Washington hausse le ton face à Téhéran et menace de prendre le contrôle du pétrole iranien

Washington hausse le ton face à Téhéran et menace de prendre le contrôle du pétrole iranien

Cette capture d'écran, tirée d'une vidéo diffusée le 10 juin 2026 et publiée par le Commandement central américain le 11 juin 2026, montre ce que l'armée américaine présente comme une frappe menée par les forces américaines visant à neutraliser le pétrolier M/T Jalveer, battant pavillon de Guinée-Bissau, alors qu'il aurait tenté de contourner le contre-blocus américain imposé aux ports iraniens. (AFP)

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Le président américain Donald Trump a annoncé jeudi une nouvelle intensification des opérations militaires contre l’Iran, affirmant vouloir frapper le pays « très fort » et prendre le contrôle de ses principales infrastructures pétrolières, notamment l’île stratégique de Kharg. Alors que Washington envisage également de financer les réparations des dégâts causés dans le Golfe par des fonds iraniens gelés, plusieurs puissances, dont la Russie, la Chine, le Pakistan et la Turquie, appellent à une désescalade et à la reprise des négociations.

Trump menace l’Iran d’une offensive renforcée

Le conflit entre les États-Unis et l’Iran a franchi un nouveau seuil jeudi avec les déclarations particulièrement offensives du président américain Donald Trump. Sur sa plateforme Truth Social, il a annoncé que les États-Unis allaient frapper l’Iran « très fort » dans la soirée  de jeudi et mener des bombardements plus puissants que ceux déjà réalisés ces dernières semaines.

Le président américain a toutefois indiqué qu’il préférerait éviter les attaques contre les ponts et les centrales électriques iraniennes, estimant que ce type d’opérations affecterait directement les populations civiles. Malgré cette réserve, il a confirmé que de nouvelles frappes étaient imminentes.

Dans le même message, Donald Trump a affirmé que Washington comptait s’emparer de l’île de Kharg ainsi que d’autres installations énergétiques iraniennes afin de prendre le contrôle du marché pétrolier et gazier du pays. Cette déclaration marque une nouvelle étape dans la rhétorique américaine, qui dépasse désormais le simple objectif militaire pour viser explicitement les ressources économiques stratégiques de la république islamique.

L’île de Kharg au cœur des enjeux énergétiques

Située dans le nord du Golfe, à une trentaine de kilomètres des côtes iraniennes, l’île de Kharg constitue le principal terminal pétrolier de l’Iran. Selon plusieurs estimations, près de 90 % des exportations iraniennes de brut transitent par cette plateforme stratégique.

Donald Trump avait déjà évoqué par le passé une prise de contrôle de cette île, qu’il considère comme un levier majeur pour affaiblir durablement les capacités financières de Téhéran. Il a rappelé que Kharg avait déjà été visée par des bombardements américains massifs au mois de mars.

Toutefois, le président américain s’est montré plus nuancé lors d’un entretien accordé à Fox News. S’il a confirmé que la prise de contrôle de Kharg restait son option privilégiée, il a reconnu douter du soutien de l’opinion publique américaine à une opération terrestre de grande ampleur.

Refusant officiellement l’idée d’un déploiement massif de troupes, il a néanmoins affirmé que les États-Unis seraient capables de prendre le contrôle de l’ensemble du territoire iranien avec un contingent limité de soldats. Une déclaration qui illustre la confiance affichée par Washington dans sa supériorité militaire, mais qui soulève également des interrogations sur les objectifs réels de l’offensive en cours.

Les avoirs iraniens dans le viseur de Washington

Sur le front économique, l’administration américaine poursuit également sa stratégie de pression maximale.

Le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, a déclaré que les dommages causés aux alliés des États-Unis dans le Golfe seraient compensés grâce à des prélèvements sur des comptes appartenant à l’Iran. Sans préciser les mécanismes juridiques envisagés, il a indiqué que Washington entendait utiliser ces fonds pour financer les réparations liées aux attaques attribuées à Téhéran.

Le responsable américain a également averti que les sommes versées aux autorités iraniennes pour le passage des navires dans le détroit d’Ormuz pourraient faire l’objet de compensations similaires. Depuis la fermeture du détroit par l’Iran, les tensions se sont accrues autour de cette voie maritime essentielle au commerce mondial des hydrocarbures.

Scott Bessent a réaffirmé la volonté de Washington d’assécher les ressources financières de la République islamique afin de contraindre ses dirigeants à accepter les conditions américaines. Cette stratégie repose sur un durcissement continu des sanctions économiques visant les réseaux de financement iraniens.

Les appels internationaux à la désescalade se multiplient

Face à la reprise des hostilités, plusieurs capitales ont exprimé leur inquiétude quant aux conséquences régionales et mondiales d’une poursuite de l’escalade.

La Russie a appelé les deux parties à revenir à la table des négociations. Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a mis en garde contre les répercussions économiques internationales d’un conflit prolongé, soulignant notamment les risques pour la stabilité énergétique mondiale.

La Chine a également exhorté Washington et Téhéran à cesser immédiatement leurs opérations militaires. Pékin, partenaire économique majeur de l’Iran, a insisté sur la nécessité d’un cessez-le-feu complet et durable et a réaffirmé son soutien aux efforts de médiation engagés ces derniers mois.

Le Pakistan, qui tente depuis le début de la crise de faciliter un dialogue entre les deux pays, a regretté la nouvelle détérioration de la situation. Islamabad affirme poursuivre ses initiatives diplomatiques malgré les difficultés croissantes rencontrées par les médiateurs.

La Turquie a, elle aussi, appelé à l’arrêt des attaques réciproques. Le ministre des Affaires étrangères Hakan Fidan a estimé que les bombardements des derniers jours faisaient peser un risque sérieux d’embrasement régional et a plaidé pour une reprise rapide des discussions politiques.

Alors que les opérations militaires se poursuivent et que les menaces américaines se durcissent, les efforts diplomatiques paraissent plus fragiles que jamais. L’évolution du conflit dépendra désormais autant des choix militaires de Washington et de Téhéran que de la capacité des médiateurs internationaux à recréer un espace de négociation. (Quid avec AFP)

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