Économie marocaine : une croissance stable malgré les incertitudes mondiales

Économie marocaine : une croissance stable malgré les incertitudes mondiales

Les dépenses des ménages, soutenues par les mesures socio-fiscales et une amélioration de l’emploi, ont retrouvé un rythme dynamique

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Rabat – L’économie marocaine continue de montrer des signes de résilience. Au deuxième trimestre 2025, la croissance économique s’est établie à 4,6 %, selon le Haut-Commissariat au Plan (HCP). Cette performance repose sur la solidité de la demande intérieure et la progression des secteurs non agricoles, bien que la demande extérieure demeure atone. Le HCP prévoit une croissance de 4,4 % pour le troisième trimestre, marquant ainsi une dynamique de stabilité.

Un deuxième trimestre soutenu par les secteurs non agricoles

Le deuxième trimestre 2025 a vu l’économie marocaine progresser de 4,6 % en glissement annuel. Cette performance est tirée par les activités non agricoles, notamment les services, dont la croissance dépasse largement celle observée entre 2010 et 2019. Le secteur extractif a également bénéficié d’une forte demande internationale en phosphate brut, tandis que la construction a enregistré une hausse de 6,8 %, stimulée par les grands chantiers d’infrastructures.

Du côté agricole, la croissance s’est établie à 4,7 %, bien que marquée par des conditions climatiques irrégulières. Les récoltes céréalières, maraîchères et sucrières ont connu une amélioration, tandis que certaines cultures comme les rosacées et les oléagineuses ont souffert de la sécheresse. La production animale, quant à elle, reste en deçà de son niveau tendanciel.

Une demande intérieure robuste

La demande intérieure demeure le moteur principal de la croissance économique, avec une contribution de 7,7 points au PIB au deuxième trimestre. Les dépenses des ménages, soutenues par les mesures socio-fiscales et une amélioration de l’emploi, ont retrouvé un rythme dynamique. Les investissements publics ont progressé, notamment ceux en infrastructures, tandis que les entreprises privées ont renforcé leurs investissements, malgré un comportement de stockage plus neutre.

L’inflation, pour sa part, a poursuivi sa baisse, avec une inflation sous-jacente tombée à 1,1 %, soit son niveau le plus bas depuis 2021. Les prix à la consommation ont connu une hausse modérée de 0,8 %, soutenue par l’amélioration de l’offre de certains produits alimentaires. Les prix de l’énergie ont reculé de 2,2 %, reflétant la baisse des prix mondiaux du pétrole et du gaz.

Perspectives T3 : vers une croissance de 4,4 %

Pour le troisième trimestre 2025, le HCP prévoit une croissance économique de 4,4 %. Cette dynamique reste portée par la demande intérieure, dont la contribution est estimée à 6,6 points, tandis que la demande extérieure demeure en retrait. L’activité non agricole progresserait de 4,2 %, traduisant la poursuite du redressement de l’investissement et de la consommation.

L’inflation devrait rester contenue, à 1,1 %, avec une composante sous-jacente avoisinant 0,8 %, sous réserve d’une stabilité des prix du pétrole et d’une offre alimentaire non perturbée.

Des incertitudes à surveiller sur les échanges extérieurs

Le HCP alerte toutefois sur des incertitudes importantes qui pèsent sur les perspectives économiques. La croissance mondiale ralentit, et les tensions commerciales, notamment entre les États-Unis et l’Europe, pourraient affecter les exportations marocaines, en particulier dans les secteurs automobile, métallurgique, chimique et textile. Le secteur agricole reste également vulnérable, notamment en cas de canicules prolongées.

À l’inverse, des éléments favorables pourraient atténuer ces risques : une reprise du secteur agroalimentaire, notamment les industries de transformation de céréales et de conserves de poissons, ainsi qu’une bonne tenue des filières chimiques. Par ailleurs, une baisse plus importante des prix du pétrole en dessous de 70 dollars le baril renforcerait le pouvoir d’achat et limiterait l’inflation.

Analyse du point de conjoncture publié par le HCP

Dans sa note de conjoncture, le HCP rappelle que la croissance au T1-2025 s’était élevée à 4,8 %, portée par le rebond agricole et la progression des branches secondaires et tertiaires. La demande intérieure y avait contribué à hauteur de 8,5 points, un sommet depuis la période post-Covid. À l’inverse, la demande extérieure avait réduit la croissance de 3,8 points.

Au deuxième trimestre, la croissance a été de 4,6 %, la demande intérieure contribuant à hauteur de 7,7 points, tandis que la demande extérieure a eu un effet négatif de 3,1 points. L’inflation a reculé, notamment grâce à la baisse des prix des produits alimentaires et de l’énergie. L’inflation sous-jacente est tombée sous les 2 % pour la première fois depuis 2021.

Du côté monétaire, les créances sur l’économie ont progressé de 7,5 % en glissement annuel, les avoirs de réserve ont augmenté de 9,5 %, et la masse monétaire s’est renforcée de 7,6 %. L’indice boursier MASI a quant à lui progressé de 37,6 %.

Une dynamique stable à surveiller de près

La croissance prévue de 4,4 % au T3-2025 reflète la continuité d’une dynamique enclenchée depuis la fin 2024. Toutefois, elle reste exposée à des facteurs externes et climatiques. Une gestion prudente des politiques économiques, une diversification accrue des marchés d’exportation et une veille sur les déséquilibres potentiels seront déterminantes pour maintenir ce rythme dans la durée.

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