Administration territoriale : promotions et redéploiement

Administration territoriale : promotions et redéploiement

Le Roi Mohammed VI, , accompagné du Prince Héritier Moulay El Hassan, reçoit, au Palais Royal de Rabat, les nouveaux walis et gouverneurs nommés au niveau de l’Administration territoriale et centrale. 24/05/2025-Rabat

1
Partager :

Dans un geste de renouvellement administratif et d’ajustement de l’Administration territoriale, le Roi Mohammed VI a présidé à la nomination de nouveaux walis et gouverneurs, incarnant la continuité de l’État mais aussi une volonté de rajeunissement, de redéploiement et de professionnalisation de la gouvernance. Ces profils aux parcours variés dessinent les contours d’une administration territoriale plus adaptée aux défis contemporains du Royaume.

Rabat – Dans le cadre d’une nouvelle vague de nominations inscrite dans la dynamique de modernisation de l’appareil administratif territorial, le Roi Mohammed VI, accompagné du Prince héritier Moulay El Hassan, a reçu au Palais Royal de Rabat les nouveaux walis et gouverneurs nommés à la tête de plusieurs régions et provinces du Royaume.

En présence du ministre de l’Intérieur, Abdelouafi Laftit, et du chambellan du Roi, Sidi Mohammed El Alaoui, les nouveaux responsables territoriaux ont prêté serment devant le Souverain, marquant symboliquement le début de leurs nouvelles fonctions. La cérémonie, à incarne la volonté royale de consolider la décentralisation, d'encourager une gouvernance locale plus efficace et de répondre aux enjeux d’aménagement, de sécurité et de développement local.

Des profils expérimentés au service des territoires

La série de nominations met en lumière des profils diversifiés, mêlant technocrates aguerris, hauts fonctionnaires issus du ministère de l’Intérieur et experts venus d’autres sphères administratives et économiques. En tête de cette liste, figure Samir Mohammed Tazi, nommé Wali et Secrétaire général du ministère de l’Intérieur. Diplômé de Polytechnique et des Ponts et Chaussées, il a déjà occupé plusieurs postes stratégiques, notamment au Fonds d’équipement communal.

De son côté, Mohamed Faouzi reprend le poste de Wali Inspecteur général de l’Administration territoriale, fonction qu’il a déjà occupée après avoir été wali de plusieurs régions comme Marrakech ou Meknès. Son profil d’ingénieur, mêlé à une expérience de terrain et dans le secteur privé, illustre la polyvalence désormais exigée des hauts responsables territoriaux.

Hassan Aghmari, quant à lui, est promu au sein de sa direction stratégique des Affaires électorales. Ce lauréat de l’Institut Royal de l’Administration Territoriale est l’une des clés du système électoral marocain depuis près de deux décennies.

Les provinces, les plus touchées par le redéploiement

Cette réorganisation territoriale a également vu la nomination de nouveaux gouverneurs dans des provinces clefs, à commencer par Mohamed Ali Habouha à Settat, ex-gouverneur de Berkane, qui apportera son expérience forgée entre Laâyoune, Tarfaya et Casablanca.

À Benslimane, c’est désormais El Hassan Boukouta, ingénieur de formation, qui assurera la gouvernance provinciale, après un passage remarqué à Sidi Bennour. Son parcours dans la gestion des régies d’eau et d’électricité fait de lui un homme de terrain connaissant les besoins des populations.

À Mohammedia, Adil El Maliki, ancien patron de l’OMPIC et gouverneur d’Essaouira, incarne une approche axée sur l’investissement, l’innovation administrative et la gestion du foncier économique.

Une nouvelle dynamique dans les villes moyennes

Le redéploiement administratif touche aussi des territoires stratégiques dits intermédiaires. À Berrechid, Jamal Khallouq, docteur en droit public et expérimenté à Driouch et Chtouka-Aït-Baha, devra faire face à la pression démographique et à l’urbanisation galopante. À Khouribga, Hicham Medarhri Alaoui, ingénieur passé par Maroc Telecom et les CRI, apporte une touche technologique et entrepreneuriale.

La nomination d’un pharmacien, Brahim Abouzaid, à Sefrou, ou encore d’un spécialiste de l’éducation, Abdelmoumen Talib, à Youssoufia, témoigne de la volonté d’adapter les profils aux besoins spécifiques des territoires : santé, éducation, infrastructures, inclusion sociale.

Des profils féminins affirmés

La liste compte également des figures féminines marquantes. Bouchra Barradi, nommée à Aïn Chock, est ingénieure de formation et a dirigé plusieurs offices de distribution d’eau et d’électricité. Elle apporte une solide expertise en gouvernance urbaine.

Hanane Riahi, nouvelle gouverneure des affaires intérieures régionales à Marrakech-Safi, forte d’une expérience sur le terrain à Laâyoune, Casablanca et Tanger, incarne cette nouvelle génération de femmes hautes fonctionnaires affirmées dans les territoires.

L’administration des confins

Certains gouverneurs nommés dans les provinces frontalières ou du Sud comme Mohamed Darham à Sidi Ifni, Mohamed Salem Essabti à Chtouka-Aït-Baha ou Mohamed Bari à Tata connaissent parfaitement les dynamiques sociales, économiques et sécuritaires de ces régions, grâce à leur long compagnonnage avec le ministère de l’Intérieur.

Cette fine connaissance du tissu local est également incarnée par des profils tels que Noureddine Ouabbou à Figuig, ou Omar Lamrini à El Hajeb, tous deux dotés d’une forte expérience dans l’encadrement administratif et l’ingénierie financière, ce qui leur permet d’accompagner les investissements publics avec efficacité.

La spécialisation en norme

La montée en puissance de la spécialisation technico-administrative dans la gestion territoriale est perceptible. Plusieurs gouverneurs se distinguent par leurs compétences pointues dans des domaines comme les télécommunications (Abdelhak Harrak), la statistique (Mohammed Rachid), le droit public (Samir Lyazidi), ou encore la géographie (Younes El Khouildi).

Ces profils montrent que la gestion d’une province ne se réduit plus à la maîtrise de la sécurité ou de l’ordre public, mais implique désormais des compétences en urbanisme, développement durable, ingénierie sociale, fiscalité locale, et gestion de projets complexes.

De nouveaux défis pour une nouvelle génération

La dynamique de ces nominations s’inscrit dans une logique de responsabilisation et de performance. Elle vise à renforcer la gouvernance régionale et locale, pilier de la régionalisation avancée voulue par le Roi, et à doter les territoires de ressources humaines capables de porter les politiques publiques au plus près des citoyens. C’est particulièrement le cas de Abdellah El Alaoui, 42 ans, nommé gouverneur et directeur de la communication au ministère de l’Intérieur.  Expert en marketing stratégique, il occupait ce poste par intérim depuis 2021, après une carrière entamée en 2006 comme analyste consultant.

Les défis sont multiples : gestion des ressources, attractivité territoriale, cohésion sociale, modernisation de l’administration, transparence, et surtout relance économique post-crise. Les nouveaux gouverneurs devront également être les chevilles ouvrières de la mise en œuvre de la Charte de la déconcentration et des projets liés au Nouveau Modèle de Développement.

Ce mouvement de fond cible aussi LE renouvellement générationnel progressif dans les sphères de l’État, avec la promotion de profils dans la quarantaine et la cinquantaine. L’accent mis sur la formation, la pluridisciplinarité et l’expérience démontre une exigence nouvelle en matière de leadership local.

lire aussi