Crue d’Oum Er-Rbia, évacuations d’urgence ailleurs, école adaptée et averses en vue

Crue d’Oum Er-Rbia, évacuations d’urgence ailleurs, école adaptée et averses en vue

Des patrouilles nocturnes dans les quartiers et les rues de la ville de Ksar El Kébir afin de sécuriser les commerces et les habitations des habitants évacués.

1
Partager :

Des opérations d’évacuation menées par les Forces armées royales à Sidi Kacem jusqu’aux dispositifs pédagogiques déployés pour les élèves sinistrés de Ksar El Kébir, le nord du Maroc fait face à un épisode climatique exceptionnel. Entre protection des populations et des biens, continuité de la scolarité et vigilance météorologique, autorités publiques, institutions éducatives et société civile ont enclenché une mobilisation multidimensionnelle pour limiter les impacts humains et sociaux des inondations. La Direction générale de la météorologie a ainsi émis un bulletin d’alerte de niveau orange annonçant de fortes pluies, des averses orageuses avec risque de grêle et des rafales de vent dans plusieurs provinces

 

Opérations d’évacuation menées par les Forces armées royales dans la Province de Sidi Kacem

Khénifra en alerte face à la crue de l’Oum Er-Rbia

Les autorités provinciales de Khénifra ont déclenché dimanche un dispositif d’urgence pour faire face à la montée des eaux de l’Oum Er-Rbia, qui traverse la ville. En coordination avec la Protection civile et les services techniques, les équipes ont surveillé les points sensibles le long des berges, notamment dans les quartiers les plus exposés et près des affluents.

Parallèlement, des mesures préventives ont été engagées pour garantir le bon fonctionnement du réseau d’assainissement, incluant le curage des canalisations et la réparation des dégâts liés aux intempéries. Les autorités maintiennent une vigilance maximale jusqu’au retour à la normale.

Évacuation préventive à Sidi Kacem

Sur la route reliant le douar Tihli à la commune des Houwafat, dans la province de Sidi Kacem, les équipes du génie militaire des Forces armées royales ont procédé à l’évacuation de citoyens exposés à la montée des eaux. L’intervention, menée sous la supervision des autorités locales, s’inscrivait dans un dispositif préventif visant à réduire les risques liés aux perturbations climatiques persistantes.

La progression des eaux dans plusieurs zones rurales a rendu certains axes impraticables et fragilisé les habitations. Face à cette situation, la priorité a été donnée à la sécurité des habitants, avec un transfert organisé vers des zones sûres. Ces opérations illustrent le rôle central des unités spécialisées de l’armée dans la gestion des catastrophes naturelles, notamment dans les zones enclavées où l’accès demeure difficile pour les secours classiques.

Au-delà de l’évacuation elle-même, les autorités ont également assuré un suivi logistique afin de garantir un hébergement temporaire et un accompagnement des familles déplacées, en coordination avec les services sociaux et la protection civile.

La scolarité des enfants préservée à M’diq-Fnideq

Plus au nord, la préfecture de M’diq-Fnideq a mis en place un dispositif spécifique pour accompagner les familles évacuées de Ksar El Kébir après les crues de l’oued Loukkos. L’enjeu principal a été de maintenir la continuité scolaire des enfants malgré leur déplacement vers des centres d’hébergement provisoires.

L’Académie régionale de l’éducation et de la formation de Tanger-Tétouan-Al Hoceima a appelé les établissements publics et privés à accueillir temporairement les élèves sinistrés. Cette mesure vise à éviter toute rupture pédagogique et à préserver l’équilibre psychologique des enfants confrontés à une situation exceptionnelle.

La Ligue marocaine pour la protection de l’enfance, en coordination avec les autorités locales, a distribué des aides alimentaires, médicales et scolaires. Fournitures, vêtements et couvertures ont été remis aux familles, tandis que les élèves ont bénéficié d’un accompagnement éducatif et psychologique adapté.

Au Centre méditerranéen de l’enfant à M’diq, 52 personnes dont 30 enfants scolarisés ont été accueillies. Les élèves ont été intégrés dans des établissements scolaires de la préfecture après coordination avec les services éducatifs, démontrant une volonté de transformer l’accueil d’urgence en cadre de stabilité temporaire.

Suspensions de cours pour raisons de sécurité

Face à la poursuite des perturbations météorologiques, plusieurs directions provinciales de l’Éducation nationale ont décidé la suspension provisoire des cours dans de nombreuses villes du nord. Tanger-Asilah, M’diq-Fnideq, Ouezzane et Fahs-Anjra ont interrompu l’enseignement pendant une journée, tandis que Tétouan et Chefchaouen ont prolongé la suspension sur deux jours.

À Larache, l’enseignement à distance a été privilégié pour les établissements situés à Ksar El Kébir, en attendant l’amélioration de la situation. Dans la province d’Al Hoceima, les cours ont repris dans certaines communes relativement épargnées, mais demeurent suspendus ailleurs.

Ces décisions, prises en coordination avec les autorités locales et les comités provinciaux de veille, visent à protéger élèves, enseignants et personnels administratifs. Les autorités éducatives ont insisté sur le caractère évolutif de ces mesures, dépendant directement de l’évolution des conditions météorologiques.

Alerte météo et risques persistants

La Direction générale de la météorologie a émis un bulletin d’alerte de niveau orange annonçant de fortes pluies, des averses orageuses avec risque de grêle et des rafales de vent dans plusieurs provinces. Des cumuls de pluie pouvant atteindre 60 mm ont été prévus notamment à Tanger-Assilah, Tétouan, Larache et Chefchaouen, tandis que d’autres provinces comme Kénitra, Taounate et Sidi Kacem restent également exposées.

Parallèlement, des vents violents atteignant 80 km/h ont concerné plusieurs régions de l’intérieur. Ces conditions météorologiques expliquent l’activation du dispositif national de vigilance et la multiplication des opérations préventives.

Une mobilisation multidimensionnelle

La succession d’interventions sécuritaires, sociales et éducatives traduit une gestion globale de la crise. Les Forces armées royales assurent la protection immédiate des populations, les autorités territoriales coordonnent l’assistance, tandis que les institutions éducatives préservent la continuité pédagogique.

Cette complémentarité permet d’éviter que la catastrophe naturelle ne se transforme en crise sociale durable. L’accompagnement des enfants, considéré comme prioritaire, témoigne d’une approche visant à maintenir un minimum de normalité malgré le déplacement et l’incertitude.

lire aussi