National
Affaire Sion Assidon : enquête judiciaire pour lever toutes les zones d’ombre
Outre ses engagements de gauche et contre la corruption, Assidon est un défenseur résolu de la cause palestinienne. En 2014, il estime que les Israéliens, « ne sont pas des civils : ils sont tous soumis au service militaire et se rendent donc coupables de crimes de guerre ».
Le Procureur général du Roi près la Cour d’appel de Casablanca a confirmé que les investigations liées à l’affaire Sion Assidon se poursuivent toujours. Les conclusions juridiques appropriées ne seront établies qu’à l’issue de l’instruction, menée avec minutie afin d’éclairer l’opinion publique et de garantir la transparence autour de ce dossier sensible.
Les premiers signalements et l’intervention de la police
Tout a commencé le 11 août 2025, lorsque deux employés de Sion Assidon, inquiets de son absence au travail, ont alerté la police après avoir constaté que leur employeur était injoignable au téléphone. En se rendant à son domicile, ils avaient remarqué que sa voiture était garée devant la maison, sans mouvement apparent. Les services de la police judiciaire, rapidement mobilisés, ont découvert Sion Assidon inconscient, allongé sur un canapé au rez-de-chaussée, mais présentant encore des signes de vie. Il a aussitôt été transféré vers l’hôpital pour y recevoir les soins nécessaires.
La fouille du domicile n’a révélé aucun signe d’effraction ou de désordre. Au contraire, les objets et effets personnels semblaient rangés de manière ordonnée. Certains éléments matériels ont été récupérés pour analyse, confirmant l’absence d’indices laissant supposer une intrusion.
Caméras de surveillance et recoupements d’indices
L’examen des images d’une caméra de surveillance installée dans la ruelle voisine a apporté des précisions essentielles. On y voit Sion Assidon rentrer seul chez lui le 9 août à 10h36, vêtu des mêmes habits que ceux portés lorsqu’il a été retrouvé inconscient. Depuis ce moment jusqu’à l’arrivée de la police deux jours plus tard, la voiture stationnée devant le domicile n’avait pas bougé.
Parallèlement, des prélèvements biologiques et des empreintes ont été effectués sur plusieurs objets à l’intérieur de la maison. Les résultats n’ont révélé que la présence des empreintes de l’intéressé.
Témoignages du voisinage et poursuite des investigations
Les témoignages recueillis par les enquêteurs viennent corroborer ces éléments. Un ouvrier travaillant dans une maison mitoyenne a affirmé avoir vu Sion Assidon, le samedi 9 août dans l’après-midi, occupé à tailler des branches d’arbres à l’aide d’une échelle. Lorsqu’il a quitté les lieux vers 17h00, il l’a aperçu toujours à l’ouvrage. Le lendemain, en reprenant son activité, l’ouvrier a constaté que l’échelle était restée en place, signe que la tâche avait été interrompue.
Le propriétaire voisin, entendu à son tour, a confirmé avoir demandé à Sion Assidon d’élaguer certaines plantes de son jardin ce même samedi, attestant aussi de sa présence et de son activité ce jour-là.
Le communiqué du Procureur général souligne que toutes les pistes sont examinées, et que les résultats définitifs ne seront communiqués qu’à la clôture de l’enquête, lorsque les effets juridiques appropriés seront établis.
Sion Assidon, né en mai 1948 à Agadir est un militant des droits de l'homme marocain. Issu d'une famille marocaine juive, Assidon dit s'exprimer publiquement en tant que « citoyen marocain, amazigho-arabe » et non en tant que juif[1].
Il s'investit dans la lutte pour l'instauration de la démocratie dans son pays, ce qui lui vaut d'être emprisonné de 1972 à 1984, pendant les années de plomb[4]. En 2005, il fonde "Transparency Maroc" dont il devient le directeur, puis membre du Bureau exécutif et du Conseil d'administration de Transparency International.
Outre ses engagements de gauche et contre la corruption, Assidon est un défenseur résolu de la cause palestinienne. En 2014, il estime que les Israéliens, « ne sont pas des civils : ils sont tous soumis au service militaire et se rendent donc coupables de crimes de guerre ».