piétinent depuis plus d'un mois, chaque partie campant sur ses positions.

"Deux ou trois jours"

"L'ennemi américano-sioniste (...) doit savoir que, malgré l'offensive menée contre nous par toutes les capacités de deux armées, les plus coûteuses du monde, nous n'avons pas déployé toute la puissance de la Révolution islamique", ont ajouté les Gardiens.

Mardi, le président américain Donald Trump avait de nouveau menacé de frapper l'Iran si un accord pour mettre durablement fin à la guerre n'était pas trouvé avec ce pays, tout en réitérant qu'il espérait ne pas devoir relancer les hostilités.

Il a dit donner à Téhéran "deux ou trois jours, peut-être vendredi, samedi, dimanche, quelque chose comme ça, peut-être au début de la semaine prochaine".

Washington assure que le dialogue se poursuit malgré tout. "Il y a beaucoup d'allers-retours" avec la partie iranienne, a déclaré mardi le vice-président JD Vance, évoquant même de "bons progrès."

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a prévenu de son côté qu'un "retour à la guerre réserverait bien davantage de surprises" de la part de son pays.

Les frappes lancées le 28 février ont coûté la vie à plusieurs hauts responsables iraniens, dont le guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei, déclenchant des attaques de représailles de Téhéran à travers la région, en particulier les riches pétromonarchies du Golfe.

L'une d'entre elles, le Qatar, avait appelé mardi à donner "plus de temps" à la diplomatie pour régler le conflit.

Autre possible signe d'une poursuite des discussions en coulisse, le ministre pakistanais de l'Intérieur s'est à nouveau rendu mercredi à Téhéran pour rencontrer des hauts responsables de la République islamique, selon des sources diplomatiques citées par l'agence officielle Irna.

Discussions Moscou-Pékin

La Chine, principal partenaire commercial de l'Iran, et la Russie, alliée stratégique de la République islamique, ont quant à elles souligné mercredi la nécessité "de revenir au dialogue et aux négociations dès que possible", selon le texte d'une déclaration commune publiée par le Kremlin lors d'une visite du président Vladimir Poutine à Pékin.

Les deux pays sont en "accord complet" quant au fait que les frappes américaines et israéliennes contre l'Iran violent la loi internationale, selon la même source.

Un cinquième du pétrole brut et du gaz naturel liquéfié transitait avant la guerre par le détroit d'Ormuz. Téhéran a annoncé lundi la création d'un nouvel organisme chargé de superviser cette voie maritime et de faire payer des droits de passage aux navires.

L'Iran dit avoir laissé passer 26 navires par Ormuz en 24 heures

La marine des Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de l'Iran, a affirmé mercredi avoir autorisé plus de 25 navires, dont des pétroliers, à transiter par le détroit d'Ormuz ces dernières 24 heures.

"Au cours des dernières 24 heures, 26 navires — dont des pétroliers, des porte-conteneurs et d'autres navires commerciaux — ont franchi le détroit d'Ormuz", a indiqué la marine des Gardiens de la Révolution sur X.

Elle a ajouté qu'ils étaient passés après "une coopération" avec elle.

Séoul a annoncé de son côté qu'un pétrolier sud-coréen avait franchi mercredi Ormuz "en coordination avec l'Iran", marquant le premier passage d'un navire sud-coréen depuis le début du conflit.

Le trafic dans le détroit a légèrement augmenté la semaine dernière, revenant à des niveaux conformes à la moyenne enregistrée depuis le 28 février, après avoir atteint un plus bas en temps de guerre.

Un pétrolier sud-coréen a emprunté mercredi le détroit, un passage facilité par Téhéran, a annoncé le ministre sud-coréen des Affaires étrangères, Cho Hyun, sans donner davantage de détails. La Corée du Sud, comme de nombreux pays asiatiques, dépend fortement des importations de carburant en provenance du Moyen-Orient.

Vers 09H40 GMT (11H40 à Paris), le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en juillet, perdait 1,79% à 109,29 dollars, la mention d'une coordination avec l'Iran de la Corée du Sud, qui possède d'importantes raffineries, étant perçu par le marché comme un soulagement.