Climat et biodiversité : 190 projets bancables, éligibles aux mécanismes de financement climatique innovants

Climat et biodiversité : 190 projets bancables, éligibles aux mécanismes de financement climatique innovants

La CDN 3.0 projette une réduction des émissions de gaz à effet de serre de plus de 53 % à l’horizon 2035, grâce à un portefeuille de plus de 190 projets bancables, éligibles (Leila Benali)

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À la réunion de la Commission nationale sur les changements climatiques et la biodiversité, la ministre Leila Benali a annoncé que l’année 2025 marque une étape décisive dans la feuille de route climatique du Maroc. La nouvelle Contribution Déterminée au niveau National (CDN 3.0) affiche des ambitions revues à la hausse, inscrites dans une dynamique participative, inclusive et résolument tournée vers l’action climatique et la protection de la biodiversité, selon la ministre.

‘’Une vision nationale ambitieuse et inclusive’’

Dans un collectif de réflexion stratégique, la ministre de la Transition énergétique et du Développement durable, Leila Benali, a souligné que la CDN 3.0, élaborée en 2025, incarne un changement d’échelle dans la politique climatique du Maroc. Cette nouvelle feuille de route, fruit d’un processus consultatif de grande ampleur – plus de 60 consultations bilatérales menées avec l’ensemble des parties prenantes – vise à traduire les ambitions du Royaume en actions concrètes et mesurables.

La CDN 3.0 projette une réduction des émissions de gaz à effet de serre de plus de 53 % à l’horizon 2035, grâce à un portefeuille de plus de 190 projets bancables, éligibles aux mécanismes de financement climatique innovants. Elle introduit également des objectifs sectoriels d’adaptation chiffrés, en synergie avec les enjeux de biodiversité, en intégrant les principes de la transition juste, de l’égalité de genre et de l’inclusion territoriale.

Le processus d’élaboration de cette contribution a été caractérisé par une forte implication de la société civile, du secteur privé, du monde académique, et des collectivités territoriales, avec une participation féminine significative de 51 %. Il s’agit, selon Mme Benali, d’un effort structurant, aligné sur les priorités socio-économiques et écologiques du Royaume.

Climat et biodiversité : une convergence stratégique

La réunion a également permis de rappeler le lien indissociable entre action climatique et préservation de la biodiversité. Dans ce sens, Mme Benali a annoncé que le Maroc révisera son Plan d’Action National pour la Biodiversité (PANB), afin de l’aligner avec le Cadre Mondial pour la Biodiversité Kunming-Montréal (CMBKM), adopté lors de la COP15.

Ce cadre, dont l’objectif phare est de protéger 30 % des terres et des océans d’ici 2030, place la restauration des écosystèmes, la lutte contre la pollution et la surexploitation, ainsi que l’intégration de la biodiversité dans les politiques sectorielles, au cœur des priorités. La réussite de ces engagements repose, selon la ministre, sur la mobilisation de financements accrus, y compris au niveau local, et sur la consolidation d’une transition territoriale participative.

À travers cette orientation stratégique, le Maroc affirme sa volonté de s’imposer comme un acteur crédible et ambitieux sur la scène climatique internationale. Le pays, fidèle à son engagement sous l’impulsion de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, inscrit ainsi ses efforts dans la continuité d’un processus entamé en 2016 avec la première version de la CDN. Déjà révisée en 2021 avec un objectif de réduction des émissions porté à 45,5 %, cette ambition franchit désormais un cap majeur avec les engagements pris en 2025.

Un cadre structurant pour la décennie climatique 2025-2035

La CDN 3.0 s’impose comme un outil de pilotage central pour les dix prochaines années. Elle structure les efforts nationaux en matière d’atténuation et d’adaptation, tout en intégrant les dimensions économiques, sociales et environnementales. Elle offre également une réponse concrète aux impératifs de transition énergétique, de sécurité hydrique, de résilience agricole et d’industrialisation durable.

Parmi les éléments notables de cette feuille de route figurent l’intégration des mécanismes de l’Article 6 de l’Accord de Paris – portant sur les échanges de crédits carbone entre États –, le développement de solutions basées sur la nature, et le renforcement de la coopération internationale.

La réunion de la Commission nationale a permis de présenter un bilan des actions menées en 2024, ainsi que les résultats des négociations techniques tenues à Bonn lors de la 62e session des organes subsidiaires de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques. Le plan d’action pour 2025 y a également été exposé, dans une logique de continuité et d’intensification de l’action climatique marocaine.

Au-delà des objectifs chiffrés, Mme Benali a insisté sur l’importance d’une transition juste et équitable, plaçant les jeunes, les femmes et les communautés locales au cœur du processus décisionnel. Le succès de la feuille de route marocaine repose sur la capacité collective à œuvrer de manière cohérente et à mobiliser les ressources nécessaires.

En adoptant une approche intégrée, fondée sur la concertation et la gouvernance partagée, le Maroc confirme son rôle de leader régional en matière de climat et de biodiversité. L’année 2025 n’est pas seulement une étape technique ; elle marque un tournant stratégique, un point d’inflexion vers une nouvelle ère d’action climatique résolue, inclusive et tournée vers l’avenir.

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