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Des heurts lors de manifestations à Oujda, Agadir, Inzgane et Aït Amira
Un véhicule de la Sureté Nationale renversé lors des heurts à Oujda
Des affrontements ont éclaté mardi soir dans plusieurs villes du Maroc, lors de sorties dans la rue à l’appel du collectif GenZ 212, qui réclame des réformes dans les secteurs de la santé et de l’éducation. Alors que des violences ont été signalées à Inzegane, Aït Amira, Oujda et Beni Mellal, la coalition gouvernementale a réaffirmé son écoute des revendications sociales et son engagement pour un dialogue constructif, en mettant en avant les réformes en cours, notamment dans la santé et la protection sociale.
Rabat, Maroc - Des heurts ont éclaté mardi soir entre manifestants et forces de l'ordre dans plusieurs villes du Maroc à la suite de l'appel à protester d'un collectif appelé GenZ 212 réclamant des réformes des secteurs publics de santé et éducatif.
A Inzegane, dans la banlieue d'Agadir (sud), des personnes parfois cagoulées ont jeté des pierres sur des forces de l'ordre et incendié barrières, bennes à ordures et abords d'un centre commercial.
Le groupement GenZ a exprimé ses "regrets"
Des violences ont également eu lieu à Beni Mellal (centre), Aït Amira, près d'Agadir, et Oujda (nord-est).
Pour le quatrième jour consécutif, des manifestations ont eu lieu dans plusieurs villes à l'appel du groupement GenZ 212, apparu récemment via des appels à protester sur des réseaux sociaux comme Discord et dont les fondateurs sont inconnus.
Si pour l’instant en termes de nombre, les manifestations demeuraient relativement faibles et pacifique, mardi ils, ont viré dans la périphérie vers l’affrontement et la gabegie, notamment à Inzegane.
Le groupement GenZ a exprimé ses "regrets" face aux violences et appelé les manifestants "à respecter le caractère pacifique" de leurs protestations, selon un communiqué publié mardi soir sur les réseaux sociaux. Mais visiblement, ce groupement à la direction anonyme commence à connaitre des dissidences tendant vers la radicalisation.
Des relaxes et des poursuites
A Rabat plusieurs dizaines de manifestants ont été interpellés ces trois derniers jours lors de ces rassemblements interdits et dispersés par la police sans recours à la force, et resté jusqu'à mardi pacifiques. La plupart des protestataires ont d’ailleurs été relâchés.
Mardi, le parquet a toutefois décidé qu'un premier groupe de 37 personnes, dont trois placées en détention, allaient être jugées à partir du 7 octobre.
A Casablanca, le ministère public a soumis une requête pour l'ouverture d'une instruction à l'encontre de 18 personnes pour leur implication présumée dans l'entrave de la circulation sur l’autoroute à Casablanca lors d'une manifestation dimanche, a indiqué l'agence marocaine MAP, précisant que six mineurs avaient été déférés devant une instance spécialisée.
GenZ 212 se décrit comme un "espace de discussion" sur "des questions qui concernent tous les citoyens, comme la santé, l'éducation et la lutte contre la corruption", et affirme rejeter "la violence" et agir par "amour de la patrie et du roi" Mohammed VI.
Au Maroc, les inégalités sociales et spatiales restent un problème majeur vigoureusement dénoncées par le Roi Mohammed VI dans le discours du trône du 29 juillet 2025, le Souverain déclarant ne pas accepter un Maroc à deux vitesses.
La majorité se déclare à l’écoute des revendications sociales
Toujours mardi, l’Instance de la Présidence de la majorité a réaffirmé son attention particulière aux revendications sociales exprimées ces dernières semaines, tout en soulignant sa disponibilité à interagir de manière constructive et responsable. Dans un communiqué publié à l’issue d’une réunion consacrée aux développements politiques, économiques et sociaux de la rentrée, la majorité a insisté sur la primauté du dialogue et de la concertation comme seule voie possible pour relever les défis auxquels le Maroc est confronté.
La réunion a particulièrement porté sur l’analyse des récentes expressions de la jeunesse, observées dans l’espace public comme sur les réseaux sociaux. La Présidence de la majorité a salué la gestion « équilibrée » des forces de l’ordre, qui, selon elle, ont agi dans le strict respect des procédures légales et en veillant à préserver la sécurité publique.
La santé au cœur des priorités
Le communiqué reconnaît les difficultés structurelles que connaît le système de santé depuis plusieurs décennies, mais souligne que l’ambition de réforme exprimée par les jeunes rejoint les priorités gouvernementales.
Depuis sa prise de fonctions, l’Exécutif a lancé un vaste chantier de refonte du secteur, qui ne peut produire des résultats immédiats compte tenu de l’ampleur des réformes engagées simultanément. Parmi les actions phares : la création de groupements territoriaux de santé, la réhabilitation des hôpitaux à tous les niveaux et l’augmentation du nombre de professionnels de santé, avec un alignement sur les standards internationaux.
Un engagement ferme pour l’État social
Au-delà de la santé, la majorité a réaffirmé son engagement à parachever la mise en œuvre du programme gouvernemental fondé sur le renforcement des piliers de l’État social. Ce chantier couvre notamment la généralisation de la protection sociale, considérée comme une réforme d’envergure initiée par le Roi Mohammed VI, mais aussi la poursuite des réformes dans l’éducation et la formation.
La réunion a mis en avant la nécessité de renforcer l’investissement public et privé pour stimuler la création d’emplois, d’accélérer les programmes de logement et d’autonomisation des jeunes, de poursuivre les efforts contre le stress hydrique et de réformer le système judiciaire. L’objectif est double : consolider les acquis en matière de droits de l’Homme et renforcer l’État de droit, tout en améliorant la qualité de vie des citoyens.