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Croissance, protection sociale et ambition nationale, Akhannouch défend son bilan
Aziz Akhannouch, Chef du gouvernement, lors de sa présentation devant la Chambre des conseillers d’un bilan global de l'action gouvernementale
‘’Sous la conduite de SM le Roi Mohammed VI, le Maroc poursuit un vaste chantier de réformes économiques et sociales’’ a souligné Aziz Akhannouch, Chef du gouvernement, lors de sa présentation devant la Chambre des conseillers d’un bilan global de l'action gouvernementale. Entre relance de l'investissement, lutte contre le chômage, développement humain, réformes fiscales et consolidation de l'État social, retour sur une déclaration vantant une dynamique qui dessine le visage d'un Maroc moderne, inclusif et stratège. Retour sur les traits saillants du bilan que fait M. Akhannouch de l’action gouvernementale.
Un cap résolument tourné vers la modernisation
Lors de la séance mensuelle de politique générale au Parlement, le Chef du gouvernement, Aziz Akhannouch, a exposé les réalisations et perspectives de l’exécutif dans les domaines économique, financier et social. Le mot d’ordre : accélérer la cadence des réformes pour ancrer le Royaume dans une trajectoire de développement durable.
L’exécutif a porté ses efforts sur la relance économique via une hausse significative de l’investissement public, passé de 230 milliards de dirhams (MMDH) en 2021 à 340 MMDH en 2025. La nouvelle charte de l’investissement, soutenue par des décrets d’application ciblant les TPME, introduit des incitations adaptées, notamment des primes à la création d’emplois, territoriales ou sectorielles.
Un effort est également consacré au climat des affaires, à la stratégie Maroc Digital 2030 et à la feuille de route touristique 2023-2026, visant à accueillir 17,5 millions de touristes et créer 200.000 emplois.
Des résultats macroéconomiques encourageants
Malgré une conjoncture climatique difficile, le PIB a progressé de 3,8 % en 2024 (contre 3,7 % en 2023), tiré par la croissance des secteurs non agricoles (+4,5 %). La prévision pour 2025 est de 4,6 %.
L’attractivité étrangère s’est traduite par des recettes IDE de 43,2 MMDH en 2024, contre 26 MMDH en 2020, avec une progression de 27 % à fin mai 2025.
Les réserves officielles du Royaume ont atteint 402 MMDH en juin 2025 (+10 %), couvrant plus de cinq mois d’importations. Parallèlement, le taux d’inflation a été ramené à moins de 1 %, contre 6,6 % en 2022.
Côté emploi, le pays a créé environ 351.000 emplois dans les secteurs non agricoles au premier trimestre 2025, trois fois plus qu’en 2024. Le chômage a reculé de 0,4 point.
Une trajectoire budgétaire assainie
Les finances publiques connaissent une nette amélioration. Le déficit budgétaire est passé de 7,1 % du PIB en 2020 à 3,5 % en 2024. L’endettement public a été contenu, tombant de 72,2 % du PIB à 67,7 % sur la même période.
Ce rétablissement s’appuie sur une hausse des recettes fiscales, passées de 199 à 300 MMDH (2020-2024), sans hausse de la pression fiscale. Les recettes ordinaires ont augmenté de 143 MMDH (+13 %/an).
La réforme fiscale en cours, étalée sur cinq ans via la loi-cadre 69.19, porte sur l’IS, la TVA (avec un alignement progressif vers les taux cibles de 10 % et 20 % à l’horizon 2026), ainsi que l’IR, réformée en 2025 en lien avec l’accord social d’avril 2024.
Des mesures pour contenir l’inflation et soutenir les prix
Face aux tensions inflationnistes, le gouvernement a mobilisé 88,2 milliards de dirhams (MMDH) entre 2022 et 2024 pour garantir la stabilité des produits de base. Ce montant couvre notamment le soutien au gaz butane (53,6 MMDH), au sucre (17,5 MMDH) et à la farine et au blé tendre (16,8 MMDH). À cela s’ajoute un appui exceptionnel de 8,6 MMDH en faveur des professionnels du transport.
Dans un contexte marqué par la sécheresse, 20 MMDH ont été consacrés à l’agriculture, dont 8 MMDH pour les aliments composés et l’orge, et 4 MMDH pour les intrants agricoles comme les engrais et les semences. Le Chef du gouvernement a également évoqué la suspension des droits d’importation sur certains produits agricoles en 2025, et l’exonération de TVA sur une sélection d’animaux vivants.
