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À Rabat, l’Afrique parlementaire en quête de cohésion stratégique
Le Bureau de cette instance encore jeune a étudié la création de cinq groupes thématiques, proposition qui sera soumise à approbation lors d’une prochaine réunion du Forum.
Sous la présidence de Salma Benaziz, le Bureau du Forum des présidents des commissions des affaires étrangères et de la défense des parlements africains s’est réuni à Rabat pour poser les jalons d’un parlementarisme continental plus structuré et solidaire. Au programme : défis communs, souveraineté partagée, et l’annonce d’une prochaine session sur l’eau, l’énergie et le développement durable.
Une conscience parlementaire africaine
Le siège de la Chambre des représentants à Rabat a accueilli, vendredi, une réunion à haute portée symbolique et stratégique. Il s’agissait du Bureau du Forum des présidents des commissions des affaires étrangères et de la défense des parlements africains, qui poursuit ainsi sa mue institutionnelle entamée en février 2025, lors de sa fondation dans la capitale marocaine.
Dirigée par Salma Benaziz, à la fois présidente du Forum et de la Commission marocaine des affaires étrangères, cette session de travail a permis de valider la version finale du statut du Forum et d’affiner les contours de sa future session, prévue l’an prochain au Maroc, sous le thème fédérateur : « Eau, énergie et développement durable ».
Structuration, coordination, rayonnement
Le Bureau de cette instance encore jeune a étudié la création de cinq groupes thématiques, proposition qui sera soumise à approbation lors d’une prochaine réunion. Il a également planché sur un mécanisme de coordination visant à inscrire durablement le Forum dans les cercles parlementaires internationaux, avec pour objectif d’en faire un levier d’influence sur les dossiers cruciaux du continent.
Cette réunion a été aussi l’occasion de revenir sur les multiples défis africains : sécurité, paix, climat, migration, alimentation. Autant de fronts où les parlements ont, selon les participants, un rôle proactif à jouer, au-delà de la seule fonction législative.
Une diplomatie parlementaire en évolution
En marge des travaux, une rencontre s’est tenue entre la délégation du Forum et Rachid Talbi Alami, président de la Chambre des représentants. Celui-ci a salué la démarche comme une avancée décisive vers une diplomatie parlementaire africaine mieux concertée. Il a insisté sur la pertinence du Forum en tant que plateforme durable de dialogue, de coopération Sud-Sud et de construction d’une vision continentale partagée.
Mme Benaziz, de son côté, a présenté les jalons d’une gouvernance du Forum plus fluide et inclusive, tout en réaffirmant la nécessité de renforcer les synergies entre les différentes composantes régionales africaines. Ce travail de structuration vise à ancrer le Forum dans le paysage panafricain, et à l’ériger en outil de plaidoyer pour les voix parlementaires du continent.
Un leadership collectif en gestation
La délégation du Bureau du Forum témoigne de cette volonté d’équilibre continental. Elle réunit Aboubacar Sidiki Koné (Mali), Vita Rashid Mfaume Kawawa (Tanzanie), et Isabel Eraul Ivina (Guinée équatoriale), aux côtés de Mme Benaziz. Ces figures incarnent une Afrique parlementaire plurielle, décidée à se doter d’un instrument collectif à la hauteur des mutations du continent.
Rappelons que le Forum a vu le jour le 20 février 2025, toujours à Rabat, lors d’un second sommet des commissions africaines des affaires étrangères. Sa création marque une tentative ambitieuse de fédérer les chambres législatives africaines autour de leurs enjeux communs.