Cybersécurité à Rabat : souveraineté numérique à l’ordre du jour

Cybersécurité à Rabat : souveraineté numérique à l’ordre du jour

Parallèlement au séminaire régional sur la cybersécurité qui a débuté lundi, Rabat accueille la Semaine régionale de la cybersécurité

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Parallèlement au séminaire régional sur la cybersécurité qui a débuté lundi, Rabat accueille la Semaine régionale de la cybersécurité, deux rendez-vous majeurs qui réunissent experts, responsables politiques, opérateurs et acteurs économiques autour d’un même défi : bâtir un espace numérique sûr, résilient et créateur de valeur. Dans un contexte mondial marqué par l’explosion des cyberattaques, le Maroc entend consolider sa position d’acteur régional de premier plan et faire de la cybersécurité un moteur de développement et de confiance.

Cybersécurité et souveraineté numérique : un enjeu stratégique

Les interventions lors de l’ouverture du séminaire régionale sur  le cybersécurité ont été unanimes : la cybersécurité n’est plus un luxe technologique mais une condition essentielle pour garantir la souveraineté numérique et assurer la continuité de l’État et des entreprises. Abdeltif Loudyi, ministre délégué chargé de l’Administration de la Défense nationale, a rappelé que l’investissement dans la cybersécurité améliore le climat des affaires, attire les investisseurs et renforce la compétitivité.

De son côté, Nadia Fettah, ministre de l’Économie et des Finances, a insisté sur l’urgence de bâtir un cyberespace de confiance pour protéger les citoyens et stimuler l’économie. Elle a plaidé pour une coopération internationale accrue afin de mutualiser les compétences et renforcer la lutte contre la cybercriminalité, dont la fréquence et la sophistication connaissent une hausse spectaculaire, notamment avec l’usage de l’intelligence artificielle par les cybercriminels.

Innover sans sacrifier la sécurité

L’un des panels phares du séminaire a exploré la question de la souveraineté des données et de l’équilibre entre vie privée, sécurité et innovation. Les experts ont souligné que la souveraineté numérique ne signifie pas l’isolement technologique, mais la capacité à innover dans un cadre sûr et respectueux des droits fondamentaux.

Les données sont devenues un actif stratégique mais également une cible privilégiée. D’où l’importance de mettre en place des mécanismes de protection robustes, allant du chiffrement avancé aux protocoles de cybersécurité intégrant l’intelligence artificielle. Cette dernière, utilisée de manière éthique et responsable, peut détecter les anomalies en temps réel et prévenir les attaques avant qu’elles ne causent des dégâts majeurs.

Les participants ont toutefois averti que l’IA est une arme à double tranchant : si elle peut renforcer la cyber-résilience, elle peut aussi être exploitée pour automatiser des attaques sophistiquées, telles que les campagnes de phishing intelligent ou la production de deepfakes.

Le Maroc en acteur régional de la résilience numérique

La "Regional Cyber Week" ne se limite pas aux débats. Elle propose également des ateliers de formation pour les professionnels marocains, arabes et africains, couvrant la réponse aux incidents, la protection du cloud et l’intégration de l’IA dans la sécurité numérique.

En marge de l’événement, Rabat accueille les réunions de l’OIC-CERT, du réseau africain des autorités de cybersécurité et du Forum international des équipes d’intervention. Ces rencontres confirment le rôle du Maroc comme hub régional de coopération en cybersécurité et soulignent son engagement à renforcer la résilience de ses infrastructures critiques.

De la protection à la confiance

Pour Amal El Fellah, ministre déléguée chargée de la Transition numérique, la cybersécurité est indissociable de la qualité démocratique et de l’attractivité économique d’un pays. Elle contribue à restaurer la confiance du citoyen, à sécuriser les échanges d’information et à positionner le Maroc comme un partenaire fiable sur la scène internationale.

À l’heure où les attaques DDoS dans la région MENA ont bondi de plus de 200 % au deuxième trimestre 2025, l’appel lancé à Rabat est clair : il faut passer d’une logique défensive à une culture de la cyber-résilience, intégrant éducation, innovation et coopération régionale et mondiale.

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