En parallèle, l’ONEE a reçu un soutien budgétaire de 17 MMDH sur la période 2022-2025 afin de maintenir des tarifs stables pour l’électricité.
Emploi : une feuille de route pour 1,45 million de postes
Aziz Akhannouch a présenté une stratégie de l’emploi ambitieuse visant à ramener le chômage à 9 % d’ici 2030. Pour cela, 14 MMDH sont mobilisés dans la loi de finances 2025 : 12 MMDH en incitations à l’investissement, 1 MMDH pour préserver les emplois agricoles, et 1 MMDH pour les programmes actifs de promotion de l’emploi.
La feuille de route accorde une priorité aux populations vulnérables. Elle prévoit notamment l’élargissement des dispositifs à destination des non-diplômés, le renforcement de la formation en alternance (avec 100 000 bénéficiaires en 2025), et la levée des freins à l’insertion professionnelle des femmes.
Santé et aide directe : vers une couverture sociale élargie
Plus de 4 millions de ménages, soit 11,4 millions de Marocains, bénéficient désormais du régime AMO de base réservé aux personnes ne pouvant s’acquitter des cotisations. Ce régime garantit un accès gratuit aux soins dans les établissements publics, ou via la CNSS dans les structures privées. L’État prend en charge les cotisations à hauteur de 9,5 MMDH par an. Le taux de couverture AMO a bondi de 42,2 % à 88 % depuis le lancement du projet.
En complément, près de 4 millions de familles – représentant 12 millions de personnes, dont 5,5 millions d’enfants et plus de 420 000 veuves – ont perçu une aide sociale directe à fin avril 2025. Le montant total déboursé dépasse les 34 MMDH.
Protection sociale : un chantier transformateur
L’une des réformes phares du mandat est la généralisation de la protection sociale. Le coût estimé est de 39 MMDH en 2025, puis plus de 41 MMDH en 2026. En 2024, 32 MMDH y ont déjà été consacrés.
L’assurance maladie obligatoire a été étendue, de même que l’indemnisation pour perte d’emploi et l’affiliation aux régimes de retraite. Ce socle est conçu pour stabiliser les parcours professionnels et renforcer l’fitat social.
Le Chef du gouvernement rappelle que cette démarche, inspirée de la vision royale, traduit un choix politique et sociétal. Il s’agit d’ancrer les droits sociaux dans la durée pour garantir une vie digne à tous les Marocains.
Santé et éducation : des budgets en hausse
Pour renforcer l’état social, le gouvernement a porté le budget de la santé de 19,7 MMDH en 2021 à 32,6 MMDH en 2025 (+65 %). Une réforme globale du système de santé est en cours, fondée sur l’efficacité, la couverture universelle et la qualité des soins.
Côté éducation, plus de 85 MMDH sont prévus pour 2025, dans le cadre de la feuille de route 2022-2026. Des crédits additionnels de 9,5 MMDH/an seront mobilisés jusqu’en 2027 pour soutenir la mise en œuvre de la loi-cadre sur l’éducation, la formation et la recherche.
Dialogue social et hausse des salaires
Parallèlement, le gouvernement a conclu un accord social majeur, prévoyant des hausses salariales bénéficiant à 4,25 millions de citoyens (1,25 million de fonctionnaires, 3 millions de salariés privés), pour un coût global de plus de 45 MMDH à l’horizon 2026.
L’augmentation générale atteint 1.000 dirhams net mensuels, en deux étapes, complétée par une revalorisation de 15 % du SMIG et du SMAG.
Transition énergétique et sécurité hydrique
Pour répondre aux défis climatiques, le gouvernement a alloué 18 MMDH en 2025 au programme national d’approvisionnement en eau potable et d’irrigation (2020-2027).
Dans le domaine énergétique, la stratégie repose sur le développement des renouvelables et une feuille de route pour l’hydrogène vert, avec pour ambition de renforcer la souveraineté énergétique et de faire du Maroc un hub compétitif à l’échelle internationale.
Un modèle de développement en mutation
Dans son intervention, Aziz Akhannouch a souligné que le gouvernement, tout en assumant l’effort budgétaire pour les chantiers stratégiques, s’emploie à restaurer les marges budgétaires. Le redressement des finances publiques doit accompagner les mutations structurelles du modèle marocain de développement.
Sous l’impulsion de SM le Roi, le Maroc poursuit une réforme globale, articulant croissance inclusive, justice sociale et innovation économique. Un projet d’avenir où chaque pilier – emploi, éducation, santé, finance, environnement – est mis au service d’un seul objectif : garantir à chaque citoyen les conditions d’une vie digne.