DE LA CRÉDIBILITE PERDUE DU JOURNAL LE MONDE - PAR MUSTAHA SAHA.

DE LA CRÉDIBILITE PERDUE DU JOURNAL LE MONDE - PAR MUSTAHA SAHA.

Le roi Mohammed VI du Maroc (au centre), et e président français Emmanuel Macron (à gauche) accompagnés de membres de la famille royale, dans le palais royal après un dîner officiel à Rabat le 29 octobre 2024, dans le cadre d'une visite officielle de trois jours du président français au Maroc. (Photo de Ludovic MARIN / AFP)

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En s’autorisant une charge indécente contre le souverain marocain, Le Monde renie son héritage de rigueur et sombre dans la trivialité des rumeurs. Dans ce coup de gueule depuis Paris, l’écrivain Mustapha Saha, qui est également sociologue et peintre, fait l’éloge funèbre du journal de référence qui éclairait les débats dans les cafés parisiens et accompagnait la pensée critique des années soixante.

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En s'attaquant abusivement, trivialement, indécemment, au souverain marocain, le journal Le Monde, premier quotidien français, réputé pour sa rigueur informationnelle, se boulevardise, se tabloïdise, descend au ras des rumeurs insanes. Hubert Beuve-Méry, Jacques Fauvet, Pierre Viansson-Ponté, André Fontaine, Jean Lacouture, Bertrand Poirot-Delpech se retournent dans leurs tombes. Pathétique chute de leur publication de référence devenue une poubelle. Dans les années soixante et soixante-dix, pendant mes études en sociologie à l'université de Nanterre, le Monde est la lecture indispensable, incontournable, des ouvriers et des intellectuels. Ses livraisons s'étalent sur les tables du Café de Flore et de la Closerie des Lilas. Les soixante-huitards se souviennent de l'article de Pierre Viansson-Ponté "Quand la France s'ennuie..." Quel rédacteur de ce journal est capable aujourd'hui d'écrire, diagnostic terriblement actuel :  " La France s'ennuie. Les Français s'ennuient. Ils se s'intéressent, ni de près, ni de loin, aux grandes convulsions qui secouent le monde. La jeunesse s'ennuie. Les empoignades, les homélies, les apostrophes politiques paraissent au mieux comiques, au pire inutiles, incompréhensibles. La télévision  détourne l'attention des vrais problèmes. Le président s'ennuie. Il s'efforce, sans grand succès, de dramatiser la vie quotidienne en exagérant à haute voix les dangers extérieurs et les périls intérieurs. A voix basse, il soupire de découragement devant la vachardise de ses compatriotes. Seuls plusieurs millions de déclassés ne s'ennuient pas. Ils sont si absorbés par leurs soucis qu'ils n'ont pas le temps de s'ennuyer. Ils n'ont même pas le cœur à manifester leur mécontentement. Et ils ennuient tout le monde. La télévision les ignore. Les bons sentiments ne dissipent pas l'ennui. Ils l'accroissent.  L'anesthésie provoque la consomption. Un pays peut aussi périr d'ennui " (Le Monde, 15 mars 1968). La France n'a jamais été aussi petite. Elle n'a aucune prise sur le événements mondiaux. Sa présence ne pèse plus. Son verbe ne brille plus. Ses philosophes pataugent dans les platitudes et les servitudes médiatiques. Sa littérature survit difficilement grâce aux plumes exogènes. Ses journalistes tirent en bas de la ceinture. Ils ne méritent que le mépris. La seule question qui se pose. Qui téléguide cette attaque indigne ? Qui veut brouiller, de nouveau, les relations franco-marocaines ? Mustapha Saha.

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