Cisjordanie et Gaza : le Maroc alerte sur l’équilibre fragile du processus de paix

Cisjordanie et Gaza : le Maroc alerte sur l’équilibre fragile du processus de paix

Le ministre des Affaires étrangères, Nasser Bourita avec son homologue tchèque, Petr Macinka

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 Pour le Maroc, toute avancée vers une solution durable dans la bande de Gaza demeure étroitement liée à la stabilité en Cisjordanie. À Rabat, le ministre des Affaires étrangères, Nasser Bourita, a réaffirmé cette position en soulignant que les tensions persistantes, les provocations sur le terrain et l’affaiblissement des institutions palestiniennes compromettent toute perspective de règlement global.

La Cisjordanie, pilier de toute dynamique de paix

Lors d’un point de presse conjoint avec son homologue tchèque, Petr Macinka, Nasser Bourita a insisté sur le rôle central de la Cisjordanie dans toute équation liée à Gaza. Selon lui, la stabilité de ce territoire constitue un préalable indispensable à la réussite de tout processus politique ou sécuritaire concernant l’enclave palestinienne.

Le ministre a alerté sur la dégradation de la situation sur le terrain, marquée par des décisions législatives controversées et des actes qualifiés de provocateurs. La confiscation de terres palestiniennes et les attaques de colons israéliens contre les populations locales sont autant de facteurs qui fragilisent un équilibre déjà précaire.

Dans cette perspective, Rabat considère que toute initiative visant à stabiliser Gaza ne peut aboutir sans un environnement apaisé en Cisjordanie, condition sine qua non pour restaurer une dynamique politique crédible.

Al-Qods au cœur des préoccupations marocaines

La situation dans la ville d’Al-Qods suscite également une vive inquiétude. Le chef de la diplomatie marocaine a évoqué les restrictions imposées à la mosquée Al-Aqsa, notamment durant le mois de Ramadan, ainsi que les tensions récurrentes autour des lieux saints.

En sa qualité de président du Comité Al-Qods, Sa Majesté le Roi Mohammed VI suit de près ces évolutions, qui touchent à la dimension symbolique et spirituelle du conflit. Pour le Maroc, la préservation du statut historique et religieux de la ville reste un enjeu central dans toute perspective de règlement.

Une approche constante fondée sur la solution à deux États

Nasser Bourita a réaffirmé la position constante du Royaume concernant la cause palestinienne, qui ne saurait être traitée de manière ponctuelle ou circonstancielle. Le Maroc plaide pour une solution politique durable reposant sur la création d’un État palestinien indépendant dans les frontières de juin 1967, avec Al-Qods Est pour capitale, vivant en paix aux côtés d’Israël.

Dans cette optique, le maintien de la stabilité dans les Territoires palestiniens et le renforcement de l’Autorité palestinienne apparaissent comme des éléments déterminants. Toute tentative de déstabilisation ou d’affaiblissement institutionnel est perçue comme un facteur susceptible de compromettre les efforts en cours

Un contexte régional sous tension

Au-delà du dossier palestinien, le ministre a évoqué les développements dans la région du Golfe, marquée par des attaques iraniennes. Il a réitéré la position du Maroc, exprimant sa solidarité avec les pays du Golfe et son rejet de ces agressions, conformément aux orientations du Roi Mohammed VI.

Toutefois, Rabat insiste sur la nécessité de ne pas reléguer la question palestinienne au second plan face à ces tensions. Pour le Royaume, la centralité de cette cause demeure intacte, malgré la complexité croissante du contexte géopolitique régional.

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